En minijupe, souvent, ou en robe longue, plus rarement, elles étaient croquignolettes toutes ces jeunes filles la semaine passée à Palexpo. Mais pourquoi, diable, s’étaient-elles entourées d’un si grand nombre de véhicules? Il fallait les voir, le plumeau coloré à la main, astiquer leurs rutilants compagnons de tôle, Dianes chasseresses des nanoparticules qui auraient échappé à mes pauvres poumons. Elles frottaient malicieusement leurs conjoints jusque dans les parties les plus intimes de leur carrosserie. Condamnés à l’immobilisme absolu, ces partenaires sur quatre roues avaient bien de la peine à masquer leur pot d’échappement en perpétuelle érection d’où jamais rien ne jaillissait. Triste destin. Certains d’entre eux avaient même été privés de leurs attributs, sous prétexte d’être plus électriques, plus écologiques. Quelle honte, une si douloureuse castration! De temps à autre, ces pauvres cylindrées lançaient des clignements de phares, comme des appels désespérés de paralytiques cherchant à communiquer. Il arrivait que la jeune fille pénétrât à l’intérieur du bolide. Réagissant à cet acte plutôt contre nature, des dizaines de flashs crépitaient, dans une immense et éphémère lumière orgasmique. Un spectacle impressionnant. En sortant de cette pâle expo, j’éprouvai un étrange sentiment mêlé de frustration et d’excitation. Pensant à Aragon, je me demandais si vraiment la femme était l’avenir de la voiture.
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