L'urgence d'un front républicain
2010 aurait dû s’annoncer comme une année calme. Nous ne sommes qu’à mi-législature, les élections fédérales n’auront lieu qu’en 2011. Mais il est à craindre que la Suisse ne connaisse plus d’année sereine et limpide comme un fleuve tranquille. Une conjonction de circonstances externes – les fameuses pressions internationales – et de fractures internes conspirent à bousculer la quiétude habituelle.
Ce qui arrive à la Suisse tient de la boule de neige: elle s’engage de manière hésitante dans la pente, puis se transforme peu à peu en avalanche, ravageant tout sur son passage.
En 2010, la Confédération va payer cash la splendeur de son isolement européen, l’incapacité inouïe de ses dirigeants à concrétiser une quelconque vision. A quelques esseulées exceptions près, elle a été gérée depuis trop longtemps par des ministres faibles. Je souligne gérée, non pas gouvernée, et tel est bien le problème. On va donc recevoir la facture, et le pire c’est que l’on réussira à s’en indigner.
Si la Suisse va se retrouver en mauvaises postures à répétition, elle ne le doit pas qu’au Conseil fédéral. Ce serait trop simple. Les partis sont encore plus responsables que lui de la faillite politique qui menace. Et plus particulièrement encore ceux qui ont osé commettre le péché originel du début de la législature, je veux parler de l’éviction de Christoph Blocher. Bravo, Messieurs Darbellay, Levrat, Berset, Leuenberger et Cie, joli coup, auquel nous avons applaudi. Mais qu’avez-vous fait de votre victoire?
Rien.
Tragiquement rien.
Un an après avoir déboulonné le commandeur populiste, vous avez intronisé son dauphin. Un Ueli Maurer beaucoup moins brillant que son mentor. Mais dont l’action gouvernementale se révèle d’une vacuité épouvantable.
Deux ans après votre coup retentissant, le boomerang a surgi du fond des urnes, le 29 novembre dernier. Ce fut le oui à l’interdiction des minarets, nourri d’inquiétudes dont vous n’avez pas perçu l’ampleur, et d’un besoin d’affirmation identitaire auquel vous n’avez jamais voulu vous confronter.
Votre génération de politiciens a la séduction de la jeunesse et du culot. Mais aucune idée, manifestement, de ce qu’est la politique, et surtout l’action dans la durée. Le 12 décembre 2007, vous avez fait un coup. On croyait que vous aviez écrit l’Histoire, vous vous êtes révélés incapables de la continuer. Il aurait fallu poursuivre le travail, non pas seulement décrédibiliser Blocher, mais s’occuper de ses électeurs et de leurs soucis, démonter ses arguments populistes, un à un, en produire d’autres, plus convaincants. Donc cesser de vous chamailler tels des gosses, essayer de vous entendre, et gouverner ensemble. Déblochériser la Suisse, c’est-à-dire la reconstruire sur les bases qui vous sont communes.
Alors de deux choses l’une. Ou vous vous mettez sérieusement au travail, vous constituez un front républicain (avec les libérauxradicaux les plus éclairés), en oubliant cette géométrie variable des alliances, cette logique dérisoire des coups médiatiques qui vous sert d’agenda. Ou 2011 sera encore pire que 2009, sinistre.
Retrouvez les chroniques de Chantal Tauxe et ses commentaires à chaud sur son blog.
Tags: Chantal Tauxew, Suisse, politique,
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| Réaction de Angoissante question le 03.01.2010 à 22:25 | | Avec tout ça Mme Tauxe n'a toujours pas pris position... Avec tout ça Mme Tauxe n'a toujours pas pris position sur le résultat du vote minarets. L'internaute qui affirme qu'elle a voté OUI a-t-il donc raison?
