Lentement mais sûrement, l’Allemagne, qui fut – il y a longtemps – le plus ancien (dès 1510, dit-on) et le plus grand fabricant horloger du monde, renoue avec son glorieux passé.
Dans son fief saxon de Glashütte (A. Lange & Söhne, Glashütte Original, Mühle, Nomos, Moritz Grossmann, Union Glashütte). Evidemment. Mais aussi, et sans aucune exhaustivité, dans le Bade-Würtemberg (Junghans, Hanhart, Laco, Stowa), la Hesse (Sinn), à Hamburg (Wempe), Brême (Tutima), Dresde (Lang & Heyne), Hanovre (Fortis), Munich (ChronoSwiss) ou Münster (Meister-Singer).
Alors bien sûr, les liens avec la Suisse sont importants, qu’ils soient techniques (fournitures de composants, mouvements et plans techniques) ou capitalistiques (certaines marques appartiennent aux groupes Richemont et Swatch).
Mais à ceux qui verraient, dans ce réveil horloger allemand, l’effet d’une simple mise sous perfusion helvétique, on rappellera que les interactions vont aussi dans l’autre sens.
Ainsi, certaines maisons suisses telles Chopard ou Eterna sont en mains allemandes, et c’est également à Hanau en Allemagne que sont, chaque année, produits quelque 350 kilos du très prestigieux alliage Nivarox CT qui sert ensuite, en Suisse, à la fabrication des spiraux.
A mentionner encore l’inventivité, la qualité de certains mouvements de haute horlogerie allemands, ainsi que la perfection de leurs finitions, dont certains spécialistes horlogers suisses estiment même qu’elles sont souvent mieux abouties qu’en Suisse.
Et pour le clin d’œil, on notera enfin que, dans la tendance actuelle du néo-rétro-classico-vintage, c’est l’Allemande Glashütte Original (Swatch Group) qui a osé franchir le Rubicon en baptisant clairement deux de ses nouvelles lignes Sixties et Seventies, histoire d’afficher franchement le genre de produits proposés.
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