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My Heart Belongs To Cecilia Winter - Our Love Will Cut Through Everything

Par Christophe Schenk - Mis en ligne le 15.02.2010 à 06:57


Le génie des âlpages On l'attendait, le voici: le Messie rock local ou presque. Avec leur premier album, les Alémaniques My Heart Belongs To Cecilia Winter s'imposent comme la meilleure surprise du rock suisse depuis un bail.

My Heat Belongs To Cecilia Winter - When The Devil Speaks My Name

Qu'on s'entende bien: j'apprécie la scène musicale suisse. Mieux, je l'aime. Les deux compilations disponibles ici par le passé et celle sortie dans L'Hebdo l'année dernière en sont la preuve. Reste que malgré un bon réservoir post-rock (en tête Honey For Petzi et Evpatoria Report), des électroniciens malins (Consor, Kalabrese ou encore Oy, dont je vous parlerai bientôt), des songwriters délicats (Raphelson, Fauve, Sophie Hunger) ou encore quelques OVNI (Hemlock Smith & Les poissons autistes), la division pop-rock me laissait sur sa faim.

D'où mon enthousiasme en découvrant les premières démos de Josef of the Fountain l'année dernière. Et mon immense enthousiasme aujourd'hui à l'écoute du premier album des Zurichois My Heart Belongs To Cecilia Winter, dans les bacs cette fin de semaine. Pour peu, j'aurais envie de dire qu'un grand groupe nous est né. Mais la formule risquerait d'étouffer les qualités de Our Love Will Cut Through Everything, beau recueil de chansons et beau disque sur la longueur aussi.

En 13 titres, le groupe zurichois parvient à séduire et à étonner, variant les directions sans perdre le cap ni le fil. Ainsi, même si l'album débute avec la dream-pop brumeuse de Eighteen et s'achève sur la ballade lo-fi acoustique I Made A Tape, une cohérence étrange relie ces deux chansons, pleine d'une nostalgie adolescente aussi touchante que fragile.

Entre ces deux extrêmes, My Heart Belongs To Cecilia Winter joue d'un spectre large, convoquant aussi bien Jesus and Mary Chain qu'Arcade Fire, Sigur Rós ou Joy Division. Outro naturelle de Eighteen, My Heart My Heart évoque un pendant musicale à l'innocence magnifiée de Virgin Suicides. Mais Skeleton Bride et Never Ever Mountain fendent ce brouillard, instaurant des tempi plus enlevés, frénétiques, portés par une basse ronflante et des riffs tranchants, évoquant le Manchester de Ian Curtis et des premiers New Order. Plus loin encore, Lights Out et Guide Me To The Starts s'affichent en voisins des fulgurances de Funeral, partageant un même souffle épique tandis que les voix de Thom Luz et Betty Fischer rappellent les dialogues entre Win Buttler et Regine Chassagne.

Reste que My Heart Belongs To Cecilia Winter fait souvent mieux qu'évoquer, évite les récifs de l'imitation, à quelques exceptions près, malaxant dans un même élan mélancolie glacée et chevauchées héroïques, sursauts post-punk et incises en suspension. Meilleur exemple, le brûlant When The Devil Speaks My Name, démarrant dans une contemplation électrique, entamant une montée graduelle avant de déboucher sur un galop rock primitif. Le tout sans se faire piéger par l'artifice, mû par un souffle qui confère à l'ensemble une fulgurance fascinante. Et offre à la Suisse son premier grand disque des années 10.

My Heart Belongs To Cecilia Winter
Our Love Will Cut Through Everything
Chop Records

www.myheartbelongstoceciliawinter.ch
www.myspace.com/ceciliawinter




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