Musique romande: 1000 emplois et un avenir à inventer
Malgré la chute du marché du disque, le secteur des musiques actuelles se porte bien en Suisse romande, notamment grâce au «live». Et pourrait se révéler un vecteur d’emplois intéressant, s’il poursuit sa professionnalisation.
La scène musicale suisse a le vent en poupe. Pas une saison sans un nouveau disque événement, de Stress à Solange la frange, ni un festival sans une partie de sa programmation dévolue aux artistes locaux. Hier relégués au camping du Paléo, les musiciens suisses y ont désormais leur scène dédiée, le Détour. Mieux, le Montreux Jazz Festival ouvre cette année ses prélocations avec le concert attendu – et exclusif en Suisse romande – de la Zurichoise Sophie Hunger. Sans parler du Festival Label suisse et sa programmation 100% helvétique, devenu en trois éditions un rendez-vous immanquable.
Un engouement qui tranche avec le lancinant marasme de l’industrie musicale. Au niveau mondial, la Fédération internationale des producteurs phonographiques (IFPI) vient d’annoncer une dixième baisse consécutive du marché du disque en 2009, reculant de 12% par rapport à 2008, pour atteindre un chiffre d’affaires de 16,7 milliards de francs. Soit près de 30% de moins qu’en 2004.
Et la Suisse n’échappe pas à cette chute inexorable, avec une contraction de 46,5% en dix ans. Pour 2009, le chiffre d’affaires provenant de la vente de disques atteint ainsi 148 millions de francs, soit 15 millions de moins qu’en 2008. Une énième baisse que ne parvient toujours pas à combler la vente de musique en ligne, malgré une hausse significative de près de 50% (23,2 millions de francs en 2009, contre 15,5 en 2008).
Un secteur en mutation. Comment expliquer ce décalage entre une scène suisse plus médiatisée que jamais et un marché toujours plus sinistré? Un chiffre permet de mieux comprendre le phénomène. En cinq ans, l’industrie des concerts en Suisse a vu son chiffre d’affaires brut augmenter de 33%, selon les résultats communiqués par l’Association des producteurs musicaux suisses (ASMP). Même s’ils achètent moins de disques que par le passé, les Suisses sont toujours friands de musique. Selon un rapport de l’Office fédéral de la culture (OFC) publié en 2008, 41% de la population écoute chaque jour de la musique en privé. Et seules 14% des personnes interrogées n’en écoutent jamais.
| Andres Andrekson (Stress) | | |
Tags: Musique romande, emplois, professionnalisation,
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