L'Hebdo;
2008-12-24 1989 L’année de toutes les révolutions
MICHEL AUDÉTAT
De la Pologne jusqu’en Chine, l’histoire s’est soudain mise à accélérer. Vingt ans plus tard, on reste sidéré par ces douze mois qui ont transformé le monde.
Si 1968 a été l’année de toutes les révoltes, 1989 restera comme l’année de toutes les révolutions. Il y en eut de toutes les espèces possibles. Révolutions libérales en Pologne ou en Hongrie. Révolution de velours en Tchécoslovaquie. Révolution de palais en Roumanie. Révolution matée en Chine… Il y eut même, pour le 14 juillet, à Paris, une révolution de carnaval: ce bicentenaire de la Révolution française mis en scène par un Jean-Paul Goude effervescent, qui plaisait beaucoup aux élites roses et branchées qu’on voyait graviter autour du roi soleil François Mitterrand. Cette année-là, toutes les Bastille étaient à prendre.
Chacun enfila donc l’habit du révolutionnaire. Le syndicaliste comme l’économiste libéral. Le social-démocrate comme le communiste réformateur. L’ouvrier catholique des chantiers de Gdansk comme l’étudiant pékinois qui occupait la place Tianan men où, durant quelques jours, avait été dressée une réplique en polystyrène de la statue de la Liberté. Rétrospectivement, on s’étonne de ce mélange, de ces foules bigarrées, de cet emballement que nul n’avait vu venir et que les Suisses ont observé en se frottant les yeux.
Guerres pichrocolines.
Etait-on bien sérieux il y a vingt ans? Les désordres du monde n’empêchaient pas nos guerres pichrocolines de se poursuivre. En août, alors que la Suisse célébrait les 50 ans de la Mob, des Jurassiens perpétrèrent un meurtre symbolique en jetant la Sentinelle des Rangiers à bas de son socle. Et la grande affaire helvétique de cette année 1989 fut le vote de novembre sur l’initiative Pour une Suisse sans armée: elle fut rejetée par 64% du corps électoral (mais acceptée par les cantons de Genève et du Jura). Pour une initiative longtemps jugée farfelue, l’ampleur de son approbation avait malgré tout de quoi surprendre: elle traduisait le charme d’un pacifisme bon enfant, irénique et convaincu au fond de lui-même que la Suisse n’était tout simplement plus faite ni pour la guerre ni pour le malheur en général.
Durant l’été, un jeune intellectuel américain avait publié dans la revue The National Interest un article dont la thèse ferait furieusement parler d’elle. Dans La fin de l’histoire?, Francis Fukuyama prédisait les noces universelles de la démocratie et de l’économie de marché, alors que la Suisse semblait s’être déjà installée dans cette histoire parvenue à son terme. On se flattait de ne plus être culpabilisé par l’argent. Un néolibéralisme en train de se décomplexer accréditait l’idée que le bonheur climatisé allait s’installer à tous les étages de la société. Les yuppies s’agitaient, mouillaient leur chemise, adoptaient des excitants monosyllabiques (speed, coke, stress…), mais un mot revenait souvent sous la plume des éditorialistes politiques: «immobilisme».
A certains égards, on pouvait même croire que le pays marchait à reculons. L’année avait débuté avec la démission, le 12 janvier, de la zurichoise et radicale Elisabeth Kopp, première femme à être entrée au Conseil fédéral et forcée d’en sortir par le vacarme de scandale (elle avait commis un délit d’initiée en faveur de son mari). Le fabricant de cigares Kaspar Villiger lui succède à partir du 1er février, ce qui va permettre au Conseil des sept Sages, présidé par Jean-Pascal Delamuraz, de redevenir viril à 100%.
Décidément, 1989 ne restera pas comme une de nos meilleures années politiques. Dans ce pays à l’arrêt, le seul parti qui faisait parler de lui et excitait les politologues était le parti des Automobilistes, fondé deux ans plus tôt et désormais lancé à la conquête de la Suisse romande. Son programme: pollution de l’air et des esprits. Pas de quoi être fier.
Le cinéma non plus n’était pas au mieux de sa forme. Faisons un tour dans les salles. A l’affiche, il y a Sexe, mensonge et vidéo de Steven Soderbergh qui a reçu la Palme d’or à Cannes. On peut aussi se gargariser avec le verbe chantant du Cyrano de Bergerac porté à l’écran par Jean-Paul Rappeneau. Mais pour le reste: La Mouche 2, SOS Fantômes 2, L’arme fatale 2, Retour vers le futur 2, Halloween 5… On dirait que le cinéma se condamne à la redite, qu’il radote.
