Hommage
Monsieur Entrepreneurship s’est éteint
L’industriel et mécène Branco Weiss a consacré une bonne partie de sa fortune à soutenir les innovateurs et les hautes écoles.
Un œil à la fois gourmand et malicieux, exercé à repérer les idées et les personnalités hors du commun: créateur de la société Kontron, vendue au géant Roche, Branco Weiss s’était surtout distingué ces trente dernières années comme un promoteur infatigable de l’esprit d’entreprise. Il est décédé à Zurich, à l’âge de 81 ans.
Une date? 1984, la création du prix de l’Entrepreneur qui porte son nom. Un premier lauréat, le Combier Georges Rochat, patron de Valtronic, pour la conversion spectaculaire de l’entreprise horlogère familiale à l’électronique.
Un partenariat avec L’Hebdo et le magazine alémanique Bilanz, qui ont raconté ces femmes et ces hommes capables de renouveler un tissu industriel helvétique en piètre état.
Parmi les créateurs d’entreprises distingués, on retrouve, en 1988, Daniel Borel, alors que Logitech s’impose comme l’un des leaders mondiaux des périphériques d’ordinateurs.
Mais aussi, en 1992, le Genevois Jean-Daniel Schlaepfer, propriétaire du domaine des Balisiers, qui innove dans un secteur considéré comme tout à fait low tech: la viticulture.
L’esprit d’entreprise peut-il s’enseigner à l’université? C’était la conviction de Branco Weiss qui créé avec les Ecoles polytechniques les deux premières chaires d’entrepreneurship. A Lausanne, Jane Royston, elle-même fondatrice d’une société informatique, occupe le poste dès 1999.
Deux gestes plus récents: ce don de 23 millions consacré à la construction de la «Science City» de l’EPFZ et le financement d’un Institut d’études juives à l’Université de Bâle.
Né en Croatie, fuyant, en 1943, son pays alors aux mains des fascistes, ce mécène faisait partie de ces Suisses naturalisés habités par l’idée de rendre au centuple ce qu’ils ont reçu de leur pays d’adoption.
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