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n A six voix debout

Mis en ligne le 11.07.2002 à 00:00

L'Hebdo; 2002-07-11

festivals n A six voix debout

Six corps, six voix et le tour est joué. Dans la lignée des King's Singers et autres ensembles vocaux virtuoses, les Singphoniker - symphonistes de la voix - traversent la musique de plusieurs siècles à mains nues. D'où la fascination qu'ils exercent. Face à eux, les auditeurs sentent les vibrations, les audaces, les tours de passe-passe et d'émotions d'un instrument, la voix, qui est aussi le leur. Dans l'esprit du genre, les Allemands vont chanter des pièces de Schubert, Rossini, Poulenc, Milhaud, Kodaly, Orff, mais également des gospels et spirituals. Enfin, ils donnent en création un cycle de sept chants composé par un des compositeurs suisses les plus originaux, Jürg Wyttenbach. Dans ses pièces, qu'elles soient pour instruments ou voix, l'aspect visuel prend une large place. Le musicien joue avec les corps et toute une gamme d'attitudes gestuelles et dramatiques qui s'imbriquent dans les sons et les rendent aussitôt très parlants et accessibles. Aussi proche de la musique planante d'un Scelsi que de l'énergie rythmique d'un Stravinski, Jürg Wyttenbach offre du théâtre musical à incarner, à la portée du sextuor virtuose. D. R.

« Fribourg. Eglise du Collège Saint-Michel. Sa 13, 20 h 30. Rens. 0848 800 800. En direct sur Espace 2.

n My Body Electric §§

Pierre-Yves Borgeaud et Pierre Audétat sont deux Lausannois qui se sont rencontrés en 1989 au sein du quartet Urgent Feel. Depuis, ils ont poursuivi leur carrière, l'un dans la vidéo, l'autre dans le jazz. Pour leur troisième production commune, «My Body Electric», ils revisitent une nouvelle fois les principes surréalistes et poétiques en assemblant des matériaux audiovisuels divers, dont des images en direct des concerts du Festival. Un laboratoire sensoriel passionnant. I. F.

« Montreux Jazz Festival. Di 14, Miles Davis Hall. TicketCorner, Fnac.

n Matthew Herbert §§§ Big Band

Montreux le connaît déjà pour sa propension à détruire sur scène le matériel sonore utilisé lors de ses fulgurants sets d'explorateur de la musique électronique. Mais depuis son superbe album «Bodily Functions» l'an passé, on connaît aussi mieux le goût de l'Anglais Matthew Herbert alias Dr Rockit pour les arrangements et les mélodies de la note bleue. Gageons cependant que son big band ne devrait pas sonner comme une vieille machine à swing. T. S.

« Montreux. Jazzfestival. Ve 12, dès 21 h. Avec aussi Gilles Peterson, Gotan Project. Ticket Corner.

scènes n Voyage en Pamukalie §§

Comment, vous n'êtes jamais allé en Pamukalie? Son désert, ses yourtes, ses chasseurs de cigognes... Pays mystérieux et fantasmagorique, cousin de la Syrie, de l'Albanie ou de la Turquie - n'y a-t-il pas là-bas un Pamukale qui signifie «château de coton»? - né dans l'esprit ludique de l'écrivain Eugène, la Pamukalie se transforme en réalité le temps d'un spectacle ébouriffant, chaleureux et plein d'humour signé Christian Denisart. Le chanteur, ex-leader du groupe Sakaryn, auteur d'un «Tic Tac» en solo l'an passé, s'entoure du Buluroç Quintüüt, très proche parent du Boulouris Quintette, pour un son et lumière moyen-orienta-lisant mêlant diapositives, musique et vidéo pour accompagner le récit d'un conférencier revenu fasciné de cette contrée encore préservée du tourisme de masse. Après une semaine de Carnets de route sur RSR La Première et avant le «Guide de la Pamukalie 2002-2003» signé Eugène (à paraître), ce rêve enchanté signe les noces baroques des ethnologues et des artistes fous.

