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Mélanie Knüsel-Rietmann / Handelszeitung: Grübel-Villiger, un choix vraiment excellent.

Mis en ligne le 09.04.2009 à 06:00

Sergio Marchionne se réjouit: à ses yeux, les nominations de l’ancien conseiller fédéral et de l’ex-patron du Credit Suisse à la tête de l’UBS sont parfaites. Ces derniers représentent le meilleur mariage de «connaissances, d’expérience et d’intérêts».

Patron du groupe automobile Fiat et vice-président de l’UBS, Sergio Marchionne est un homme occupé. Les deux secteurs d’activité dans lesquels il est actif traversent des crises structurelles sans précédent. Un pari insensé? «Je ne sais pas si c’est fou, mais assurément c’est un peu inhabituel et inattendu, reconnaît l’homme d’affaires. Il y a deux ans, personne n’aurait imaginé cette situation. (...) Mais aujourd’hui, nous y sommes confrontés et c’est peu réjouissant.»

Un devoir. Concernant la première banque de Suisse, dont il est apparu durant la phase aiguë de la crise comme l’homme fort du conseil d’administration, Sergio Marchionne affiche un optimisme qui trouve sa source dans les nominations récentes d’Oswald Grübel et de Kaspar Villiger. A propos du premier: «il n’a pas seulement l’expérience, mais aussi la crédibilité pour ramener l’UBS sur le droit chemin.» Concernant le second (lire son réseau en page 66), Sergio Marchionne estime «qu’en ces temps troublés, intégrité et confiance sont des qualités essentielles pour une banque. C’est dans ce sens que Villiger a accepté sa nomination. Il les considère comme un devoir et un service à la nation et à l’UBS. (...) Ensemble, ces deux forces dirigeantes sont parfaitement complémentaires en termes de pouvoir, de connaissances, d’expériences et d’intérêt.» Et de préciser: «Il faut me croire: le conseil d’administration a pris le temps pour trouver les bonnes personnes. (...) Et le plus important est que les deux jouissent d’un soutien sans faille du conseil d’administration.»

Ce leadership, le géant bancaire en aura bien besoin dans une branche au futur incertain. Sergio Marchionne: «Le problème de la banque est d’être active dans un monde très peu régulé, dans lequel prévaut quasiment la loi de la jungle. Cela a donné des ailes à la créativité et nous a conduits à ce que nous vivons aujourd’hui. Mais s’énerver contre les banques n’apporte plus rien. Une régulation plus forte est nécessaire. Par contre, laisser partir en faillite un nouvel établissement pourrait mettre en danger l’ensemble du système. Il s’agit maintenant de le réparer.»

Malgré les malheurs des géants bancaires et automobiles, Sergio Marchionne estime qu’une grande taille n’est pas forcément un désavantage: «Je pense que la taille d’un groupe est un élément important, à condition de maintenir une certaine discipline. Le danger est que certaines activités, sans logique industrielle, peuvent détruire de la valeur et absorber de grandes capacités de management. (...) Mais je le répète: la taille, bien contrôlée, peut être un énorme avantage.»

Plan global. Bien que partagé entre les deux secteurs, le patron de Fiat semble approuver les Etats qui, comme l’Allemagne, mettent d’énormes quantités d’argent à disposition des banques, mais qui, par contre, refusent d’aider les constructeurs automobiles. «Je comprends que les employés ne peuvent suivre de telles décisions. Mais une non-intervention dans le secteur des banques aurait eu des conséquences désastreuses sur l’ensemble de l’économie mondiale. Nous sommes encore en train d’essayer de nous remettre de la débâcle de Lehman. (...) Concernant Opel, je suis persuadé qu’une solution sera trouvée. Mais Opel n’est qu’un élément d’une mosaïque: le groupe ne doit pas être sauvé seul. Les mesures doivent faire partie d’un plan bien plus large.»

Tous ou personne. Dans celui-ci, les constructeurs américains n’ont pas une place enviable. Lorsque la journaliste demande à Sergio Marchionne s’il fait sens que Fiat reprenne 35% du capital de Chrysler, sans participation à l’endettement, le patron répond: «35% de rien, ça ne vaut rien. Si je pouvais décider, je laisserais partir en faillite les trois grands constructeurs que sont GM, Ford et Chrysler. Soit on aide tous les constructeurs, soit on n’aide personne. Notre branche souffre de surcapacités chroniques, ainsi que d’une surrégulation. L’exemple le plus absurde, ce sont les prescriptions européennes en matière de réduction de CO2. Elles diminuent les émissions de 0,0015%, tout en chargeant, par année, notre industrie d’un montant de 45 milliards d’euros.» 

«Handelszeitung» n° 14, 1-7 avril 2009. «Interview. Unternehmen». Adaptation PO






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