C’est une histoire drôle que se racontent les hommes au sujet de l’infidélité: «Deux amis sortent ensemble d’une séance de sauna. Ils se rhabillent tranquillement. L’un se met un porte-jarretelle autour de la taille. L’autre, surpris, lui demande: Qu’est-ce qui te prend? Tu mets des trucs de filles, maintenant? Attends, je t’explique. C’est ma femme qui a trouvé ce machin entre deux coussins du canapé! Mais elle, elle n’en porte pas. Alors elle m’a dit: “Et naturellement, tu vas me faire croire que c’est à toi, ça?”»
Comme clame, dépité, un des anti-héros des Infidèles, le film que le tandem Jean Dujardin et Gilles Lellouche consacre aux variations diverses de l’infidélité masculine (lire ci-contre): «Mais comment on fait, pour être fidèle? Moi je veux bien être fidèle, mais je ne sais pas!»
C’est tout le problème: nous sommes en 2012, les hommes n’ont pas appris à être fidèles, et les femmes ont appris à être infidèles. Mieux: depuis que la grande peur du sida a reflué, les hommes redécouvrent les joies de la relation extra-conjugale. «La peur du sida coupait le zizi des hommes qui déchantaient après les libertés post-Mai 68, où les relations multiples étaient quasi la règle. Désormais, on se protège, on a les trithérapies. Du coup, les hommes se sentent à nouveau plus libres», constate le sexologue genevois Willy Pasini, auteur en 2008 de Les amours infidèles (Odile Jacob).
SOS chiffres. Les hommes? Quels hommes? Aucun sondage n’est en la matière parfaitement valable. De manière générale, les femmes diminuent officiellement leurs infidélités, alors que les hommes les augmentent. Le dernier rapport Hite indique qu’aux Etats-Unis, 70% des femmes ayant plus de cinq ans de mariage déclarent avoir été infidèles au moins une fois, et 72% des hommes. Un sondage français récent établit que 39% des hommes et 25% des femmes avaient trompé leur partenaire. «J’estime que la moitié des hommes sont infidèles», considère Willy Pasini. «S’il y a quelques années nous étions à 60% pour les hommes et 40% pour les femmes, nous sommes plus proches des 50-50», confirme Carlo Trippi, fondateur de la Maison du couple à Lausanne. «Dans la société, il y a plus d’infidèles que de fidèles», affirme Denise Medico, cheffe de service en Consultation de couple et de sexologie à Profa. «Et ceux qui trompent pour la gaudriole sont une minorité.»
Si ce n’est pas la bagatelle qui fait sortir les hommes du droit chemin, c’est donc que l’affaire se corse et qu’il y a autant de manières d’être infidèle que d’hommes infidèles. Denise Medico en distingue trois types: les fusionnels, qui tombent souvent amoureux de leur maîtresse et vivent leur infidélité comme une trahison. Les machos, qui trompent pour se rassurer et pratiquent la gaudriole comme un sport. Les découvreurs, enfin, qui cherchent à s’épanouir et finissent souvent par quitter leur femme. Une typologie qui rejoint celle de Willy Pasini, qui voit cinq manières d’être infidèle: «La double vie parfaite, l’infidélité avec un autre homme, la double vie géographique – les marins avaient une femme dans chaque port, désormais les hommes d’affaires ou les chefs d’orchestre ont une femme dans chaque ville –, l’infidélité virtuelle, en augmentation logique, et enfin la plus répandue, et en augmentation également, la double vie compulsive à la JFK, qui concerne des hommes qui ont une envie égoïste et la satisfont sans se poser de questions.»
