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Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 02.08.2012 à 12:17 |
Premier jour du mois d’août oblige, le Festival de Locarno s’est ouvert mercredi soir avec un petit air de fête nationale. Pas grand-chose, juste des lampions électriques distribués aux spectateurs de la Piazza Grande et une cantatrice interprétant l’hymne national en quatre langues et a capella. Puis vint Charlotte Rampling, lauréate d’un Excellence Award et première star à venir chercher un prix sur la Piazza cette année. Car des récompenses honorifiques, il va s’en distribuer cette année à foison, comme je l’ai déjà écrit dans un article que vous pouvez lire ici. En guise de film d’ouverture, le festival s’est ensuite offert un polar britannique, The Sweeney. Lequel prouve que si les Anglais peuvent parfois revisiter le genre avec brio (l'excellente série Life On Mars, le sombre thriller Harry Brown), ils sont aussi capables du pire. Bourré de clichés, mal scénarisé et filmé à la va-comme-je-te-pousse, The Sweeney n’a provoqué que rires et bâillements. Pas brillant pour un film d’ouverture.Avant que la compétition officielle ne démarre, j’ai par contre profité de cette première journée pour aller voir deux films d’Otto Preminger (1906-1986), réalisateur américain d’origine autrichienne auquel Locarno rend hommage avec une intégrale (près de quarante longs métrages) qui sera reprise cet automne à la Cinémathèque suisse. Héraut parmi d'autres du classicisme hollywoodien, Preminger a également souvent fait preuve d’une grande modernité, comme lorsqu’en 1954 il décide de transposer le Carmen de Georges Bizet dans un univers afro-américain. Projeté hier, Carmen Jones est une comédie musicale, ou plutôt un drame avec musique, comme il préférait le dire, à la mise en scène flamboyante mais malheureusement affaiblie par de notables baisses de rythme.Si l’on connaît le goût de Preminger pour le film noir, cette intégrale permet surtout de rappeler qu’il s’est également frotté à bien d’autres genres. J’ai ainsi découvert hier The Moon Is Blue (1953), un vaudeville enlevé racontant comment une jeune femme entreprenante et faussement naïve va séduire deux hommes plus âgés (magnifiques William Holden et David Niven) au cours d’une folle nuit. Adapté d’une pièce de boulevard, ce film méconnu se passant en grande partie dans un appartement brille par son timing comique et la finesse de ses dialogues.A l’instar de l’intégrale Minnelli de l’an dernier, cet hommage s’accompagne d’une monographie éditée par les éditions Capricci. Ouvrage collectif analysant l’œuvre du réalisateur en la divisant en quatre grandes périodes, Otto Preminger propose une passionnante plongée dans une filmographie à redécouvrir en marge de ses classiques (Rivière sans retour, L’Homme au bras d’or, Bonjour tristesse, Autopsie d’un meurtre, Laura). Comme le résume le directeur du Festival de Locarno Olivier Père, «Preminger est le cinéaste classique par excellence, car son art méprise l’expérimentation voyante et met la maîtrise de l’écriture cinématographique au profit de l’évidence, du réalisme et de la dramaturgie». |









