En ne consommant que 4 litres aux 100 km le long des 3000 kilomètres reliant Barcelone à La Haye, deux instructeurs du TCS viennent de conquérir le titre de champion dans une discipline d’avenir: la conduite économique. Le 19 septembre dernier, à bord d’une Audi A3 1.9 TDI, Clemens Stalder et Iwan Isenschmid ont remporté l’Eco Tour d’Europe de la catégorie «petites familiales diesel». Grâce à un style de conduite adapté, les deux professionnels ont pu réduire de près d’un tiers la consommation indiquée par le fabricant. Epatant! «Et nous n’avons pas traîné», a précisé Clemens Stalder. Car un retard à l’arrivée pouvait coûter une place sur le podium. Performance. «L’équipage suisse a parfaitement mis en pratique les techniques de la conduite économique, observe Stéphane Riesen, chef instructeur au TCS. Pour l’essentiel, il s’agit de ne pas tirer trop haut dans les tours et se souvenir que les petits rapports sont très gourmands. On démarre en première vitesse; ensuite, il faut passer rapidement les rapports supérieurs, jusqu’au rapport le plus élevé possible, y compris en ville ou sur des routes cantonales. De cette manière, à basse vitesse, la voiture avance presque toute seule grâce à son inertie. L’absence de frein moteur fait qu’on peut relâcher l’accélérateur. Comme sur les véhicules modernes, l’alimentation est automatiquement coupée quand l’accélérateur n’est pas actionné, c’est déjà ça de gagné.»
Mais il est possible de faire beaucoup mieux en gardant à l’esprit le maître-mot de la conduite économique: anticipation. «Il faut regarder loin et laisser de l’espace avec le véhicule qui précède. Dans la mesure du possible, éviter les rétrogradages et les à-coups inutiles. Se souvenir aussi que relancer le véhicule depuis l’arrêt coûte extrêmement cher en énergie.» Qu’en est-il des véhicules équipés de boîtes automatiques? «La philosophie ne change pas. On recommande simplement de bloquer la boîte sur un rapport élevé.»
Hormis la conduite proprement dite, d’autres paramètres influent nettement sur la consommation. C’est le cas de l’aérodynamique du véhicule ou de la pression des pneus. «Un coffre sur le toit augmente la consommation sur l’autoroute de 15%. Avec des pneus sous-gonflés, il faut compter 5% de plus, et pourtant, les trois quarts des automobilistes suisses roulent ainsi…»
Lors de cours pratiques baptisés Eco-Drive, les conducteurs sont amenés à effectuer un trajet varié (ville, campagne, autoroute) sans rien changer à leurs habitudes, puis à le refaire en appliquant les consignes de la conduite économique. «Pour un groupe, l’économie moyenne lors du second trajet s’élève à 15%. Les gens sont très surpris de constater qu’ils ne vont pas moins vite la deuxième fois.»
Moins de stress. Plus respectueuse de l’environnement, cette manière douce de conduire génère aussi moins de stress sur la route, avec un impact positif en termes de sécurité. Stéphane Riesen livre la statistique suivante, plutôt impressionnante: «Depuis que les postiers de Lyon ont suivi une formation de conduite économique, le nombre d’accidents de la route où ils sont fautifs a chuté de 70%.» L’instructeur précise: «Le fait de rouler en ville avec un long rapport de boîte, et donc de s’affranchir du frein moteur, permet d’avoir le pied droit déjà prêt sur le frein dans les situations à risque (enfants sur le bord de la route, cyclistes, etc.).» En Suisse, de plus en plus d’entreprises envoient leurs employés se former au TCS. C’est notamment le cas de la Ville de Genève.
Et le plaisir de conduire dans tout ça? «Il procède d’une autre philosophie, celle d’une conduite détendue. Certes, il n’est pas si évident de modifier ses habitudes, mais les gens se rendent vite compte des avantages d’une telle approche. A titre privé, je ne roule plus que de cette façon. Résultat: je suis plus relax et j’économise jusqu’à 25% de carburant.»
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