Mariage sans amour
Provocation. Un livre conseille aux femmes de choisir leur mari comme une maison. Avec logique et raison.
Il ne manquait plus que cela. Alors que des millions de femmes et de fillettes ne rêvent qu’au prince charmant, celui dont elles tomberont follement amoureuses, celui avec lequel elles se marieront, voilà qu’un livre vient détruire le mythe. La fautive? Reva Seth, une avocate devenue journaliste, qui vient de publier First Comes Marriage (Fireside, 208 p.)
Dans de nombreux médias, aux Etats-Unis comme en Angleterre, la polémique fait rage; c’est que l’ouvrage s’inspire de la pratique des mariages arrangés. La théorie de cette jeune femme qui vit entre Londres et les Etats-Unis? Oublier les mots amour, attirance et désir lorsqu’il s’agit de trouver un mari. Mais au contraire opérer comme l’on procède au choix d’une maison, avec logique et rationalité, en dressant une liste de «must have». «Pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour le mariage, qui est probablement la décision la plus importante que vous prendrez dans votre vie?» A ses yeux, l’essentiel est de partager les mêmes buts et les mêmes valeurs culturelles. Perle rare. Et Reva Seth de conseiller à ses lectrices une recherche active de la perle rare. Une fois que la femme a déniché celui qu’il lui faut pour le long terme, il ne lui reste qu’un dernier petit effort à fournir: en tomber amoureuse. Un ultime défi pour lequel Reva Seth n’a, hélas, pas de recettes miracles. Mais une certitude résumée par un proverbe: l’appétit vient en mangeant. Le principe s’appliquerait également aux plaisirs de la chair: «L’attirance physique grandit lorsque vous êtes avec la bonne personne.»
Sornettes que tout cela? Reva Seth a basé son livre sur le témoignage de trois cents femmes d’origine asiatique, vivant en Europe et aux Etats-Unis, se disant heureuses dans leur mariage arrangé. Elle-même n’a vu son mari que sept fois avant de l’épouser, en mai 2003. En passant, l’auteur rappelle le taux record de divorces dans la société occidentale, soit un mariage sur deux. Et lui oppose celui des mariages arrangés: 5 à 7%. Reste à savoir si ces derniers ne durent pas simplement parce que la séparation n’est pas une option. On suggère à Reva Seth de traiter la question dans un prochain ouvrage. Et de mener l’enquête cachée sous les lits, histoire de ne pas confondre contrainte et bonheur...
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