Les raisons qui poussent les hommes dans les bras de la tentation sont aussi multiples que ces typologies. «Les hommes ne savent plus quel rôle jouer au sein du couple et de la famille, compatit Willy Pasini. Les machos ne sont plus valorisés, ils ne savent plus comment séduire, alors ils avancent les mains...» «L’infidélité est presque toujours liée à l’insatisfaction. C’est un palliatif», estime Urs Widmer, sociologue à l’Université de Genève. «Les infidèles croient qu’ils ne peuvent pas s’épanouir sexuellement avec leur femme, constate Agnès Camincher, sexologue à Neuchâtel. Et que pour rester avec l’autre, il est préférable de lui être infidèle.» Une constante: l’infidélité est toujours une manière de fuir la relation conjugale. «Les hommes veulent se sentir désirés. Si ce n’est pas le cas, ils iront chercher cette reconnaissance en dehors du couple. C’est une constante masculine que d’éviter les difficultés en mettant leur énergie ailleurs.»
Toujours tabou. Mai 68 a beau être passé par là, l’infidélité reste un sujet grave, voire tabou pour la plupart des couples. «Culturellement, la libération sexuelle a existé, explique Urs Widmer. Mais pas statistiquement. On ne peut pas parler de retour de la morale, mais de continuité.» «On est dans le modèle social de la transparence totale, s’inquiète Denise Medico. Aux Etats-Unis, l’adultère est vu comme une chose monstrueuse. On parle d’«infidélité imaginaire» déjà lorsque vous pensez à quelqu’un d’autre! En Europe, l’infidélité est encore physique. Aux Etats-Unis, on va jusqu’à parler de trauma, de Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD) pour les gens victimes d’infidélité!» Pire qu’un tabou, une pathologie potentielle. «Des hommes viennent consulter, raconte Agnès Camincher, en disant: «Je suis infidèle, suis-je un sex addict? Suis-je malade?» Cela correspond à la pathologisation générale des comportements, comme on parle d’addiction à propos de plein d’autres choses.» Ce n’est que rarement un vrai sujet de conversation, madame préférant mener son enquête personnelle en cas de soupçon via le portable de monsieur. «Le couple a pleinement conscience qu’un aveu d’infidélité peut le mettre en péril», souligne Carlo Trippi.
«CEUX QUI TROMPENT POUR LA GAUDRIOLE SONT UNE MINORITÉ.»
Denise Medico, cheffe de service en Consultation de couple et de sexologie à Profa
De toute manière, mari et femme ne s’accorderaient pas sur la définition même de l’infidélité, qui a passablement varié avec le temps. Pour certains, elle commence dès le fantasme, pour d’autres, lorsque les sentiments s’en mêlent seulement. Ainsi, pour 32% des Français, embrasser quelqu’un d’autre, c’est déjà tromper tandis que pour 19%, draguer une autre personne est considéré comme une infidélité. Jacques Henric, mari de Catherine Millet, avoue placer la fidélité «dans le sentiment, la passion amoureuse. Si Catherine m’avait dit un jour: “J’ai rencontré un homme avec lequel j’ai envie de vivre un moment”, cela m’aurait été pénible. Ce qui ne signifie pas que nos aventures étaient dépourvues de sentiments, mais elles restaient discrètes. Pendant trente ans, nous n’avons pas, à ma connaissance, éprouvé de passion pour quelqu’un d’autre.» Les cabinets des sexologues sont remplis de femmes qui se sentent trompées en découvrant que leur mari consulte des sites pornos. «Les hommes n’ont pas l’impression d’être infidèles sur l’internet, reconnaît Carlo Trippi. Tant qu’ils ne touchent pas, cela ne compte pas. Rappelez-vous que pour la loi américaine, Bill Clinton n’avait pas trahi, puisqu’il n’y avait pas eu pénétration dans l’affaire Lewinsky. D’un point de vue psychanalytique, c’est déjà une forme d’infidélité, puisque l’homme investit son intimité ailleurs.» Un point qui fait particulièrement débat: «Si j’aime à dire que la pornographie est l’imaginaire des paresseux, chacun a droit à ses fantasmes et à son jardin secret», défend Agnès Camincher.
