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Par Dominique Rosset - Mis en ligne le 31.10.2012 à 11:29 |
S’ il déplore, à peine, d’être «étiqueté» musique française alors qu’il a passé sa vie à aimer la musique, toutes les musiques, Michel Plasson affirme avant tout son bonheur – denrée dont il dit avoir «de plus en plus besoin»: bonheur de retrouver l’OSR dont il connaît et aime l’histoire, bonheur de s’impliquer dans une production qui le convainc et dont les répétitions se déroulent dans une atmosphère excellente. «Un opéra est une aventure complexe dont la qualité dépend de la conjonction de qualités individuelles tellement diverses! Ici, la distribution est extraordinaire et le metteur en scène britannique Patrick Kinmonth propose une transposition soignée, intelligente et poétique qui ne contrarie jamais la musique. La musique est une chose étrange qui n’existe que ressuscitée. On ne peut pas lui faire dire ce qu’elle ne peut ou ne veut pas…» «Le chemin de l’étoile.» Michel Plasson, qui frôle les 80 ans avec une dignité sereine et reconnaissante, mentionne volontiers «la fée» qui ne vient au rendezvous que lorsque chacun donne le meilleur de soi. Il parle avec une infinie douceur de son rôle d’«accoucheur» lorsqu’il est face à l’orchestre ou, plus encore, face aux chanteurs, de l’échange indispensable qu’il faut établir avec les musiciens pour parvenir à rejoindre, ensemble, «le chemin de l’étoile». Autant de formules imagées et rêveuses qui sonnent juste, intègres, tellement elles sont ancrées en cet homme qui a donné plus de trente ans de sa vie à Toulouse – bâtisseur de son orchestre, de son opéra – et a porté à bout de bras un répertoire plus délicat que les autres: «La musique française est fragile, elle dépend tellement des interprètes, de l’orchestre qui y est traité comme un ensemble de solistes. Elle a besoin de beaucoup de soin dans les couleurs, les dynamiques. Elle est la rencontre d’individualités, contrairement aux autres répertoires fondés sur une identité collective. J’ai dirigé l’Orchestre de Dresde pendant six ans, je dirige actuellement l’Orchestre national de Chine: j’ai très peu fait de musique française avec ces ensembles… Face à Samson et Dalila, Michel Plasson, berliozien convaincu, a le commentaire élogieux: «C’est une œuvre bien écrite, avec une véritable science de la polymélodie. Elle est parfaitement conçue pour la voix et correspond à des tessitures précises et claires, une rigueur que tous les compositeurs français n’ont pas!» Avant d’ajouter, en douceur: «Je suis un curieux personnage: j’ai passé ma vie à essayer de débusquer une personnalité sonore qui corresponde à mes rêves.» Espérons que l’OSR l’accompagnera, Saint-Saëns en éveil, sur un nouveau «chemin d’étoile». Genève, Grand Théâtre. Me 7, sa 10, ma 13, ve 16, lu 19, me 21, 19 h 30. Rens. 022 418 31 30 ou billetterie@geneveopera.ch. |









