Qui dit cliniques privées en Pays de Vaud, dit Michel Walther. Avec un diplôme de l’Ecole hôtelière – suivi d’un MBA à l’IMD –, il a passé plus de vingtcinq ans à la tête de La Source, après avoir affûté son stylo chez Nestlé, en Suisse et aux antipodes. L’enfant de Morges a aussi présidé durant quinze ans les cliniques privées vaudoises. S’il ne cultive pas tous les préceptes de santé que devrait suivre le dirigeant d’un tel établissement – fumeur invétéré, il adore la bonne chair qu’il ne saurait déguster sans une rasade de bon vin… – c’est un directeur de clinique qui se connaît peu d’ennemis déclarés. Y compris à la tête de la Santé publique vaudoise. Un accord a même été conclu cet hiver pour six mois pendant lesquels la clinique lausannoise a ouvert ses chambres (et ses lits…) pour désengorger le CHUV. La Source a aussi pour elle son statut de fondation, libre de réinvestir ses bénéfices dans l’amélioration et l’agrandissement des installations. Et soutenir l’école d’infirmières qui forme des Sourciennes depuis cent cinquante ans. Avec la bénédiction très protestante de la comtesse Valérie de Gasparin qui veille sur l’école laïque lausannoise qu’elle a créée en 1859. Avant elle, les infirmières étaient essentiellement des religieuses.
LA FAMILLE
ARLETTE WALTHER
Son épouse depuis trente ans est directrice de programme à l’Ecole hôtelière: «Arlette a la même formation, on s’est rencontré au Canada, marié en Australie et on a deux enfants, Sibylle, 28 ans, et Philippe, 23 ans. Nous partageons tout, nous avons le même amour pour les gens qui nous entourent, et surtout les mêmes objectifs de vie.»
JACQUES WALTHER
«Mon frère, 59 ans, l’artiste de la famille, le peintre, une entente parfaite entre nous tout en étant très différents. Comme petitneveu du peintre Rodolphe Théophile Bosshard, il a de qui tenir.»
GEORGES CAILLE
Le mari de sa sœur Renée est le président du Festival de la Cité à Lausanne: «Sous sa carapace de manager impassible, Michel est un homme beaucoup plus sensible qu’on ne le perçoit. Festif, il aime l’excès mais en assure toujours le contrôle. Il sait cultiver de très fortes amitiés. Dans le cercle familial, il reste le grand frère attentif au destin de chacun. Ce qui nous attendrit le plus, c’est son côté papapoule.»
LES AMIS POLITIQUES
CLAUDE RUEY
Le président de Santésuisse (groupement des caisses maladie, ndlr) empruntait le même train pour aller au gymnase à Lausanne: «Lui de Nyon et moi de Morges, précise le directeur de La Source. J’ai suivi toute sa carrière politique, notamment quand il était conseiller d’Etat vaudois en charge de la Santé. Nous siégions alors ensemble au Conseil de santé et nous partageons les mêmes visions politiques.»
CHARLES FAVRE
Le conseiller national vaudois et président de H+ Les hôpitaux de Suisse apprécie ses qualités de patron libéral dans le sens noble du terme: «Il dégage une belle image de ce que doit être le patron d’un établissement de santé, privé ou public, dirigé selon des principes entrepreneuriaux. Il le montre avec son personnel à qui il sait témoigner sa reconnaissance en organisant des festivités dont il a le secret.»
LE CHEF
ÉRIC GODOT
«J’ai la chance d’avoir un patron humain et visionnaire qui me laisse beaucoup de liberté et qui aime visiblement les challenges», confie le maître-queux français de la seule clinique à offrir une table d’hôte à l’image des grands restaurants. On y mange gastro à moins de 100 francs les mercredis et vendredis midi et il faut réserver des semaines à l’avance.
