Violences en Calabre
L'Italie a mal à ses clandestins
Par Matthieu Ruf - Mis en ligne le 13.01.2010 à 15:28
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LES FAITS
Rosarno, petite ville de Calabre de 15 000 habitants, est devenue depuis le 7 janvier le symbole choquant de la relation schizophrénique de l’Europe avec ses immigrés clandestins. Après plusieurs jours d’affrontements violents entre travailleurs agricoles en majorité africains et une partie de la population, le calme est revenu dans cette ville sous influence de la mafia calabraise, la ‘Ndrangheta. Et pour cause: plus de mille travailleurs immigrés ont fui ou ont été transférés dans des centres de rétention voisins.
LES COMMENTAIRES
En février 2009 déjà, la BBC diffusait un reportage montrant que les travailleurs étaient «traités comme des animaux» à Rosarno. «Ku Klux Klan», titre cette fois le journal communiste Il Manifesto pour désigner la chasse à l’étranger ayant fait deux blessés graves parmi les immigrés. Revenant sur l’amalgame pratiqué entre clandestins et trafiquants, le Corriere della Sera se demande: «Y at- il un seul trafiquant au monde disposé à travailler du matin au soir pour 18 euros et à s’empiler parmi les immondices, au froid et sans eau ni lumière (...)?» Il Sole 24 Ore cite un rapport de l’organisation faîtière agricole Coldiretti: «Nombreux sont les districts agricoles où les travailleurs immigrés sont devenus indispensables.» Un journaliste italien avertit dans The Guardian: «De plus en plus de migrants, en Italie, sont au bout du rouleau.»
À SUIVRE
Le cocktail explosif de Rosarno – mafia, exploitation et racisme latent – pourrait se reproduire ailleurs. La réponse de Roberto Maroni, le ministre de l’Intérieur? «S’il s’avère que les étrangers sont clandestins, ils seront expulsés.»
Tags: Italie, clandestins, mafia, Rosarno, Calabre, Ndrangheta,
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