Conséquences. Du coup, qui dit définition différenciée dit influence variable sur les couples, qui réagissent très différemment à l’infidélité masculine. «Cela dépend du style d’interaction du couple, souligne Urs Widmer. S’il est associatif, que l’individu et son épanouissement prime sur le collectif, comme les concubins ou les moins de 30 ans, l’infidélité est plus tolérée et pratiquée. S’il est bâtit sur le modèle du couple «bastion», que le collectif prime sur l’individu, c’est le contraire.» 48% des Français pensent qu’on ne peut pas pardonner la tromperie de leur conjoint. En 1999, une étude menée par les Universités de Lausanne et de Genève concluait que 84% des femmes voient l’infidélité comme très défavorable à leur couple, contre 75% des hommes. Une étude hollandaise calcule, elle, que 54% des femmes pensent que leur relation est vouée à l’échec si elles trompent leur mari alors que, en revanche, 37% seulement des femmes rompraient si leur mari était infidèle... «Les couples qui fonctionnent le mieux sont ceux qui savent fermer les yeux, constate Denise Medico. Pour que ça marche, il faut un lien fort. Un couple très complice, dans le respect. Peu de gens en sont capables. Cela demande une maturité affective importante. La jalousie, c’est une question d’insécurité.»
Pour Carlo Trippi, l’infidélité est quasiment dans tous les cas «une blessure. Le couple est un ménage à trois. Le troisième élément, c’est l’espace entre l’homme et la femme. Si cet espace est pollué par des nondits, des comportements blessants, les conjoints vont éviter cet espace. Du coup, le couple n’avance plus. Je pense qu’il n’est pas possible d’avoir des relations extra-conjugales tout en se disant 100% investi dans son couple de base, comme le prétendent tant d’hommes.» Mais l’infidélité est plus souvent un symptôme qu’une cause et les ruptures ne sont pas forcément liées aux infidélités de monsieur. «Se disputer, ne pas avoir de tendresse l’un pour l’autre sont plus déterminants que l’infidélité. Qui souvent est d’ailleurs déjà une conséquence de cela», explique Willy Pasini.
Le couple impossible. Dans le fond, le grand coupable, c’est le couple, modèle de vie dans lequel nous voudrions faire entrer les hommes et les femmes. «Notre modèle de couple n’est pas viable, regrette Denise Medico. On voudrait que l’amour dure. Mais deux ans après le début de la relation, le désir diminue. Ce n’est plus l’adrénaline. Du coup, c’est moins excitant. Le couple passionné pendant soixante ans, cela n’existe pas! Pas étonnant que nous finissions tous infidèles!» La multiplication des divorces ne montre paradoxalement pas que le couple soit dévalorisé aujourd’hui. «Au contraire, souligne Urs Widmer. Il est survalorisé: on attend de lui qu’il soit la base du développement personnel des individus. Une relation suffit-elle à l’individu pour qu’il se développe pleinement? On est plutôt aujourd’hui dans un modèle de monogamie en chaîne. On forme un couple, puis un autre, etc.» L’enjeu du couple est double: savoir combler à la fois le besoin de protection, la sécurité et, en même temps, la surprise, la variété des fantasmes. «C’est sur la corde raide, souligne Agnès Camincher. Toute la question est de savoir si l’infidélité interfère dans ce cadre. Et cela, chaque couple le gère différemment. Concrètement: respecter, cela peut vouloir dire, dans certains cas, ne pas tout dire.»
Encore plus paradoxal, l’envie de fidélité que l’on voit poindre dans les mariages des jeunes générations. Les enquêtes sur les valeurs des Européens montrent que depuis 1981, la fidélité comme élément essentiel au couple est passée de 72% à 84%. Si Mai 68 a balayé certains interdits, et que chacun peut tenter de définir ses règles de vie, la permissivité ne va pas forcément en s’accroissant. En devenant affaire d’amour, le mariage est plus fragile puisqu’il se défait avec le désamour. L’infidélité est donc moins tolérée puisqu’elle est capable de défaire un couple plus facilement. Carlo Trippi voit régulièrement passer dans ses séminaires pour couples des jeunes de moins de 25 ans qui souhaitent s’engager ensemble de manière fidèle. «Ils ne veulent pas ressembler à leurs parents divorcés, mais ne savent pas comment s’y prendre, comment s’investir pleinement. Et comment résister!»
