Surpopulation et concurrence professionnelle ont beau inquiéter les Suisses, ceux-ci jugent l’immigration utile. Selon l’enquête Sophia, 55% des sondés restent ainsi favorables à la venue de cadres étrangers. Un afflux que les leaders plébiscitent pour leur part lourdement (79%), certains corps de métiers souffrant de graves pénuries de personnel.
«Nous avons besoin de ces nouveaux venus. Ils ont généré une grande partie de notre récent essor économique!» tonne Xavier Comtesse, directeur romand d’Avenir Suisse. «Au lieu de vouloir freiner l’immigration allemande, nous ferions mieux de nous demander pourquoi ces personnes occupent des postes pour lesquels les Suisses sont mal formés», illustre-t-il.
Pour Berne aussi, ces travailleurs sont les bienvenus. «Si la Suisse veut la croissance, elle doit aussi accepter l’immigration», déclarait récemment Serge Gaillard, chef de la division travail du Seco, dans Le Temps.
Oui aux migrants peu qualifiés. La population admet par ailleurs nettement (56%) le besoin d’un afflux de main-d’œuvre étrangère peu qualifiée, à l’image des étrangers qui œuvrent depuis des décennies sur les chantiers ou dans l’entretien.
Heureusement, car au-delà de leur apport direct à l’économie, les étrangers sont essentiels au financement de l’AVS, insiste le directeur de l’Office fédéral des assurances sociales, Yves Rossier. «La contribution des immigrés se chiffre en milliards de francs. Sans cette population, l’AVS serait dans les chiffres rouges depuis 1992.»
Et de souligner que «depuis le début des années 2000, plus de la moitié des nouveaux venus ont fait des études de 3e cycle. Ils touchent en général de hauts salaires, ce qui fait d’eux des contributeurs nets, puisque l’AVS est par essence sociale (chacun cotise à hauteur de ses revenus mais les pensions sont plafonnées, ndlr).
Sans compter que beaucoup auront quitté la Suisse avant de percevoir leur propre rente, ils n’auront alors droit qu’à une partie de celle-ci.»
Pic des besoins. Le haut fonctionnaire ajoute encore que «la contribution des migrants est particulièrement importante en ce moment, puisque les très nombreux baby-boomers commencent à atteindre l’âge de la retraite». Le besoin d’un nombre important d’actifs «pour financer les rentes actuelles de cette génération» est donc plus que jamais essentiel.
Certains pourtant n’y voient qu’une solution de courte durée. A l’instar d’Alex Kuprecht, président de la commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil des Etats. «Un jour, ces gens vieilliront à leur tour, leurs pensions devront alors aussi être financées», prétend le démocrate du centre schwytzois
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