LE MODÈLE
WILLY MAQUELIN, 84 ANS
«J’ai appris à le connaître à mes débuts à La Source quand il était directeur de Bois-Cerf. J’y avais fait un stage pour découvrir tous les aspects du métier. Il me semble que c’était une époque plus facile, sans Tarmed et sans LAMal. Il a fait beaucoup pour la formation, notamment en créant celle de technicien en salle d’opération.»
LE CERCLE DES AMIS
GEORGES-HENRI MEYLAN
L’ancien patron d’Audemars Piguet loue les qualités d’homme de contact qui a su développer un important réseau. Le président du conseil de fondation de La Source est un ami depuis vingt-cinq ans: «La clinique lui doit beaucoup. Grâce à ses qualités de gestionnaire, elle a connu un magnifique développement. Le tout frais sexagénaire qu’il est a même songé aux jeunes couples en offrant aux parturientes de la maternité un… abonnement au club MAD! Et il se défoule chaque hiver sur son surf à Crans-Montana.»
CHRISTOPHE VOEFFRAY
Le patron de Velcom SA, une agence de placement, voit en lui «deux personnes qui se côtoient de façon harmonieuse: le directeur général de La Source, homme visionnaire, compétent, professionnel et fédérateur, empreint de retenue et d’empathie pour son personnel et ses patients. L’autre, l’ami fidèle, sensible, généreux, amoureux de la vie qui le lui rend bien. Ces deux personnalités conjuguées en font un homme sérieux qui ne se prend pas au sérieux.»
DONALD MARÉCHAUX
«Michel est mieux qu’un frère: on s’est choisi et notre complicité est sans limite, explique le courtier en assurance. Son esprit est toujours en ébullition et ses idées sont souvent trop en avance pour son temps, il me fait penser à Talleyrand, avec un zeste de Machiavel, une touche de Napoléon et une pointe de Cagliostro.»
SYLVIE PATRELLE
«Il déteste la solitude, il est exigeant, intraitable, fiable et solide et d’une générosité à toute épreuve, assure celle qui tient, avec son mari Laurent, l’Hôtel Tor à Genève. Même s’il est parfois tatillon, c’est un visionnaire assoiffé de nouveautés. Il gère sa clinique en mathématicien financier, mais comme un hôtel, car il sait donner du bien-être en plus de la qualité des soins. Il est ouvert et profondément avant-gardiste sous ses abords rigides. Il ne juge jamais les autres et n’en dit point de mal. C’est un amoureux de la vie.»
LES GARDE-FOUS
LES CAISSES MALADIE
Elles sont les partenaires incontournables des cliniques privées: «Nous signons avec les assureurs des conventions d’hospitalisation qui donnent lieu régulièrement à d’âpres négociations. De part et d’autre, on ne se fait pas de cadeaux», concède Michel Walther.
LES CONCURRENTS
RAYMOND LORETAN
«Bien que concurrents, nous partageons les mêmes objectifs dans la politique de la santé et travaillons conjointement à les réaliser. Et nous buvons volontiers un verre ensemble en toute convivialité», assure le président de Genolier Swiss Medical Network, qui comprend notamment l’établissement de Montchoisi à Lausanne.
PHILIPPE CASSEGRAIN
Le directeur de la Clinique Générale-Beaulieu à Genève admire le collègue: «Il rejoint ma façon de voir les choses en termes de management et de relations humaines. En plus de ses qualités humaines, il défend des valeurs de tradition, de qualité, de service et d’honnêteté qui l’ont vraisemblablement conduit au succès que l’on connaît.»
PIERRE-FRÉDÉRIC GUEX
«Nous venons les deux de l’Ecole hôtelière, mais la concurrence n’empêche pas le respect mutuel et la défense des intérêts du privé face à l’Etat et au secteur public», confie le directeur de la clinique Cecil (du groupe Hirslanden), son principal concurrent sur la place de Lausanne et son successeur à la tête des cliniques privées.
DANIEL SALZMANN
Pour Michel Walther, cet investisseur dans le domaine de la santé est un «grand financier» et aussi «un philanthrope qui a fait beaucoup pour le développement de Crans-Montana, notamment en présidant le Caprices Festival».
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