L'Hebdo;
2008-09-04 Lausanne L'OMBRE DU M2
PARDANIEL AUDÉTAT
LES FAITS
La mise en service du nouveau métro lausannois était prévue pour décembre 2008. Mais le radical Olivier Français, municipal des Travaux, a cru pouvoir aller plus vite que la musique. En avançant la mise en service du M2 de quatre mois. Raté. La direction des Transports lausannois (TL) vient d'annoncer que le grand jour «peut être envisagé au 27 octobre». Si l'Office fédéral des transports accorde d'ici là le permis d'exploitation. Prolongée par un festival de quatre jours, la fête d'inauguration du 18 septembre ne peut être différée.
LES COMMENTAIRES
Les médias ont évoqué ces contretemps en termes aigres. Didactique, Le Temps a insisté sur la difficulté du «chef de gare informatique» à maîtriser la multiplicité des données. Plus acerbe, 24 Heures est revenu sur les 230 mètres, sous la gare CFF, où le métro circule sur une voie unique, et non double comme sur ses six autres kilomètres. «Véritable absurdité», dénonce l'ex-conseiller aux Etats Michel Béguelin. Une semaine auparavant, le syndic Daniel Brélaz a expliqué au quotidien que cette incohérence avait découlé de la nécessité politique d'économiser environ 10 millions sur le devis du projet. Il est déjà prévu d'élargir ce tronçon de tunnel dans le cadre des projets d'agglomération. Au prix fort...
À SUIVRE
Le M2 finira par transporter ses passagers. Mais l'opération de séduction liée à son inauguration est compromise. La Municipalité voulait proclamer sa capacité à mener de grands projets. Pour convaincre la population, pas les seuls Lausannois mais tous les Vaudois, de soutenir sa volonté de développement. Qu'il s'agisse du Musée des beaux-arts, de «Métamorphose» ou de nouveaux trams. Si la Confédération ne donnait pas son feu vert au M2 le 15 septembre, comme annoncé, les effets de cette pataugée seraient désastreux. Le syndic semble avoir déjà pris quelque distance avec son directeur des travaux, qui a souvent lâché qu'eux deux faisaient la paire. «Comme Laurel et Hardy», dit-on à Lausanne, en rappelant qu'avec ce duo, c'est toujours le même qui fait les frais de la situation. Situation que le radical a lui-même résumée d'une formule, pour Le Temps : « L'expectative est telle qu'il ne faudra pas la décevoir.»
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