I. F.

Festival de la Cité, Lausanne. Jusqu'au sa 13, 22 h, Esplanade de la Cathédrale. Gratuit.

n Boney M §

Ils sont annoncés «live on stage». On se les imagine très maquillés et passablement faisandés, qui s'excagassent avec des micros sans fil alors que la musique défile sur bande. Mais quelle importance? Le spectacle sera de toute manière dans la salle autant que sur scène. Il s'agit du pince-fesses officiel de la gay pride et nous connaissons toutes et tous les paroles par coeur, non? T. S.

« Neuchâtel. La Rotonde. Sa 13, dès 22 h. Rens. www.gaypride02.ch

n Najat Aatabou §§§

C'est l'histoire d'un trousseau de clés. Une femme passe en revue celui de son mari et identifie chaque sésame, sauf un. Quelle porte étrangère peut-il bien ouvrir? Les heurs et malheurs de la femme marocaine inspirent Najat Aatabou, surnommée la Lionne de l'Atlas, grande étoile de la chanson populaire - le chââbi - berbère devenue célèbre en 1981 grâce à sa chanson «Y'en a marre», chanson piratée sur cassette lors d'une cérémonie de mariage et reprise depuis par un Khaled pourtant peu porté sur le féminisme. T. S.

« Yverdon. Arteplage. Le Mondial. Jusqu'au 21 juillet. De di à je, de 11 à 24 h. Ve et sa de 11 à 1 h. Pas de concert lu. Rens. 058 726 61 28.

disques n Murcof §§§

Révélé par la compilation du collectif mexicain Nortec réunissant les talents de la scène électronique de Tijuana, Fernando Corona construisait alors des ponts entre techno-house et musique des bas quartiers. Depuis son départ du collectif, le musicien latino a changé de vocabulaire, composant une musique lumineuse et hybride, basée sur une savante et délicate relecture de la musique contemporaine. Ses dérives, hantées par des samples de Ligeti, Pärt ou Gorecki, allient minimalisme et lyrisme religieux. Evitant l'écueil du kitsch ou de la fusion artificielle, Murcof privilégie l'émotion. Des accords de violons suspendus, des attaques de piano profondes survolent des lavis électroniques monochromes. Tout sauf décorative, cette musique profondément humaine appelle à la méditation. Amples et envoûtantes, les dérives du compositeur et DJ mexicain marquent par ailleurs une nouvelle ère dans la clique techno, cette électro à tendance bruitiste pilotée exclusivement grâce au laptop. Elles réintroduisent l'émotion et l'harmonie, quoique disséquées, dans une musique réputée masturbatoire et absconse. Mi. M.

« «Martes». Leaf, distr. Namskeio.

n Meshell §§§ Ndegeocello

Bassiste et chanteuse engagée, Meshell Ndegeocello poursuit sa croisade tant contre les injustices touchant la communauté black que l'uniformisation de la musique. Trois ans après le bouleversant «Bitter», l'artiste américaine sort son album le plus urbain. Boosté par des rythmiques hip hop et funk, ce disque évolue entre r'n'b, diatribe politique et poésie sonore. Des samples d'activistes, telle Angela Davis, ou des figures du rap tels Redman ou Missy Elliott illuminent les strophes de Meshell. Mi. M.

« «Cookie: The anthropological mixtape». Maverick.

n Laurie Anderson §§

Année faste pour les fervents de la mystérieuse. Peu après le disque «Life On A String», elle fait paraître l'enregistrement public d'un concert intense donné à New York quelques jours après la chute des tours. Laurie parle, conte, chuchote et c'est déjà complètement de la musique. Et elle ressort en cadeau inopiné des chansons anciennes qui n'ont pas pris de rides - mythique «O Superman» - et des histoires d'avions, d'enfance, de rencontres. Des petites musiques chaudes, une voix de lumière et de pénombre. D. R.

