L'ONU embauche Jacques Baud
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 02.12.2009 à 14:37
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EXCLUSIF. L’expert du renseignement et du terrorisme quitte Berne pour New York. Il y dirigera le service «politique et doctrine» du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU.
Jacques Baud, 54 ans, quitte Berne pour New York, plus précisément le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour l’ONU. Ce spécialiste du renseignement et du terrorisme, sorte de 007 à la sauce helvétique, reprendra en décembre la responsabilité du service «politique et doctrine» du département onusien des opérations de maintien de la paix.
Honneur. Une première pour un Helvète. Une consécration en fait pour un de nos militaires. «C’est un honneur», reconnaît ce colonel de l’état-major général qui a travaillé durant plusieurs années dans le renseignement stratégique suisse. Il prépare actuellement ses cartons pour son déménagement. «En principe, j’ai un contrat de deux ans», ajoute ce haut fonctionnaire du DFAE. Reste qu’oeuvrer pour l’ONU n’est pas complètement nouveau pour le Romand. Il a déjà été envoyé en 1997 à New York afin de créer le Centre international de déminage humanitaire de Genève. Il fut en outre responsable de la sécurité de camps de réfugiés rwandais pour le compte du HCR en 1995. Et il a dirigé en outre le Centre d’analyse de l’ONU au Soudan, le premier service de renseignement multinational civilomilitaire chargé d’analyser la situation pour la mission des Nations Unies au Soudan.
Jalousies militaires. L’homme du secret ose aussi apparaître à la lumière. Profitant de sa longue expérience du terrain, du Darfour à l’Afghanistan, il a publié à la fin des années 1990 une très remarquée Encyclopédie du renseignement et des services secrets (Ed. Charles Lavauzelle). Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur le terrorisme et les violences contemporaines, dont Djihad, l’asymétrie entre fanatisme et incompréhension, en 2009. Une activité littéraire et une trop grande présence dans les médias qui a créé parfois des jalousies dans les milieux militaires.
Baud n’en a cure, lui qui a été courtisé par l’ONU. «J’ai plus appris sur la réalité de la guerre en quelques années au service des Nations Unies qu’en trente ans de service militaire en Suisse», souligne le Genevois avant de déplorer que «trop peu d’officiers helvétiques aient le courage de se confronter au terrain. Mais cela explique sans doute aussi la mauvaise compréhension de la guerre en Suisse et le déficit conceptuel qui en résulte.»
Voilà qui devrait susciter des vocations auprès des militaires de carrière…
«TROP PEU D’OFFICIERS HELVÉTIQUES ONT LE COURAGE DE SE CONFRONTER AU TERRAIN.» Jacques Baud
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