«L’essentiel est d’être dans le chapeau.» Il y a huit mois, l’entraîneur de Serrières, Charles Wittl, le répétait sans relâche. A ses joueurs, aux spectateurs, aux journalistes. A cette époque, la Coupe de Suisse 2010 vivait son premier tour. Les clubs les plus huppés du pays n’étaient pas encore engagés dans la compétition et Serrières affrontait Le Locle dans un derby des talus bourré d’intensité, mais qui n’intéressait que les Neuchâtelois.
Depuis, les meilleurs sont arrivés et les équipes, éliminées tour après tour, sont sorties du chapeau comme des lapins. Le magicien n’a gardé que deux clubs pour une finale a priori déséquilibrée: Lausanne-Sport et le FC Bâle. Alors que les Bâlois espèrent encore le titre de champion de Suisse, les Vaudois, eux, végètent dans le ventre mou du classement de Challenge League, la seconde division suisse. Ce long périple, L’Hebdo l’a suivi durant huit mois dans les coulisses et en images, de Pierreà-Bot sur les hauts de Neuchâtel, à Saint-Gall, en passant par la Maladière et le Stade de Suisse à Berne.
L’apothéose de cette odyssée se déroulera dimanche 9 mai 2010, à 16 h 30, dans le Parc Saint-Jacques, la plus grande arène du pays où la majorité des 40 000 spectateurs sera acquise au FC Bâle.
Mais quelle magnifique fable moderne: le «petit» qui défie le grand. Les salaires à 2500 francs par mois qui vont tenter de bousculer les riches, qui en gagnent 70 000, sans compter les primes. Un peu comme si le magasinier d’Ikea tentait de voler la vedette, un après-midi durant, au patron de Novartis.
La «magie de la Coupe». C’est peut-être cet élément-là, cette réactualisation de la parabole de David contre Goliath, qui rend la compétition si belle. Elle donne de l’espoir et façonne des souvenirs indélébiles. Lorsqu’il se retourne sur le parcours de son équipe, Anthony Favre, 26 ans, gardien du Lausanne-Sport et nouveau héros du football vaudois, met en évidence ce besoin: «John Dragani (entraîneur lausannois licencié à la fin de mars, ndlr) nous avait dit: «La Coupe, il faut s’en servir pour fabriquer des souvenirs.» A Nyon, lors du 16e de finale, alors que nous perdions par 1-0, j’ai pris la parole à la mi-temps avec deux coéquipiers. Pour dire que c’était maintenant qu’on devait se créer nos souvenirs en gagnant ce match.» Une scène anodine, loin des projecteurs, qui restera, pour le gardien, comme le moment clé de l’épopée lausannoise. Plus encore peut-être que les éliminations surprise de Lugano, Young Boys et Saint-Gall durant les mois qui ont suivi. Intéressant aussi de remarquer que l’homme se remémore plus cet instant où sa personnalité s’est affirmée dans le groupe que des dizaines de compliments reçus après ses performances de classe face aux meilleurs buteurs du pays, tel Doumbia à Berne. Son entraîneur, Arpad Soos, qui assure l’intérim au moins jusqu’à la fin de la saison à la tête du club du chef-lieu vaudois, n’est pas étonné: «Anthony est comme ça. C’est un gars du Gros-de-Vaud, avec du caractère, mais doté d’une certaine sagesse. Un modèle pour le Lausanne-Sport.»
La défaite aussi. Même la défaite génère des sentiments positifs. «Mais il faut plus de temps pour qu’ils mûrissent, explique Jean-Philippe Karlen, ancien joueur professionnel. Je ne garde que des bons sentiments. Et pourtant, j’ai perdu les deux finales que j’ai jouées. C’était en 1996 avec Servette et, en 2000, avec Lausanne. L’atmosphère à Berne, sur le vieux Wankdorf, mythique, est encore fraîche dans mon esprit.» Nul doute que les joueurs de Serrières, lorsqu’ils se sont frottés à Neuchâtel Xamax en octobre dernier, ont ressenti le même type de sensations, même si la courte défaite, 2-1, a laissé un arrièregoût amer que certains ont enterré dans le risotto et noyé sous la bière, dans la nuit qui a suivi. L’exploit était si proche...
