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CLAUDE MONET (1840-1926)
Une maladie des yeux pourrait avoir fondé l’art abstrait
Victime de cataracte, le peintre vit son monde se voiler année après année, «perdant progressivement les principes clés du mouvement impressionniste qu’il avait inauguré: la lumière et les couleurs». Il est possible, explique Sebastian Dieguez, de suivre l’évolution de la maladie en comparant les versions du Pont de Giverny peintes l’une en 1899, l’autre en 1922. «Les teintes froides ont disparu. Des bleus et des verts, nous sommes passés aux jaunes et bruns, et on voit apparaître des couleurs flamboyantes que Monet n’utilisait jamais auparavant.» Entre ces deux toiles, Monet s’était finalement fait opérer, mais à un seul œil. Il a ainsi pu continuer à peindre son jardin de Giverny en utilisant tantôt son oeil gauche, malade, tantôt le droit, tout neuf. Mais, dans ses tableaux, «les contours deviennent quasi méconnaissables, les traits sont grossiers» et ses oeuvres tardives sont parfois considérées comme un pont vers l’art abstrait. «Ainsi, conclut Sebastian Dieguez, il est possible d’envisager que l’histoire de l’art ait subi un chambardement radical par le truchement d’une maladie de l’œil, somme toute assez répandue.»
DON QUICHOTTE
Le personnage au catalogue exhaustif des troubles du comportement
Sebastian Dieguez ne s’est pas contenté de plonger dans le cerveau d’écrivains; il s’est aussi intéressé de près à quelquesuns de leurs personnages célèbres, comme la merveilleuse Alice de Lewis Carroll ou encore Don Quichotte. Le héros de Cervantès est en effet «l’homme de toutes les psychoses et il présente une multitude de “folies” aujourd’hui bien identifiées». Le chevalier errant qui se battait contre les moulins à vent était à la fois «schizophrène, paranoïaque, monomaniaque, délirant et, de surcroît, contagieux». Probablement fils d’un barbier qui était aussi chirurgien et dentiste, explique Sebastian Dieguez, Cervantès a sans doute vu défiler de nombreux patients dans le cabinet familial et lu Examen de ingenios para las ciencias (L’examen des esprits pour les sciences), texte fondateur de la neuropsychiatrie moderne. Cela lui a permis d’écrire un roman qui, au-delà de ses aventures burlesques, fait preuve d’une «justesse médicale et psychiatrique qui n’a pas échappé aux plus grands esprits».
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Tags: Maux d'artistes, EPFL, Sebastien Dieguez, Claude Monet, Don Quichotte, Kafka, Michael Jackson,
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