Historiquement, l’horlogerie française fut l’une des plus importantes au monde. Et Paris, son phare, tout comme l’étaient alors Londres et Genève. C’est par exemple dans la Ville lumière qu’Abraham-Louis Breguet devint un horloger mythique. Ses pairs et compagnons s’appelaient Leroy, Oudin, Rieussec, Lépine ou Raguet. Malheureusement, les vicissitudes de l’histoire ont laissé un paysage horloger français quelque peu dévasté. Certes, les grands noms de la joaillerie, Cartier en tête, de la mode ou du luxe demeurent d’incontournables acteurs, mais c’est en Suisse qu’ils manufacturent leurs garde-temps. Un «exil» en terres helvétiques que partagent des créateurs de renom tels Richard Mille, Christophe Claret ou François-Paul Journe, mais aussi des jeunes marques telles Ladoire ou Hautlence ou des marques de volume plus anciennes comme Bell&Ross ou Saint Honoré Paris. Même si, à l’instar d’un Guy Ellia ou de Manufacture Normande, plusieurs horlogers et marques font honneur au passé horloger et industriel de la France, ils restent peu nombreux au regard de la taille et de l’histoire du pays. Saluons donc ici la volonté de la maison Emile Pequignet, fondée en 1973 à Morteau, qui vient de lancer son premier calibre maison (298 composants), baptisé – excusez du peu – Royal. Battant à 21 600 alternances/ h (3 Hz) et doté notamment d’un grand barillet pour 100 heures de réserve de marche, ce calibre affiche – inédit – un double guichet jour-date à midi, une petite seconde excentrée à 4h, une indication réserve de marche à 8h et, pour l’un des trois modèles proposés, une phase de lune à 6h. Entièrement conçu, prototypé et assemblé à l’interne, ce calibre se veut le symbole de la renaissance industrielle et manufacturière de l’horlogerie française. C’est tout le bien qu’on lui souhaite.
Tags: Contre-temps, Pequignet, horlogerie française,
|