D’ailleurs, la performance du «petit» a laissé des traces... chez les vainqueurs. Depuis ce match, NE Xamax a semblé perdre ses repères. De pétillante en début de championnat, l’équipe de Pierre-André Schürmann n’a cessé de se lézarder, depuis lors. Une descente aux enfers qui a abouti au renvoi de l’entraîneur il y a moins d’un mois. Le Valaisan avait-il pressenti les difficultés, lorsque, mauvais vainqueur à la fin de la partie, il avait ironiquement félicité Serrières pour son jeu défensif?
Si la Coupe est fabuleuse pour sa capacité à bouleverser la hiérarchie, elle est donc aussi dangereuse: «Le grand club a plus à perdre qu’à gagner dans ce type de compétition, continue Jean-Philippe Karlen. Au moins contre les soi-disant «petits». Parce qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Normalement, le tarif est de deux buts de différence par ligue. Si tu n’y parviens pas, les critiques sont vives. On nous attend au tournant .» Aujourd’hui, l’entraîneur et joueur du FC Orbe (2e Ligue) rêve d’éliminer, un jour, un ténor pour mettre de l’ambiance dans le village. Mais se rendre chez le petit n’est pas forcément très motivant: «La pression pour un club comme YB est de ne pas être trop arrogant, trop sûr de nous», mettait en garde le Genevois de Young Boys, Xavier Hochstrasser, avant d’affronter Lausanne en quart de finale. Opération ratée. Le LS a gagné.
La musique a disparu. Mais, pour ce dernier, l’euphorie a été lourde à digérer. Un peu comme si la Coupe était devenue une maîtresse, relation sublime qui a fait oublier le quotidien du championnat. Un vertige profond, sorte de dépression postpartum, qui a entraîné le licenciement de John Dragani et s’est ressenti jusque dans l’anecdotique: «Lorsque je suis arrivé, la musique, au sens propre, s’était interrompue dans le vestiaire. Les joueurs étaient tristes, se crispaient, se renfermaient. Avant la demi-finale, contre Saint-Gall, mon travail a été de libérer ces corps,» raconte avec un peu de recul Arpad Soos, le successeur de Dragani.
Un défi que l’entraîneur doit une nouvelle fois relever cette semaine. Pour y parvenir, il insistera, c’est certain, sur la solidarité, ces «courses sans ballon» tellement ingrates, mais qui ont permis de venir à bout de Saint-Gall. Il pourra toutefois aussi compter sur un allié de poids, bien qu’impalpable: l’ambition de ses jeunes joueurs, qui aspirent à passer du statut de «footballeur non amateur» inscrit sur leur licence à celui de professionnel. Jean-Philippe Karlen: «La finale a toujours été une formidable vitrine. Et le joueur qui brille durant ce match particulier a souvent décroché un beau contrat. Des carrières entières se sont bâties ainsi.» Les Vaudois parviendront-ils à saisir leur chance?
COULISSES: Une démarche inédite
En sport, les coupes ont un goût particulier. Affrontements déséquilibrés, sentiments extrêmes: elles offrent des souvenirs indélébiles. C’est cette atmosphère que L’Hebdo a tenté de saisir avec la Coupe de Suisse de football 2009-2010. Le principe? Depuis le premier tour en septembre, nous avons suivi le vainqueur de chaque tour durant l’étape suivante, en tentant de nous faufiler aussi loin que possible dans les coulisses de la compétition. Une opération que le photographe David Marchon a réalisée avec bonheur, de Serrières à Saint-Gall. PO
ARPAD SOOS: «La finale? J’espère que ce sera bon pour la formation»
Le 15 mai 2010, l’accord qui lie Arpad Soos et le Lausanne-Sport sera échu. L’homme qui dirige, avec six amis, la société Trianon, spécialisée dans les solutions d’outsourcing aux grandes sociétés dans la gestion des salaires, des fonds de pension et des assurances (75 employés entre Renens et Zurich), n’envisage pas encore la suite. «Mais j’ai les idées très claires. Si l’on partage, avec les dirigeants, une vision, un projet et qu’il y a envie mutuelle, je serai là. Mon unique objectif est que le Lausanne-Sport avance.» En attendant, l’entraîneur espère une chose: que cette finale contre Bâle donne un élan supplémentaire à la formation des jeunes.
Au niveau des juniors les plus jeunes, le canton de Vaud rivalise avec les meilleurs que sont Bâle, Grasshopper ou Zurich...
