Point final
Mes amis de Facebook
Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 09.06.2010 à 16:08
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Contrairement à des dizaines de milliers d’internautes, je n’ai pas déchiré mon livre de visage. Non pas par conviction. Sans doute par oubli. Entre nous, c’est presque plus grave. Je dois en effet avouer que mes amis de Facebook, pourtant infiniment moins nombreux que ceux de mon ami Darius de la TSR, je ne m’en soucie guère. Moi qui n’ai ni petite amie ni amitié particulière (suis-je vraiment normal, docteur?), je ne cherche même pas à entretenir mon amical réseau. Tout cela est bien triste. Car les amis, dans la vie, c’est important. Regardez la place que prennent dans la politique française tous ces amis de trente ans, devenus experts dans l’art de cultiver les peaux de banane ou de fabriquer des planches à savon. Regardez avec quelle émotion de sincérité Bernard Kouchner, ministre des Affaires qui lui sont parfois étrangères, parle de ses amis suisses et de ses amis libyens, placés au même niveau, pour ne froisser personne et ne pas faire de jaloux. Serais-je donc comme la Suisse qui, murmuret-on le cœur meurtri dans les chaumières, n’aurait plus d’amis? Et qui, elle aussi, ne s’en soucierait guère au plus haut niveau? Sinistre destin. Il y a sûrement un moyen de sortir de cette impasse. Peut-être devrais-je imaginer un nouveau mot. Non pas un faux ami comme on en trouve tant dans la langue anglaise. Perfide Albion! Un vrai mot, sincère, authentique. Avec lequel sans retenue et sans arrièrepensée je puisse enfin faire ami-ami.
SERAIS-JE DONC COMME LA SUISSE QUI N’AURAIT PLUS D’AMIS?
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