Les périodes de convulsions historiques ne favorisent pas forcément l’épanouissement artistique: si la littérature française brilla durant le XVIIIE siècle, elle ne produisit guère de chefs-d’Å“uvre quand arriva le temps des fièvres révolutionnaires. Peut-être en est-il allé de même il y a vingt ans. Au total, 1989 aura produit peu de grands films, peu de grands livres, peu de grands disques. La révélation rock de cette année-là est un groupe de Manchester que la presse musicale adule avant même la sortie de leur premier album: ils s’appellent les Stone Roses, leur disque éponyme est en effet réjouissant, mais ils vont s’empresser de ruiner tous les espoirs placés en eux.
Havel et Rostropovitch.
Les images fortes de 1989, on ne les a pas vues au cinéma, mais à la télévision. C’est Václav Havel à côté d’Alexander Dubcek, acclamés par les Praguois qui se sont rassemblés sur la place Venceslas. C’est Mstislav Rostropovitch, le 11 novembre, jouant du violoncelle devant un mur de Berlin qui a cessé de séparer les deux Allemagnes. C’est ce Chinois anonyme et désarmé, comme une petite virgule sur nos écrans de télévision, qui arrête à lui seul une colonne de quatre blindés. Ces imageslà n’ont pas fini de nous émouvoir.
Sur ces différents événements se projette l’ombre d’un même personnage. Mikhaïl Gorbatchev. Secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique depuis 1985. Un homme charmeur et encore jeune (58 ans), pourtant issu d’un système gérontocratique, qui a lancé dans son pays une politique de libéralisation politique, économique et culturelle baptisée «perestroïka». C’est en prévision de sa visite officielle à Pékin que des manifestants ont commencé à occuper la place Tianan men, pour dire qu’ils rêvaient eux aussi de voir se desserrer l’étau totalitaire. Mais c’est surtout en encourageant l’Europe de l’Est à dire adieu au communisme que le rôle de Gorbatchev a été décisif.
En réalité, l’année 1989 a vraiment débuté le 7 décembre 1988, avec le discours de Mikhaïl Gorbatchev à la tribune des Nations Unies où il prononça ces mots: «La liberté de choix est un principe universel. Il ne devrait pas y avoir d’exception.» Sous leur apparente banalité, ces deux phrases annonçaient une rupture complète avec la politique menée jusque-là par L’URSS. Elles signifiaient que le Kremlin ne viendrait plus faire le ménage chez les pays «frères» comme il l’avait fait en Hongrie (1956) et en Tchécoslovaquie (1968). Dans les Etats vassalisés d’Europe de l’Est, le message a été parfaitement reçu. La chute finale pouvait commencer.
Les Polonais vont être les premiers à tirer les conséquences de la nouvelle donne. Durant l’été 1988, la crise économique et les hausses de prix avaient provoqué une vague de grèves et le général Jaruzelski, après avoir imposé l’état de siège en 1981, se révèle incapable de tenir le pays par la force. Les communistes négocient donc avec le syndicat Solidarité qui incarne l’opposition et finissent par lui accorder la qualité d’interlocuteur officiel en février 1989. Une «table ronde» est organisée. Elle aboutit à des élections, peu démocratiques il est vrai, mais dont les résultats seront retentissants. Un triomphe pour Solidarité. Et une énorme gifle pour le Parti ouvrier unifié polonais. Ce dernier se résout à l’inévitable: le 12 septembre, Tadeusz Mazowiecki devient le premier chef de gouvernement non communiste de l’après-guerre.
Communisme de goulasch.
En Pologne, la sortie du communisme a été une solution négociée. En Hongrie, elle sera l’Å“uvre des communistes euxmêmes. A l’intérieur du parti, des jeunes réformistes ont décidé de lancer une perestroïka à leur façon. En mai 1988, ils écartent le vieux Kádár qui mitonnait depuis plus de trente ans son «communisme de goulasch». Début 1989, le Parlement communiste vote les mesures libérales que nécessite la transition vers un système multipartite. Et le parti communiste accomplit ainsi sa mue en parti social-démocrate.