Vrai. Le canton abrite un grand nombre de pépites âgées entre 12 et 16 ans. C’est l’avenir du football régional. Le travail réalisé par Marc Hottiger – ex-international suisse – avec Team Vaud (structure regroupant les talents vaudois) est extraordinaire. Mais il manque un palier. Et, pour le franchir, il faut se donner les moyens. Il est indispensable d’investir dans des infrastructures centralisées et de professionnaliser les entraîneurs de l’élite. Sans compter le fait de retrouver une équipe en Super League. On ne peut plus demander à un jeune de se lever à 6 heures du matin; d’aller en apprentissage ou au gymnase; de se rendre à 16 h 30 à l’entraînement; de garder une écoute active jusqu’à 19 h; de faire un peu de musculation, puis de rentrer chez lui pour faire ses devoirs.
Dans la situation actuelle, le risque est de perdre les joueurs.
Oui, c’est ce qui arrive régulièrement. Lorsqu’un jeune est talentueux, il reçoit des offres de Suisse ou de l’étranger. Le différentiel avec ce qui est proposé ici se situe essentiellement au niveau des infrastructures. Nous devons pouvoir offrir «un plan de carrière» aux meilleurs, pour qu’ils restent chez nous. Le football, c’est comme le «business». Si vous n’investissez par dans la recherche, vous n’avancez pas. Il faut vraiment tenter de combler ce retard. Tous les clubs du canton, qu’ils soient en 1re Ligue ou en Challenge League, seront gagnants.
5 MATCHS EN DÉTAIL ET EN PHOTOS...
32e DE FINALE SERRIÈRES - LE LOCLE 2-1
AUTOCOLLANTS, WITTL ET TALONNADE
En catastrophe, on colle les autocollants «Coupe de Suisse» sur l’avant des maillots. Même pour une rencontre entre Neuchâtelois de 2e Ligue interrégionale, la compétition génère ses obligations. Mais peu importent les préparatifs. A Serrières, la star, c’est l’entraîneur, Charles Wittl. Sa dégaine et son sourire ont séduit des milliers de filles, ses dribbles lui ont permis de voir du pays. Mais, ce jeudi soir, Charles veut simplement des joueurs irréprochables. Son passé, il le voit comme une chance d’aider le groupe. «Ce soir, nous pouvons être la première équipe qualifiée pour les 16es de finale.» Dans la théorie d’avantmatch, le foot prend une nouvelle dimension. Il a l’art de voir ce qui indiffère les autres. Dans le vestiaire, l’odeur de Fortalis assiège les narines, la musique rappelle le stand du club à la Fête des vendanges, l’un des plus populaires. Les joueurs, eux, se perdent dans leurs gri-gris. A l’image de Touré qui enrobe ses chaussures de scotch, crampons compris. Le match est tendu. Au final, Serrières se qualifie en marquant dans les prolongations. Par une «talonnade» signée Nicoud. Jean-Marc Rohrer, le président, se prend à rêver de rencontrer NE Xamax au tour suivant. La main invisible du tirage au sort l’exaucera.
17.09.2009, 32e DE FINALE
SERRIÈRES - LE LOCLE 2-1 AP (1-1, 1-1)
Buts 9e Jeanneret 0-1, 44e Bart 1-1, 112e Nicoud 2-1.
Serrières (2l.i.) Mollard, Rupil, Deschenaux, Bühler, Pinto, Viglino, Preisig (91e), Bart, Touré (79e) (91e Romasanta), De Melo (64e Greub), Yildirim (80e Nicoud).
Le Locle (2l.i.): Regnaud, Casciotta, Loureiro (47e), Arnet, Tanisik (60e) (69e Oke), Natoli (80e Janko), Najrami, Wüthrich, Jeanneret (87e Gomes), Polatti, Amato (120e)
Stade de Pierre-à-Bot 250 spectateurs.
Arbitre Sébastien Bigler.
A noter Pelouse synthétique. 78e: Casciotta envoie la balle sur son poteau. 119e: tir de Janko sur la latte.
