Michael Hermann: "Cinq partis au centre-droit, c'est trop"
ÉLECTIONS BERNOISES. La victoire du Parti bourgeois démocratique pose la question de la recomposition du centre-droit de l’échiquier politique suisse.
C’est presque un triomphe. Aux élections cantonales bernoises, le Parti bourgeois démocratique (PBD) de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a non seulement raflé 25 sièges au Grand Conseil en obtenant 16% des suffrages. Surtout, il a fait élire Beatrice Simon au gouvernement, ce qui constitue un exploit dans la mesure où l’UDC, dans une campagne sans cesse animée par Christoph Blocher et Ueli Maurer, a tout fait pour l’en empêcher.
Giflé dans la course au Conseil exécutif, l’UDC a bien résisté au Grand Conseil, ne perdant que trois sièges à la suite de son divorce d’avec le PBD. Il aura désormais 44 députés sur 160. Comme prévu, le succès du PBD a surtout décimé les rangs du Parti libéral-radical, qui perd un tiers de ses mandats et ne récolte plus que 10% des suffrages.
C’est désormais la cohue au centre- droit de l’échiquier politique bernois, où se bousculent cinq partis entre l’UDC et le bloc rosevert. «C’est trop», estime le politologue alémanique Michael Hermann (38 ans), directeur de l’Institut de recherche Sotomo à l’Université de Zurich. Ce dernier prône une recomposition du centre-droit pour que celui-ci gagne en visibilité.
Etes-vous surpris des résultats bernois?
Les tendances générales étaient attendues dans l’ensemble. Mais j’avoue que je suis surpris par la netteté des résultats.
Le PBD est le grand vainqueur de ces élections, mais son profil reste flou. Est-il plus proche de l’UDC ou du PLR?
L’analyse des votes de ses représentants aux Chambres fédérales montre que c’est de l’aile conservatrice du PDC qu’il est le plus proche. Sur le plan économique, le PBD n’est pas libéral comme l’est le PLR. Il se situe entre le centre et le pôle conservateur.
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