« «Live at Town Hall New York City September 19-20 2001», 2 CD. Nonesuch.

expositions n Sans consentement §

C'est de viol au sens large que traite cette exposition collective au titre allusif. Du couple nu qui s'affronte violemment dans la vidéo de Chris Cunningham au miroir taché de sperme de Philippe Meste, en passant par les illusions spatiales et urbaines de Felice Varini ou le désert violé par la guerre photographié par Sophie Ristelhueber. On y découvre toute une série d'oeuvres qui, à titres divers et de manière plus ou moins forcée, entrent dans le propos. Certaines pièces sont intéressantes en soi, d'autres beaucoup moins, le tout fait réfléchir et le débat se poursuit dans le magazine français «Crash» dont le numéro de juin fait office de catalogue. Alors pourquoi pas? Mais à condition de ne pas attendre de cette exposition une analyse fondée et cohérente des débats et préoccupations de l'art actuel. «Sans consentement» est une simple proposition de lecture, l'illustration d'une idée, d'une envie. A apprécier comme telle en attendant les suivantes. Et elles ne manquent pas en ces temps, dominés par l'affect et le goût de la narration.

M. D.

« Neuchâtel. CAN-Centre d'art de Neuchâtel. Jusqu'au 18 août, ma-di 14-18 h, je 14-20 h.

cinéma n Men in Black 2 §

Résumé du chapitre précédent: la racaille de l'espace fait du grabuge sur Terre; les Men in Black leur bottent le cul. Après la retraite de l'agent K (Tommy Lee Jones), l'agent J (Will Smith) peine à se trouver un nouveau partenaire. Sur ce, comme un extraterrestre particulièrement dangereux et mégalomane (un noeud de serpents à têtes de brocolis camouflé sous la forme d'une représentante en lingerie sexy) vient récupérer la lumière de Xharthan (sic), on ranime la mémoire effacée de K et il reprend du service, armé comme de bien entendu de son rétro-fulgur 457 à double déflecteur sonique. Dans la lignée du premier, «MIB 2» tourne en bourrique la grande paranoïa roswellienne en pratiquant un humour joyeusement déjanté et en renversant les perspectives: le vaisseau de la destruction est haut comme le presse-citron de Starck, une consigne automatique abrite un peuple entier, un mignon coquelicot s'avère le cheveu d'un ver géant (cf. «Dune») qui hante le métro... On rit de bon coeur, mais la potacherie s'essouffle vite, en dépit de la brièveté du film. A. D.

« De Barry Sonnenfeld. Avec Tommy Lee Jones, Will Smith. Etats-Unis, 1 h 25.

n Bloody Mallory

Mallory exerce le même job que Buffy, à savoir castagner les créatures de la nuit, mais elle aurait plutôt le physique de Lara Croft. Et sur ses phalanges, il est écrit FUCK et EVIL. Kitsch, infantile, parfois marrante, cette série B fleurant l'amateurisme peut finir culte, car nous vivons une époque de désarroi esthétique, ou sombrer corps et biens dans les oubliettes du 7e art.

« De Julien Magnat. Avec Olivia Bonamy. France, 1 h 40.

n Scooby-Doov

Les productions Hanna-Barbera ont décroché le jackpot en transposant sur grand écran et avec des acteurs de chair la famille Pierrafeu. Elles récidivent avec un autre dessin animé médiocre, Scooby-Doo. En mettant l'accent sur la débilité, en distribuant les rôles à des comédiens issus de séries TV (Buffy) ou de films comme «Scream», elles visent éhontément le public ado. Le scénario est nullissime, Scooby-Doo, le dogue trouillard, est tissé dans l'étoffe virtuelle la plus cheap, la bande-son sature de cris, de hard rock et de flatulences. Cette navrance dure à peine une heure et demie mais le temps paraît déjà long.

« De Raja Gosnell. Avec Freddie Prinze Jr, Sarah Michelle Gellar. Etats-Unis, 1 h 27.