Photos: David Marchon
16e DE FINALE SERRIÈRES - NEUCHÂTEL XAMAX 1-2
«TOUS PLUS FORTS, SAUF TIXIER»
Quatre ligues séparent les amateurs de Serrières et les professionnels de NE Xamax. Malgré tous les efforts des dirigeants «verts», la partie doit se dérouler, question de coûts, sur la Maladière, stade de l’adversaire. Qu’importe. Les amateurs connaissent les lieux comme leur poche. En tant que spectateurs, et parce que plusieurs d’entre eux sont issus des juniors de NE Xamax. Un goût de revanche temporaire contre un destin qui ne les a pas choisis. Une motivation extrême exacerbée par les mots de Charles Wittl, lorsqu’il passe en revue les individualités d’en face: «Ils sont tous plus forts que nous. Notre seule chance, c’est Tixier (latéral) qui n’a pas encore compris comment se replacer.» Le tacle verbal détend l’atmosphère du vestiaire. Mais il ne déride pas De Paoli, gardien de la deuxième équipe du club, appelé à remplacer Mollard, suspendu pour un carton rouge. Sur la pelouse, les amateurs sont cueillis à froid par deux buts rapides. Mais le meilleur joueur du match est «vert». Preisig, champion d’Europe M17 de 2002, oriente, dribble, se démène et marque. Quant à De Paoli, il profitera modérément du risotto géant organisé après le match. Le lendemain, à 10 h, il gardait les buts de la seconde garniture.
17.10.2009, 16e DE FINALE
SERRIÈRES - NEUCHÂTEL XAMAX 1-2 (0-2)
Buts 9e Brown 0-1, 29e Varela (penalty) 0-2, 56e Preisig 1-2.
Serrières (2l.i.): De Paoli,Pinto, Bühler, Deschenaux (42e), Rupli, Touré, Preisig, Bart, Rodal (84e Murith), Viglino (71e Romasanta), Greub (64e De Melo).
Neuchâtel Xamax (SL) Ferro,Ismaeel [71e Gomes (81e)], Besle 35e, Hodzic, Tixier (92e), Varela [84e Rossi (88e)], Binya (92e), Bah, Nuzzolo, Gavranovic (59e Wüthrich), Brown.
Stade de la Maladière 4051 spectateurs.
Arbitre M. Devouge.
A noter Il pleut des trombes d’eau durant le premier quart d’heure.
Photos: David Marchon
8e DE FINALE NEUCHÂTEL XAMAX - YOUNG BOYS 0-1
RÉUNION MATINALE Dominateurs en début de saison, Neuchâtel Xamax et Young Boys marquent le pas en championnat. Et n’ont pas droit à l’erreur en Coupe. La porte du vestiaire restera donc close. Au téléphone, l’entraîneur, Pierre-André Schürmann, ne cache pas son hostilité: «Si vous me dérangez? Vous êtes journalistes. Vous me dérangez toujours.» Mais nous accueille quand même pour le rassemblement d’avant-match. «Rendez-vous à 8 h 20, devant le Chanet.»
Dormir jusqu’à midi. Le Chanet? Un ancien bâtiment de la police perché au-dessus de Peseux, loin de l’agitation de la ville. Et de la Coupe. Un à un, les joueurs débarquent. Certains ont encore les yeux collés du sommeil trop tôt interrompu. Ce qui n’empêche pas les «Blacks» de l’équipe – Ismaeel, Baba, Brown et Binya – de se grouper autour d’un 4x4 BMW. «Vos voitures, c’est pas des discothèques! leur lance Schürmann. Venez déjeuner!» Les joueurs s’exécutent. Quand le boss dit, on fait. Quelques fortes têtes sont un peu moins dociles, tandis que Carlos Varela râle, enviant les chanceux qui peuvent dormir jusqu’à midi le dimanche. CS
22.11.2009, 8e DE FINALE
NEUCHÂTEL XAMAX - YOUNG BOYS 0-1 (0-1)
Buts 22e Dudar, 0-1
Neuchâtel Xamax Ferro, Omar Ismaeel, Page, Besle (62e), Tixier (19e/54e), Nuzzolo, Binya (81e Niasse), Varela (30e) (78e Wüthrich), Bah, Gavranovic (72e Aganovic), Brown.
Young Boys Wölfli, Ghezal, Dudar (37e/45e), Affolter, Sutter, Yapi, Degen, Hochstrasser, Doumbia, Regazzoni (20e) (77e M. Schneuwly), Coly (45e Mardassi).
Stade de la Maladière 7000 spectateurs.
Arbitre M. Circhetta.
A noter Les supporteurs bernois se sont déplacés en nombre et marquent leur territoire.
Photos: David Marchon
QUART DE FINALE LAUSANNE - YOUNG BOYS 4-1
LE MORAL EN BERNE Ce devait être facile. Young Boys jouait le «petit» Lausanne- Sport. Pire, les fans du LS boycotteraient le match, les dirigeants vaudois ayant «dealé» de jouer à Berne contre une somme rondelette. Et non à la Pontaise, comme le tirage au sort en avait décidé. Tout cela, sur le terrain synthétique du Stade de Suisse, une surface que les Lausannois ne connaissent habituellement pas.