Parmi les mesures libérales que les Hongrois ont adoptées en mai 1989 figure la suppression des barbelés et des clôtures électrifiées du rideau de fer. Trois mois plus tard, la Hongrie ouvre unilatéralement sa frontière avec l’Autriche, ce dont les citoyens de la RDA vont s’empresser de profiter. Prétextant des vacances en Hongrie, ils seront toujours plus nombreux à filer à l’Ouest. Les Hongrois laissent faire. Le mouvement ne tarde à se révéler irrépressible.
Au lendemain de l’ouverture des frontières hongroises, des dissidents estallemands fondent le Nouveau Forum. L’opposition au régime d’Erich Honecker s’organise et n’a plus peur. Le lundi 2 octobre 1989, 10 000 personnes manifestent à Leipzig. Une semaine plus tard, ils sont 90 000; 120 000 le lundi suivant. Le communisme glaciaire de la RDA se met à craquer de toutes parts et, le 18 octobre, dans l’espoir de sauver ce qui peut l’être, le parti se débarrasse d’Erich Honecker après dix-huit ans d’un règne blafard. Mais il est déjà trop tard. Le 4 novembre, 500 000 personnes se rassemblent à Berlin et, le même jour, la Tchécoslovaquie ouvre ses frontières. Panique à bord. Le sol se dérobe sous les pieds du régime est-allemand qui finit par se saborder.
Les phrases historiques sont loin d’être toujours lyriques et vibrantes. Celles que va prononcer Schabowski, nouveau resp onsable de l’information au Politburo, est la plus terne qui se puisse imaginer. Le jeudi 9 novembre 1989, à 18 h 57, il annonce: «Des demandes de voyages privés à l’étranger peuvent être formulées sans présentation préalable de motifs de voyage ou de raisons familiales. Les autorisations seront délivrées très rapidement.»
Embrassades, rires et pleurs.
En clair, cela signifie que le mur de Berlin n’existe plus. Diffusés à la télévision, ces propos vont provoquer une ruée en masse vers les checkpoints où les gardes, débordés, laissent les Berlinois de l’Est passer à l’Ouest. Embrassades, rires, pleurs, chants et danses. Déjà, dans la nuit, des coups de pioche sont en train d’abattre «le mur de la honte». C’est le grand événement symbolique de l’année 1989: la Seconde Guerre mondiale s’est réellement conclue cette nuit-là, mais c’est aussi la période ouverte avec la Révolution d’octobre qui s’achève avec l’effondrement du mur. Le XXE siècle aura été bref: il a débuté en août 1914 pour se terminer en novembre 1989.
Quelques jours plus tard, à Prague, une manifestation de 30 000 étudiants lance la révolution de velours. Le régime de Gustáv Husák, au pouvoir depuis 1969, tombe comme un fruit mûr. Le 29 décembre, l’écrivain dissident Václav Havel est élu président de la République de Tchécoslovaquie alors que la Roumanie semble à feu et à sang. Le satrape Nicolae Ceausescu, tenant sous sa botte un pays transformé en Ubuland communiste, avait été réélu secrétaire général du parti en novembre 1989, au terme de 67 standing ovations. Un mois plus tard, il est lui aussi renversé, puis exécuté avec son épouse Elena le jour de Noël.
En Roumanie, le Front de salut national avait commencé par s’emparer de la télévision. On a pu donc suivre en «live» cette révolution dont on s’apercevra bientôt qu’elle a été mise en scène. En réalité, il s’agit d’une révolution de palais: ce sont les pragmatiques du régime qui ont provoqué la chute de Ceausescu et porté Ion Iliescu, un ancien communiste devenu vaguement «réformiste», à la tête de l’Etat roumain.
Sur le moment, l’arnaque médiatique a bien fonctionné. Le faux charnier de Timisoara (des cadavres sortis de la morgue) en sera le point d’orgue, entraînant une bérézina de la presse mondiale. On avait eu tort de croire que des gens sortis d’une société verrouillée, où la liberté de la presse n’existait pas, étaient forcément des analphabètes de la communication. Les journalistes firent leur mea culpa. Promis, juré, craché, on ne les y reprendrait plus! Puis la guerre du Golfe est arrivée…
Si le grand chambardement de l’Europe de l’Est s’est produit, c’est parce que Gorbatchev a laissé faire ou parce qu’il n’avait plus les moyens de l’empêcher. Dans le monde occidental, il jouit d’une telle aura qu’on parle de «gorbimania». Le magazine américain Time, après en avoir fait son «homme de l’année» en 1987, réédite le coup en 1989. Tandis que The Financial Times le bombarde «homme de la décennie». A côté de lui, le nouveau président américain fait pâle figure: succédant au shérif hollywoodien Ronald Reagan, George Bush est un patricien de la côte Est, ancien combattant, mais sans grand charisme. Même lui se dit fasciné par la personnalité de Gorbatchev.