COMMENT (TENTER DE) REPERER UN HOMME INFIDELE
1) Il surveille de près ses factures. Il devient maniaque avec les factures de carte de crédit, de téléphone, sur lesquelles vous remarquez des frais inhabituels, et s’énerve quand vous l’interrogez sur le sujet.
2) Il ne lâche plus son téléphone. Il s’inquiète quand son téléphone sonne, s’isole pour y répondre, fait des pauses cigarettes sur le balcon avec son téléphone, ne laisse jamais traîner son portable.
3) Il fait très attention à lui. Il se remet au sport, choisit ses sous-vêtements le matin au lieu de prendre le premier venu, va chez le coiffeur, achète un nouveau costume, mange sainement.
4) Vous l'agacez. Il est irritable et colérique, cherche à provoquer des disputes, vous tient à distance, vous reproche d’envahir sa vie privée, sort avec de nouveaux amis, passe beaucoup de temps sur l’internet, se pose en victime et adopte l’attitude du mari malheureux dans son couple.
5) Il a tendance à s'absenter. Il passe moins de temps à la maison, travaille tard, annule vos rendez-vous, reste injoignable durant des heures.
CINEMA
Les infidèles, le film
Attention, film à ne pas voir avec vos chères têtes blondes, ni d’ailleurs en couple si vous pensez avoir quelque chose à cacher. Acide et peu consensuel, Les infidèles décline l’infidélité masculine en 7 films courts de 7 réalisateurs. Le projet initié par le tandem Jean Dujardin et Gilles Lellouche fait feu de tout bois: Emmanuelle Bercot ressuscite Un gars, une fille pour une scène conjugale dramatique et mémorable avec Dujardin et Alexandra Lamy, Alexandre Courtès imagine Sandrine Kiberlain en hilarante animatrice des Infidèles anonymes, Michel Hazanavicius déguise Dujardin en commercial en séminaire qui devient la risée du groupe en cherchant en vain à tromper sa femme, Eric Lartigau pousse Gilles Lellouche dans les bras d’une Lolita qui brise le couple du dentiste à qui tout réussit. Décousu et inégal, souvent drôle mais parfois grotesque, joyeusement irrévérencieux, Les infidèles ne fait aucun cadeau aux hommes qui sont dépeints sous leur jour le plus lâche, fuyants, roublards, puérils, sexuellement obsédés. En 2012, Madame Bovary est un homme.
«Les infidèles». De et avec Jean Dujardin et Gilles Lellouche. 1 h 49. Sortie le 29 février.
Pierrick Destraz, 41 ans, musicien et chroniqueur, Lausanne
"Tromper implique de cacher à la fois son plaisir et sa souffrance"
«Quand j’entends le mot infidélité, je ressens à la fois du stress, négatif, et de l’adrénaline, positive. Tromper, c’est faire quelque chose en cachant à la fois son plaisir et sa souffrance. Je me sens concerné par ce mot. Je suis plus ou moins célibataire depuis deux ans, mais j’ai été infidèle. J’ai été infidèle dans mon premier mariage, dans le second j’ai essayé de ne pas l’être. Ce n’est pas uniquement l’infidélité qui a fait capoter le couple, même si je l’ai été. Pour éviter les conflits entre les sentiments et la sexualité, je suis allé dans des salons de prostituées. C’est plus simple. Tu sors du salon, tu t’es soulagé. Je ne pratiquais jamais la pénétration avec les filles, je ne voulais pas faire l’amour. J’y allais pour me prouver à moi-même, lors de tensions dans le couple, que j’étais encore maître de ma vie, de mon corps. C’était compulsif, comme un enfant qui devait absolument manger un bonbon. Je ne pouvais pas résister à l’envie de le faire. Je vois aujourd’hui qu’il y avait un côté malsain, cela ne me faisait pas du bien. Je n’ai presque jamais été infidèle de manière standard, mais j’ai souvent dû résister à la tentation. Toujours dans la peur de tomber amoureux…
Déraper un soir avec une femme, ça peut arriver. S’il n’y a pas de notion d’engagement, je ne ressens pas cela comme de la tromperie. Se masturber sur une image porno, c’est peut-être déjà de l’infidélité pour certaines personnes, pas pour moi. J’ai entretenu une correspondance amoureuse avec une femme. Et à part un baiser, rien. Nous étions les deux en couple. Ces lettres m’impliquaient émotionnellement beaucoup, et lorsque ma femme l’a découvert, cela a signé le début de la fin de mon couple. Je ne pourrai jamais jurer fidélité à une femme, je déteste le sentiment d’appartenir à quelqu’un. J’adorerais être totalement contenté par une seule personne, mais j’ai aussi une grande curiosité qui me donne régulièrement envie de toucher, de découvrir un nouveau corps. J’ai l’impression que plus on vieillit, plus on baise. Avec le temps, les gens relativisent l’importance de la fidélité sexuelle absolue. Pour les filles jeunes avec qui je sors, c’est très important. Passé 30-35 ans, elles en parlent moins.»