Alors facile? «La pression, c’est de ne pas être arrogants face à un adversaire moins fort que nous. Des fois, il y a des surprises.» Trois jours avant la partie, le milieu d’YB, Xavier Hochstrasser, ne croit pas si bien dire. La malchance en prime. Dans les heures qui précèdent le match, Seif Ghezal, pilier de la défense d’YB est reparti d’urgence en Tunisie où, après un accident de voiture, sa femme a été tuée et son fils gravement blessé. Au final, c’est un bobard, le Tunisien voulant rompre son contrat pour jouer en Arabie saoudite. Mais pour l’heure, en ce 13 décembre glacial, le moral des joueurs bernois est totalement en berne. Sur la pelouse, «Zaza» Hochstrasser prend un carton jaune, puis traîne la patte au début de la seconde mi-temps. Blessé, il sort peu de temps après. Laissant le champ libre aux «petits» Vaudois. YS
13.12.2009, QUART DE FINALE
LAUSANNE - YOUNG BOYS 4-1 (2-1)
Buts 17e Tosi 1-0, 22e Doumbia 1-1, 33e Sonnerat 2-1, 53e Tosi 3-1, 95e Pimenta (penalty) 4-1.
Lausanne Favre, Katz, Buntschu, Sonnerat, Bilibani, Rey, Ndzomo (63e), Marazzi (46e Carrupt), Pimenta (44e), Madou (78e Boughanem), Tosi (92e Hélin).
Young Boys Wölfli, Mardassi, Affolter, Schneider; Doubai (46e Ch. Schneuwly, 55e/93e), Sutter (70e Pasche), Hochstrasser (32e) (63e Coly), Yapi, Degen (39e), Regazzoni, Doumbia. Stade de Suisse 7504 spectateurs.
Arbitre M. Kever.
A noter Un temps sibérien, un match sous la neige, une pelouse synthétique.
Photos: David Marchon

DEMI-FINALE SAINT-GALL - LAUSANNE 1-2
LA FINALE DE 1998 DANS LA TÊTE En arrivant à Saint-Gall le dimanche de Pâques, Anthony Favre et Guillaume Katz ne savent pas qu’ils seront les héros valeureux du match, le premier en dernier rempart héroïque, le second en inscrivant le but égalisateur. Mais, au fond d’eux, ils croient à l’exploit. Et, pour se donner du courage, Favre a même mis dans sa valise l’écharpe de la finale de la Coupe de 1998, remportée par Lausanne contre ce même Saint-Gall.
Partageant la même chambre, le gardien et le défenseur peuvent voir l’imposante AFG Arena depuis leur fenêtre. «C’était impossible d’oublier pourquoi nous étions là, explique Anthony Favre. Mais nous étions déjà dans le match, de toute façon. La veille, j’ai mal dormi. Mais, si j’avais bien dormi, cela aurait été mauvais signe.»
Le matin, le gardien s’est levé à 6 h 30, pour aller marcher seul, iPod sur les oreilles, The Killers en bande-son – «parce que, si je mets cette musique dans les vestiaires, ça ne plaît pas à tout le monde», lâche-t-il en riant. A 8 heures, après ce rituel personnel, il a rejoint ses coéquipiers pour le déjeuner. Et pour le meilleur. CS
05.04.2010, DEMI-FINALE
SAINT-GALL - LAUSANNE 1-2 (1-1)
Buts 22e Ze Vitor 1-0, 40e Katz 1-1, 79e Gaspar 2-1
Saint-Gall Vailati, Zellweger, Schenkel, Koubsky, Fernando; Winter (82e Pa Modou), Imhof (82e Owona), M.Costanzo, Ze Vitor (89e), M. Frick (10e Merenda), Frei.
Lausanne A. Favre (28e); Katz (49e/63e), Buntschu, Meoli, Sonnerat, N’Dzomo, Marazzi, Hélin (66e Nelson), Tosi, Pimenta (69e Carrupt), Gaspar (83e Vandenbossche).
AFG Arena 17 197 spectateurs.
Arbitre M. Busacca.
A noter A la 67e, mésentente entre Favre et Buntschu. Ce dernier sauve sur sa ligne.
Photos: David Marchon

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