Ca en a tout l'air! | |
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| Réaction de Tolérance le 01.01.2010 à 23:03 | 2009 n'est pas 2011, les électeurs qui ont voté contre... 2009 n'est pas 2011, les électeurs qui ont voté contre les minarets le 29 novembre,n'ont pas plébécité l'UDC, ils ont exprimés leur attachement à leur identité et leur peur, à tort, d'une religion de plus en plus présente en Suisse qui est l'Islam. La question le 29 était simple et simpliste, êtes vous pour ou contre les minarets. En 2011 ce sera beacoup plus compliqué: il y aura les questions des place de travail, du chômage, du logement, d'assurance maladie, des assurances sociales...etc. Et l'UDC n'a pas de réponses toutes faites et simplistes à toutes ces questions. Fin 2009 était aussi l'année pendant laquelle les jeunes ont été sacrifés dans la révision de la loi sur l'assurance chômage, et ce n'est pas une mesure très populaire qui va attirer plus d'électeurs à l'UDC en 2011. En 2011, l'UDC va probablement garder sa place de premier partie de Suisse..mais rien de plus...les partis d'extrêmes droite ne sont pas des partis capables de gouverner..l'expérience l'a prouvé dans pas mal de pays européen..en plus ils suscitent toujours la méfiance en Europe et dans le monde en général..on a toujours dans la mémoire les réactions très négatives de la grande victoire du parti de Haider en Autriche il y a quelques années...l'UDC à moyen et à long terme fera long feu dans la vie politique suisse, et donc l'action de 2007, était juste et visionaire...et qui vivear vera...
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| Réaction de Pourquoi ce silence gêné et assourdissant? le 24.12.2009 à 15:06 | | Bla bla bla! Ca fait plaisir de constater votre rage... Bla bla bla! Ca fait plaisir de constater votre rage impuissante devant la montée du vote UDC. Le 12 décembre 2007 j'avais eu l'impression, pour ma part, qu'une stratégie de "front républicain" avait été mise en oeuvre. Et je craignais qu'elle réussise. Heureusement votre désarrooi d'aujourd'hui me donne la réponse, extrêmement rassurante. La stratégie a fait long feu. Complètement! C'est l'UDC qui dicte l'agenda. C'est l'UDC - et derrière la scène tirant les ficelles M. Christoph Blocher - qui tire le bénéfice politique de la nullité des gouvernants. C'est l'UDC qui a gagné le 29 novembre, date historique d'une victoire psychologique qui lui donne presque la clé du pouvoir. C'est l'UDC qui va triompher en 2011 et modifier le rapport de force à son avantage, une fois de plus.
Quel plaisir de constatr que ces idiots qui ont fait le 12 décembre 2007, dont j'avais craint le pire, ne sont pas de taille à mettre en place une quelconque stratégie politique conséquente et donc qu'ils vont tout perdre et prendre en pleine figure le boomerang de leur mauvaise action du 12.12.2007!
Mais je ne voudrais pas laisser s'écouler l'an de grâce 2009 sans relever le paradoxe le plus comique du blog de l'ineffable Chantal Tauxe cette année là:
Interdiction des minarets: un tremblement de terre mondial. La Suisse rejette le "tauxisme" idéologique à 58% et cause l'indignation de la bien pensance universelle.
Commentaire de Mme Chantal Tauxe: nada. Pas de commentaire. Pas de blâme. Pas de leçon de morale: rien.
Incroyable, non? Que s'est-il passé pour que vous restiez muette comme une carpe alors que vous ne perdez jamais la moindre occasion de fustiger tout ce qui va contre "l'esprit d'ouverture"?
Je risque une explication: Dans l'isoloir, vous avez été prise d'un vertige affreux. Votre sensibilité féministe a été en conflit dramatique avec vos convictions gnan gnan et politiquement correctes. Vous avez failli tourner de l'oeil, submergée par une bouffée de chaleur insupportable. Vous vous êtes reprise, puis dans un moment de panique instinctive, vous avez griffoné un oui "rageur" sur un bulletin et vous l'avez déposé ainsi dans l'urne, avec crainte et tremblement.
Depuis lors vous êtes tellement honteuse que vous n'avez pas ôsé commenter le résultat.
Ai-je vu juste?
En tous les cas votre silence après la votation est absolument inexplicable, sauf par cette raison là.
Je fais le même constat au sujet de M. Jacques Pilet. Son absence de blâme moral piletiste au sujet de l'interdiction des minarets est impossible à expliquer, sauf par le fait qu'il a lui-même voté OUI.
Alors je voulais vous remercier tous les deux. Parce que par cette attitude que tout le monde aura forcément décryptée comme moi, tellement c'est gros comme une montagne, vous m'avez fait cadeau de la plus franche rigolade que j'aie jamais eue en lisant ce canard, pourtant risible, qui s'appelle l'Hebdo!
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