Convaincue que la reprise naîtra dans les pays émergents, la banque HSBC vient de s’allier à Markit – qui produit les indices PMI (Purchasing Manager’s Index) fondés sur les attentes des directeurs d’achat – pour créer un nouvel indicateur des marchés émergents. De fait, l’indice EMI – publié pour la première fois – signale un rebond dans les pays émergents au 3e trimestre de cette année: sa valeur est passée de 50,7 au 2e trimestre à 55,3. Comme pour tous les indices PMI, «un résultat audessous de 50 indique un ralentissement de la production et, à l’inverse, un chiffre au-dessus de 50 marque une tendance à la croissance», précise Agnès Arlandis, responsable de la stratégie sur les marchés émergents de HSBC Private Bank (Suisse) à Genève.
Dérivé des enquêtes nationales menées par Markit pour construire les PMI de pays émergents publiés chaque mois, l’EMI est un indice composite pondéré selon le poids des PIB des 13 pays retenus pour son calcul. Soit: République tchèque, Israël, Mexique, Pologne, Singapour, Afrique du Sud, Corée du Sud, Taïwan, Turquie, Brésil, Russie, Inde et Chine. L’optimisme des 5000 directeurs d’achat sondés dans les secteurs manufacturiers et des services de ces pays est marqué par rapport au dernier trimestre 2008. Si l’indice avait existé à la fin de l’an dernier, il aurait affiché un maigre 43,8. Le rapport économique, publié par la banque, signale par ailleurs que, au 3e trimestre, la production des pays émergents était à son plus haut niveau depuis un an et que les effectifs avaient augmenté pour la première fois depuis douze mois.
Croissance de 5,3% en 2010.
Et le potentiel de progression est important: «Nous prévoyons une croissance de 1,1% dans ces régions cette année, contre un recul de la production de 3,4% dans le monde développé», indique Agnès Arlandis. Pour 2010, les perspectives restent très solides avec «une prévision de croissance économique de 5,3%, en regard des 1,2% attendus dans les pays développés», précise encore la responsable de la stratégie dans ces pays pour HSBC Private Bank.
Rendements intéressants.
Les investisseurs seraient bien inspirés de ne pas bouder une exposition aux pays émergents, en devises, obligations ou actions. «Nous étions positifs en début d’année sur la dette libellée en dollars des émergents qui servait du 12%. Elle offre du 7% aujourd’hui et le marché obligataire de ces pays est encore porteur», indique Agnès Arlandis. Les actions bénéficient pour l’heure des mouvements de capitaux vers ces pays, alimentés par les faibles taux d’intérêt servis sur le dollar. En outre, les monnaies ont fortement rebondi ces derniers mois: «Le réal brésilien a gagné 42% face au dollar depuis le début de l’année et le zloty polonais a progressé de 26% depuis la mi-février», rappelle Agnès Arlandis. Sa banque affiche d’ailleurs «un avis positif sur les monnaies des pays émergents depuis deux semaines».
HSBC PRIVATE BANK A UN AVIS POSITIF SUR LES MONNAIES DES PAYS ÉMERGENTSAgnès Arlandis, responsable de la stratégie pour les pays émergents
«Un dollar fort nous importe beaucoup. C’est important pour l’économie mondiale dans son ensemble.»Jean-Claude Trichet, président de la BCE
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