Michel Onfray: «Le freudisme est une immense hallucination collective»
Avec «Le crépuscule d’une idole», le philosophe veut mettre en pièces le père de la psychanalyse qu’il présente comme le fondateur d’une religion moderne. Entretien.
Amateurs de nuances, passez votre chemin: la «psychobiographie» que Michel Onfray consacre à Freud est un vrai chantier de démolition. La haute figure paternelle de la psychanalyse est ici mise en pièces, pulvérisée. Freud serait un émancipateur de pacotille. Un conservateur obscurantiste qu’on aurait faussement présenté comme un homme des Lumières. Un faussaire qui prétendait fonder une science, mais qui a inventé une nouvelle religion asservissante. Un penseur dont l’œuvre, en définitive, ne serait rien d’autre que la mise en forme de ses désirs, de ses fantasmes, de ses névroses personnelles. On notera que cette thèse n’est pas de première fraîcheur: «La prétendue analyse scientifique de l’homme que Freud croyait avoir entreprise est à peine plus qu’un essai autobiographique», écrivait déjà le psychologue britannique Hans J. Eysenck dans un ouvrage de 1985.
«Le crépuscule d’une idole» se présente comme une lecture nietzschéenne de Freud. Qu’entendez-vous par là?
Dans la préface au Gai savoir, Nietzsche nous dit qu’il n’y a pas de philosophie sans philosophe, et pas de philosophe sans l’autobiographie qui l’accompagne. J’essaie donc de montrer que la grande aventure psychanalytique a d’abord été une grande aventure autobiographique pour Freud. Je n’imaginais pas, en commençant de travailler sur lui, que je découvrirais ce que j’ai découvert: Freud et le freudisme me sont apparus comme une immense hallucination collective.
Vous avez été vous-même la victime de cette hallucination?
Oui, j’ai moi-même succombé à la légende freudienne, mais assez vaguement. J’avais étudié Freud quand j’étais élève en terminale, puis à l’université. Et je lui ai moi-même consacré des cours au lycée parce qu’il était inscrit au programme. Mais là, après avoir lu 6000 pages de Freud et autant sur Freud, j’ai découvert tout ce que cette œuvre contient comme approximations, mensonges et affabulations. J’ai donc travaillé comme je l’avais fait pour mon Traité d’athéologie. En déconstruisant les mythes et les fictions. En montrant où fonctionne la croyance plutôt que l’intelligence.
Tags: Sigmund Freud, Michel Onfray, psychanalyse, philosophie,
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| Réaction de Malaguarnera le 24.06.2010 à 18:16 | | J'annonce la parution aux éditions ILV-Edition de mon ouvrage en... J'annonce la parution aux éditions ILV-Edition de mon ouvrage en réponse à M. Onfray : Critique du Crépuscule d'une idole de M. Onfray. Voici la présentation de l'ouvrage :
Après quelques jours de la parution du Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne de M. Onfray, Serafino Malaguarnera (psychologue clinicien et psychanalyste, auteur de plusieurs écrits et ouvrages), a réagi avec deux vidéos où il a présenté une critique serrée de ce brûlot. Après quelques semaines, Serafino Malaguarnera nous propose un ouvrage (paru aux éditions ILV-Edition), conçu comme une partition en quatre mouvements, qui démantèle d’une manière plus articulée, systématique et serrée l’ouvrage de M. Onfray. Dans le prélude, l’auteur nous situe, avec un peu d’humour, le Crépuscule d’une idole sur un axe historique et critique sous forme allégorique. Dans le premier et deuxième temps, les points majeurs des critiques qui lui ont été avancés sont déployés avec précision. Dans le troisième temps, l’auteur nous offre un commentaire critique sous forme de dialogue, percutant, serré, facile à lire des thèses sur lesquelles est bâti le Crépuscule d’une idole et des quatre premiers chapitres. En évitant toute démarche ad hominem, Serafino Malaguarnera préfère empoigner les outils propres à l’argumentation : la logique et la dialectique.
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| Réaction de slimnature le 22.04.2010 à 11:07 | Il me semble que Onfray s'est octroyé une renommée de... Il me semble que Onfray s'est octroyé une renommée de philosophe, et maintenant quoi qu'il dise ou qu'il fasse, la presse s'intéresse à ce qu'il dit ou écrit. Lorsque je pense à Socrate qu'il n'avait rien écrit et à Onfray ce qu'il a écrit, pas de doute,il n'y a pas photo, comme dirait l'autre. Cependant lorsque je lis ce qu'il écrit Onfray, pas de doute, il ne ne cherche que des ennemis pour sa gloriole et peut être son pain quotidien, mais il n'a rien ajouté à la philosophie, vue comme outils de la qualité de vie. Concernant Freud, il serait temps, aussi, mais pas comme le fait Onfray, de le remettre au goût du jour, en recherchant réellement ce qu'il manque à sa théorie, pour qu'elle devienne réellement efficace, mais dans tous les cas, et la détruisant. slim | | |
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| Réaction de B.Jeanneret, Meyrin le 21.04.2010 à 21:52 | | Si l'on veut se grandir a bon compte, une methode... Si l'on veut se grandir a bon compte, une methode efficace consiste a s'inventer un ennemi prestigieux et a tenter de le detruire. Apres B.H. Levy (tentative comiquement ratee contre E.Kant), Michel Onfray contre Freud. L'Hebdo lui consacre huit pages, dont six preparent le terrain et deux pages d'interview. Pour un livre que le lecteur ne peut avoir lu (pas encore en librairie). Il faut donc juger sur interview et sur l'intervention de M.Onfray a Forum/RSR2 le 20 Avril. On decouvre un philosophe qui use d'une methodologie mediocre. Il tente de disqualifier la psychanalyse a s'attaquant a la personne de Freund (et en usant de vielles rumeurs inverifiables) et a son oeuvre, comme si depuis la mort de Freund en 1938 la discipline n'avait pas evolué, en volume et en profondeur. Il amalgame l'analyse a la sorcellerie et la considere comme une tromperie deliberee. Je pratique le divan depuis depuis quelques annees. Mon experience est totalement opposee a ce que lis ici. L'analyse est un outil existentiel incomparable. On ne peut trouver mieux pour percevoir le monde exterieur et soi-meme avec lucidite. Evidemment ceci implique d'y mettre un peu de modestie. C'est certainement trop demander a M. Onfray. Pourquoi l"hebdo se prete-t-il a cette nouvelle manoeuvre editoriale parisienne ? Pourquoi n'offrir que trois petits rectangles de 15 lignes a la defense.? Ne faudrait-il pas accorder une contre-interview a un professionnel ? Un sondage monterait peut-etre que Freud ne scandalise plus personne. | |  |
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