Acclamé à l’extérieur, le secrétaire général du PCUS est cependant vertement critiqué à l’intérieur. L’approvisionnement des magasins est un désastre, l’absentéisme au travail se généralise, la société se délite, les Soviétiques en ont marre, et le ton monte. En permettant à une sphère publique de se constituer, Gorbatchev a travaillé secrètement à la liquidation du parti qu’il entendait sauver: s’il a été un grand homme politique, ce fut contre sa volonté.
En mars 1989, l’élection au Congrès des députés du peuple est, en URSS, le premier scrutin qui permet à des opposants déclarés de se présenter. A Moscou, il donne une victoire triomphale à Boris Eltsine, et c’est déjà l’histoire postcommuniste qui s’écrit. L’URSS n’a plus que deux ans à vivre, mais elle ne le sait pas encore.
En Afghanistan, le retrait soviétique s’est achevé le 15 février 1989, annonçant la future victoire des «combattants de Dieu» que les Etats-Unis soutiennent. D’autres forces sont ainsi en train de miner le monde. En Iran, l’ayatollah Khomeiny lance une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques (le grand roman de l’année). Et, en juin, le Soudan se retrouve secoué par un coup d’Etat qui porte au pouvoir le général Omar el-Béchir. Un triste sire qui va durcir l’application de la charia instaurée en 1983. Qui va donner l’asile à Oussama Ben Laden durant cinq ans. Et qui reste président du Soudan malgré la Cour pénale internationale qui le menace d’un mandat d’arrêt en raison de ses crimes au Darfour.
D’un Bush à l’autre.
Les vingt ans qui nous séparent de 1989 créent d’étonnants effets de parallélisme. On croyait Marx définitivement enterré sous les gravats du mur de Berlin; ses ventes remontent désormais (mais sans doute moins que celles de Keynes). La vieille Traban d’Allemagne de l’Est était condamnée par la chute du communisme; c’est maintenant l’industrie automobile américaine qui craint la faillite. Comme si la période se devait de boucler parfaitement sur ellemême: un George Bush arrivait en 1989; un autre s’en va aujourd’hui.
Dans les faits, le communisme a moins été vaincu qu’il ne s’est autodétruit. Les Etats-Unis n’ont que très modestement contribué à sa chute en Europe de l’Est durant cette année 1989. Et c’est uniquement par le jeu des circonstances que l’Amérique, débarrassée de son rival, va se retrouver en position d’unique superpuissance. Sur cette suprématie américaine, on a beaucoup parié et glosé, jusqu’à parler d’une «hyperpuissance». Qu’en reste-t-il? Ce sera sans doute une des grandes questions de l’année 2009.
DURANT L’ÉTÉ, FRANCIS FUKUYAMA PUBLIE SON ARTICLE QUI PRÉDIT LA FIN DE L’HISTOIRE.
LE XXE SIÈCLE A DÉBUTÉ EN AOÛT 1914 ET S’EST ACHEVÉ EN NOVEMBRE 1989.
SUCCÉDANT AU SHÉRIF RONALD REAGAN, GEORGE BUSH EST UN PATRICIEN DE LA CÔTE EST.
BERLIN La chute du Mur, en novembre, symbolise à la fois la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’effondrement du bloc communiste.
ELISABETH KOPP Contrainte à la démission en janvier 1989, elle quitte le Palais fédéral, accompagnée par le président de la Confédération, Jean-Pascal Delamuraz (à droite).
GEORGE BUSH ET MIKHAÏL GORBATCHEV Rencontre lors du Sommet de Malte, en décembre. Le magazine Time a élu le président soviétique «homme de l’année» 1989.
PÉKIN Sur la place Tianan men, occupée d’avril à mai, des étudiants font la grève de la faim.
PRAGUE La révolution de velours débute en novembre.
BUCAREST Manifestation du 22 décembre: la dictature de Ceausescu vient de s’effondrer.
