Mogwai - Hardcore Will Never Die, But You Will
Post-rock potache On fait des bonnes blagues chez Mogwai. Mais cette année, on essaie de faire de la bonne musique aussi. Mogwai - Rano Pano Soyons clair: sauf surprise, Mogwai devrait prendre place tout en haut du podium 2011, dans la catégorie meilleur titre d'album de l'année. C'est bien. Sauf que c'est un peu une mauvaise habitude. Les Ecossais sont les rois des titres potaches - de I'm Jim Morrisson, I'm Dead à I Love You, I'm Going To Blow Up Your School - mais peinent à être aussi bons quand il s'agit de musique, alignant les albums corrects, mais peut mieux faire, depuis l'extraordinaire succession Young Team, Come On Die Young, Rock Action (et quelques EP entre deux).A la première écoute, on serait tenté de se dire que Hardcore Will Never Die, But You Will (digne des Beastie Boys ce titre) ne changera rien à l'affaire. La faute à un morceau inaugural maîtrisé mais déjà entendu 100 fois (White Noise), ainsi qu'à quelques écarts malvenus - mais presque habituels - du vocoder de Mexican Grand Prix et George Square Thatcher Death Party au galop rock un brin putassier de San Pedro. De là à se dire que ce huitième album est bon pour les cartons, il n'y a qu'un pas. Sauf que...Sauf que pour le reste, ce Mogwai cuvée 2011 est plutôt sacrément bon. Et concilie à la perfection rage originelle et écriture plus délicate. Premier morceau de bravoure du disque, Rano Pano empile les couches de guitares avec un stakhanovisme rare, idéal pour déclencher un hochement de tête pavlovien chez l'auditeur. Un peu plus loin, Letters To The Metro renoue avec le magnétisme hypnotique de Come On Die Young, avant que Too Raging To Cheers ne réactive les machines entendues sur Rock Action (et invite le violon de Luke Sutherland, peu entendu depuis Xmas Steps).Ajoutez qu'au milieu de tout ça Death Rays et How To Be A Werewolf jouent d'un clacissisme post-rock plus qu'agréable et que White Noise et San Pedro s'écoutent plutôt bien finalement, vous obtenez un bon album, voire mieux. Et ce mieux, c'est l'ultime piste qui l'impose. Démarrant dans le calme, You're Not Lionel Richie va chercher la fureur comme Like Herod en son temps, au plus profond, la basse qui taquine le silence avant le crachat des amplis. Et lorsque les dernières saturations s'éteignent, on a le réflexe de relancer l'album. Et de l'évaluer un peu plus haut encore.Mogwai Hardcore Will Never Die, But You Will Rock Action/PIAS/Musikvertriebwww.mogwai.co.uk www.myspace.com/mogwai
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