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Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 13.06.2012 à 12:38 |
Un groupe qui plaira autant aux fans de Radiohead qu’à ceux de Dominique A. C’est en ces termes qu’un magazine «branchouille» parisien a présenté Monogrenade, quartette montréalais qui vient de sortir son premier album, Tantale. La comparaison est flatteuse. Mais elle est aussi réductrice. Est-ce à dire que ceux qui restent insensibles aux circonvolutions électro- pop de la bande à Thom Yorke ou à la poésie douceamère du Nantais ne goûteront guère à la musique de Monogrenade? Heureusement non. Car les Canadiens réussissent un tour de force assez rare en cette période de crise, où les maisons de disques préfèrent la copie d’une formule qui marche à l’originalité, la prise de risque zéro à l’audace: ils ne ressemblent à rien de connu. Se plonger dans leur univers, c’est être aspiré par un tourbillon qui vous recrache une quarantaine de minutes plus tard groggy et béat. Cela faisait longtemps – en exagérant un brin, disons depuis le renversant Oracular Spectacular de MGMT en 2007 – qu’on n’avait plus eu l’impression de découvrir un groupe inventant un son nouveau. Montréal, capitale pop. L’histoire de Monogrenade démarre dans cette métropole québécoise qui, depuis une dizaine d’années, a vu émerger tant de groupes formidables comme Arcade Fire bien sûr, mais aussi Broken Social Scene, The Dears, A Silver Mt. Zion ou encore Wolf Parade. Depuis le début du nouveau millénaire, c’est ainsi à Montréal que ça se passe, une évidence que Monogrenade entérine en dégoupillant donc un album d’une somptueuse évidence. A l’origine était Jean-Michel Pigeon. Auteur-interprète, il façonne en solitaire de délicates pop songs qu’il se décide un beau jour de 2008 à partager avec la planète, pour reprendre les mots de la bio officielle du groupe. Débarquent alors Marianne Houle, Mathieu Colette et François Lessard, compétents lieutenants qui se mettent au service du songwriter pour enregistrer un premier EP, La saveur des fruits, qui en 2009 reçoit sur ses terres un excellent accueil critique. «C’est comme ça qu’on fait de la pop moderne en 2009», s’enthousiasme alors le magazine Nightlife. En 2012 aussi. Antidépresseur. Tantale a été enregistré loin des tumultes urbains, dans une maison perdue au milieu de la forêt. Un isolement qui a permis au groupe d’élaborer ses chansons sans pression aucune, de travailler à son rythme un matériau de base pop-folk auquel un vernis électro apporte une belle profondeur. Les mélodies de Monogrenade sont d’une grande simplicité. Mais pas leurs arrangements. Derrière chaque ritournelle, il y a une idée. Ici une guitare doucement funky, là une nappe de synthé ou un tapis de cordes. Mais il y a aussi quelques plages acoustiques, des mélodies dans leur plus simple appareil. Et il y a encore une belle utilisation du français, qui a rarement été autant musical – les textes n’ont que peu d’importance, mieux vaut se laisser bercer par la voix aérienne de Pigeon. Enfin, il y a ce titre qu’on va fredonner tout l’été: De toute façon, imparable pépite pop à prescrire de toute urgence comme antidépresseur. «Tantale». Bonsound Records/Disques Office. |