LES COUVERTURES DE L’HEBDO
Pas moins de quatre couvertures autour de l’armée suisse: c’est une année gris-vert pour L’Hebdo qui fouille aussi beaucoup dans les dessous de «l’affaire kopp». Mais c’est surtout le vent d’est qui souffle sur la rédaction. excellent connaisseur du monde soviétique, eric Hoesli signe en juin un article intitulé «L’adieu au communisme», dans lequel il imagine que «l’europe de l’est pourrait se transformer en gigantesque laboratoire politique, économique et social». A l’époque, cet espoir était assez largement partagé, alors que la réunification allemande passait encore pour une idée farfelue. Il n’est pas facile de discerner dans le présent les lignes de fuite de l’avenir. Au chapitre des rapports entre la suisse et les Douze de la Communauté européenne, l’europtimisme était encore possible en 1989. Ainsi, en septembre, le rédacteur en chef de L’Hebdo, Jacques Pilet, se félicite de trouver le Conseil fédéral motivé par le dossier: «L’histoire s’accélère. Un nouveau tournant s’annonce.» Mais il ne s’est pas trompé en écrivant, dans le premier numéro de l’an, que les gamins lanceurs de pierres, en Palestine, «pourraient bien, grandis et amers, préférer les bombes et les rêves sanguinaires de l’Islam exalté». et il ne s’est pas trompé non plus en intitulant cet édito Une année vraiment nouvelle.
CHRONOLOGIE
12 JANVIER Elisabeth Kopp démissionne du Conseil fédéral.
1er FÉVRIER Election de Kaspar Villiger au Conseil fédéral.
14 FÉVRIER Fatwa de l’ayatollah Khomeiny contre l’écrivain Salman Rushdie.
26 MARS Election du Congrès des députés du peuple en URSS. Triomphe de Boris Eltsine à Moscou.
25 AVRIL Début des manifestations sur la place Tianan men de Pékin.
20 MAI Instauration de la loi martiale en Chine.
3 JUIN Mort de Khomeiny.
4 JUIN Elections semi-libres en Pologne. Triomphe de Solidarité.
30 JUIN Omar el-Béchir prend le pouvoir au Soudan.
14 JUILLET A Paris, défilé Goude du bicentenaire de la Révolution française.
16 AOÛT La Hongrie ouvre sa frontière avec l’Autriche.
4 SEPTEMBRE Mort de Simenon.
13 SEPTEMBRE Frederik de Klerk élu à la présidence de l’Afrique du Sud.
3 OCTOBRE Début des manifestations en Allemagne de l’Est.
5 OCTOBRE Nobel de la paix attribué au dalaï-lama.
18 OCTOBRE Instauration du multipartisme en Hongrie.
7 NOVEMBRE Abolition de la ségrégation raciale en Namibie.
9 NOVEMBRE Ouverture du mur de Berlin.
13 NOVEMBRE Inauguration du LEP au CERN.
17 NOVEMBRE Début de la révolution de velours en Tchécoslovaquie.
26 NOVEMBRE Vote sur l’initiative Pour une Suisse sans armée.
2 DÉCEMBRE Sommet au large de Malte entre Gorbatchev et Bush qui déclare la guerre froide terminée.
14 DÉCEMBRE Au Chili, Pinochet quitte le pouvoir.
20 DÉCEMBRE Intervention américaine au Panama. Chute du général Noriega.
22 DÉCEMBRE Chute du régime de Ceausescu en Roumanie.
LES DISQUES
THE STONE ROSES
Groupe de Manchester, alors épicentre du rock britannique: son premier album éponyme ensorcelle par un rock psyché et acide comme les citrons de la pochette, saturé de fuzz, ciselé, mais aussi dansant.
STEPHAN EICHER
Le Dylan du Limmatquai s’est débarrassé de sa quincaillerie électronique pour envelopper My Space dans un quatuor à cordes. Les paroles de quatre titres sont signées Philippe Djian.
THE PIXIES
Arty, noisy, poppy, le groupe de Black Francis sort un Doolittle moins abrasif que le précédent Surfer Rosa, mais plus accessible. Ce disque l’installe au pinacle du rock underground.
ROY ORBISON
Pionnier du rock, voix de velours et talent sans limite, il a toujours été poursuivi par le malheur. Sauvé in extremis par Bono de U2, il sort cet ultime chef-d’Å“uvre, Mystery Girl, et s’empresse de mourir.
LOU REED
Bonne année pour ce corbeau caractériel qui, comme le montre la pochette, se prend pour un groupe à lui tout seul. New York est un de ses meilleurs disques, racé, soigné, rempli de chansons mémorables.
NOIR DÉSIR
Premier véritable album des Bordelais, il porte un titre impossible: Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient). Pas parfait, mais meilleur que le rock français de cette époque.
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