Et encore... classique Carmina Burana

Par l'Ensemble de cuivres et l'Ensemble vocal jurassien, de la musique qui fait du bruit signée Orff, en grande pompe.

Yverdon-les-Bains. Scène des Etoiles. Me 10, je 11, 20 h 15.

Un chien andalou

Le film-culte de Buñuel accompagné en direct d'une oeuvre orchestrale de Martin Matalon. John Cage, Stravinski et Zorn également de la partie.

Morat. Arteplage, Tente Centenaire. Ve 12, 20 h 15.

Luigi Tagliavini

L'organiste dans un récital à son image, surprenant, baroque et inventif.

Romainmôtier. Abbatiale. Di 14, 16 h 30. Rens. 024 453 14 65.

Harpe de verre

Récital en ondes douces de Gluck, Mozart, Beethoven et Hoffmann par Ingeborg Emge.

Genève. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Me 17, 12 h 30.

lyrique La Frascatana

L'opéra de chambre de Paisiello, facétieux, enlevé, par la troupe lyrique et l'Orchestre de chambre de Genève dans une mise en scène de Sarah Ventura.

Genève. Cour de l'Hôtel de Ville. Ma 16, me 17, ve 19, sa 20, 20 h 45. Rens. 0901 553 901.

chanson De Palmas

L'homme qui «marche dans le sable» de retour pour allumer son public.

Neuchâtel. Arteplage. Patinoire du Littoral. Di 14, 19 h. Rens. O848 800 800.

world Mory Kanté

«Ye Ke Ye Ke» fut le tube world des années 90. Depuis le maître de la kora ouest-africaine et de la fusion world est plus discret.

Genève. Parc Lagrange. Scène Ella Fitzgerald. Me 17 dès 20 h 30. Entrée libre.

expositions Urs Lüthi

«Art is the better life»: tableaux 1970-2002.

Genève. Musée Rath. Jusqu'au 1er septembre, ma et je-di 10-17 h, me 12-21 h.

L'impressionnisme américain (1880-1915)

Comment la grande révolution picturale de la fin du XIXe siècle se poursuit sur le Nouveau Continent.

Lausanne. Fondations de l'Hermitage. Jusqu'au 20 octobre, ma-di 10-18 h (je 21 h).

Noces

La 8e triennale de sculpture suisse en plein air de Bex s'offre un clin d'oeil à Camus.

Bex. Propriété de Szilassy. Jusqu'au 29 septembre, tous les jours 10-19 h.

Berthe Morisot

Rétrospective pour l'une des rares femmes impressionnistes.

Martigny. Fondation Pierre Gianadda. Jusqu'au 19 novembre, tous les jours 9-19 h.

Balthus

A travers influences et amitiés, de Piero della Francesca à Alberto Giacometti.

Vevey. Musée Jenisch. Jusqu'au 25 août, ma-di 11-17 h 30.

humour Peutch

Trois Chaux-de-Fonniers qui ont «la vie devant eux».

Lausanne. Festival de la Cité. Cour des Druides. Ve 12, 21 h. Entrée libre.

scène Gardi Hutter

Quand la géniale clown aux accessoires incongrus rêve de se prendre pour Jeanne d'Arc.

Bienne. Arteplage, Théâtre Mummenschanz. Ve 12, sa 13, ve 19, sa 20, 19 h. Rens. 0848 800 800.

théâtre L. Motel

Relecture moderne de la «Lysistrata» de Sophocle.

Lausanne. Festival de la Cité. Place Arlaud. Ve 12 et sa 13, 22 h 30. Entrée libre.

réservez vos billets Korn

Métal américain chauffé à blanc.

Zurich. Hallenstadion. Le 3 sept. Rens. 848 800 800.

Daniel Hélin

Un Bobby Lapointe belge.

Nyon. Usine à Gaz. Le 13 sept. Rens. 022 361 44 04.




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