Micro-finances à succès
Par Camille Chardon - Mis en ligne le 19.08.2010 à 12:43
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« L’argent, c’est le diable ! », s’exclame Edmond, 27 ans. Ce père de famille, coiffeur de profession qui travaille à son compte, avoue ne pas réussir à gérer ses finances: « C’est difficile d’économiser pour payer les factures d’eau, d’électricité et le loyer à la fin du mois.» Etant donné qu’il ne touche pas de salaire mensuel, il a fallu qu’il trouve une solution pour remédier à ses problèmes. N’étant pas le seul à éprouver ce type de difficultés, les micro-finances, appelées communément tontines, ont beaucoup de succès au Cameroun. Jacqueline est collectrice pour la tontine Wosalco depuis 3 mois. Chaque jour, sauf le dimanche, elle parcoure plusieurs quartiers au sud de Yaoundé, à la recherche de recettes et de nouveaux clients. Le principe est simple : elle tient un carnet de compte comportant le nom des adhérents et la somme versée quotidiennement à la tontine. Jacqueline fait donc du porte à porte pour que les clients lui pourvoient le montant convenu. « Nous collaborons avec les débrouillards, ceux qui vivent au jour le jour et qui doivent prendre le soin d’économiser,» explique-t-elle. Un minimum est demandé pour participer à une micro-finance, il est de 1.- CH par jour. « Et à la fin du mois, je retourne la somme épargnée à leurs propriétaires en les imposant modestement pour le travail effectué », explique-t-elle. La taxe équivaut à 1.- CH par client, dont 50 centimes reviendront à elle et 50 à la société Wosalco. Edmond souligne que « les tontines ont beaucoup de succès car elles sont contrôlées par le ministères des finances, ce qui les rend fiables.» Quant à Jacqueline, elle touche certes un salaire mensuel mais il dépend aussi de son travail au quotidien. « Cette situation n’est pas stable», estime-t-elle. Avant de devenir collectrice, Jacqueline était domestique et gagnait 110.- CH par mois, presque le double de ce qu’elle touche aujourd'hui. Mais comme elle qui vient de débuter cette activité, Jacqueline demeure motivée : « mon salaire dépend du nombre de clients que je peux trouver, il est donc possible qu’à l’avenir je puisse gagner d’avantage.»
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