Stefano, 42 ans, Nyon
"L'aspect physique de l'infidélité est surévalué par les femmes"
«Je suis en couple depuis une année, mais je n’ai jamais cherché à être fidèle, ni cette fois ni les fois précédentes. Je voyage souvent pour mon travail. Mes “infidélités”, que je ne ressens jamais comme telles, arrivent par hasard, à la suite de réunions de travail souvent. Je suis toujours très clair, je ne promets jamais rien que je ne puisse donner. La plupart du temps, les femmes que je rencontre sont aussi dans cet état d’esprit. Mes rencontres n’empiètent jamais sur la relation que j’ai avec mon amie. C’est une question de plaisir. Tu te shootes au plaisir. Je considère ces capsules, ces parenthèses, comme un moment sympathique passé avec une personne qui se prolonge par un moment physique intime. Toutes les explications psy sont possibles. Que je cherche à me rassurer, etc. Mais cela ne mène pas loin de se torturer à savoir pourquoi on agit de telle manière. Je n’éprouve pas un sentiment de culpabilité lorsque je suis infidèle, mais je garde tout pour moi. C’est une règle à respecter. Je n’ai aucune garantie que ça ne fasse pas exploser mon couple. Je voudrais être transparent, parfois, mais ce n’est pas possible. Si on commence à se dire certaines choses, ou cela s’arrête-t-il? L’aspect physique de l’infidélité est surévalué. Avant je draguais, maintenant les occasions s’offrent souvent à moi. Les gens qui sont bons au lit, ça se sent, et j’ai confiance en mes capacités sexuelles.»
Nicolas, 51 ans, Bulle
"C'est plus simple de tromper avec des putes que d'avoir des histoires"
«Je suis fidèle dans mon couple actuel, mais ne l’ai pas été dans mon premier mariage, qui a duré quinze ans. Par frustration, par envie d’évasion, parce que je me sentais dévalorisé d’un point de vue séduction à la maison, que je voulais me rassurer sur le fait que je pouvais baiser correctement dans des périodes où mon couple battait de l’aile, je suis allé voir des professionnelles, en revoyant parfois à plusieurs reprises la même fille. C’est plus simple que d’avoir des histoires. Je pense que je voulais encore rester avec ma femme, puisqu’on quitte rarement sa femme pour une prostituée. Cela n’a tout de même rien arrangé, car j’avais de plus en plus de plaisir avec les putes et de moins en moins avec ma femme. Mais cela a constitué une sorte de thérapie sexuelle. Je ne culpabilisais pas: j’avais l’impression qu’elle l’avait cherché. Je n’ai jamais rien avoué, bien entendu. Ni à elle, ni à des amis. Je ne porte plus de jugement moral sur l’infidélité. A 20 ans, j’en portais un. Peut-être parce que j’avais vu mes parents se tromper et que ça ne leur faisait pas du bien. Dans le couple que je vis aujourd’hui, je suis fidèle. La fidélité est souhaitable, non d’un point de vue moral, mais dans le rapport sentimental. C’est la diversité des activités sexuelles dans un couple qui est le meilleur garant de la fidélité. On devrait coucher avec sa femme comme si c’était sa maîtresse, faire des plans cul avec elle.»
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