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Nagano De bonnes raisons de se lever la nuit

Mis en ligne le 05.02.1998 à 00:00

Les JO d'hiver démarrent samedi à Nagano. En vedette, les stars du hockey canadien, le skieur Hermann Maier, les sauteurs japonais, et beaucoup d'autres. Des émotions, c'est tout ce que le public demande. A vos TV.

L'Hebdo; 1998-02-05

Jeux olympiques Nagano De bonnes raisons de se lever la nuit

Les JO d'hiver démarrent samedi à Nagano. En vedette, les stars du hockey canadien, le skieur Hermann Maier, les sauteurs japonais, et beaucoup d'autres. Des émotions, c'est tout ce que le public demande. A vos TV.

Vingt-six ans après Sapporo, le Japon accueille donc à nouveau les J0 d'hiver. Juan Antonio Samaranch les déclarera ouverts dans la nuit de vendredi à samedi. Rarement des J0 n'auront été aussi faciles d'accès. De Tokyo, le «Shinkansen», l'un de ces trains supersoniques typiques du Japon, vous amène à Nagano en moins d'une heure et demie. Ces J0 consacrent le triomphe de Yoshiaki Tsusumi: classé parmi les dix hommes les plus riches de la planète par le magazine «Forbes», il a construit cette station de toutes pièces. Il s'était juré de décrocher les JO, il les a. Toute la haute technologie japonaise a été mise au service du grand rendez-vous. Reste une inconnue, et de taille: peu de régions sont autant sujettes aux caprices de la météo. Combien d'épreuves faudra-t-il reporter? La régularité des courses de ski sera-t-elle assurée? Côté suisse, le Comité olympique vise cinq médailles. Un but modeste. Mais sera-t-il atteint après une saison en demi-teinte? Le miracle de Sapporo paraît bien loin. En attendant, voici les huit événements à ne pas rater.

Bertrand Monnard Super G messieurs Vendredi 13 février, 2 h 15 Maier, le monstre

Les Autrichiens l'appellent le «Monster», le monstre. Même Tomba le fanfaron le déclare «imbattabile». Hermann Maier domine à tel point le ski cette saison qu'il devrait être classé hors catégorie. De retour de blessure, ce colosse de 90 kilos a, comme d'habitude, laissé son dauphin à plus d'une seconde dimanche lors du super G de Garmisch. Et, à lui seul, il a récolté presque autant de points en Coupe du monde que toute l'équipe masculine suisse réunie. A 15 ans, jugé trop maigre, il avait été écarté de l'équipe d'Autriche. Et s'il y a fait tardivement son retour, c'est un peu par hasard: il a fallu, en 1996, qu'il réussisse un temps canon comme simple ouvreur pour que les dirigeants se rendent enfin compte de leur grosse erreur. Comme Girardelli, autre rejeté célèbre, Hermann Maier, maçon de formation, s'est donc forgé sa carrière seul, à l'écart de toute structure. D'où sûrement le formidable appétit qui le caractérise aujourd'hui. Quand ses coéquipiers se reposent l'après-midi, Hermann sue sur son home-trainer. Seul, comme d'habitude.

SOLITAIRE

A quinze ans, Hermann Maier, jugé trop maigre, avait été écarté de l'équipe d'Autriche. Aujourd'hui, s'entraînant seul, il a pris une cinglante revanche. Aux JO, humiliera-t-il encore davantage les viennent-ensuite?

Saut à skis Tremplin des 90 mètres. Dimanche 15 février, 1 h 30 La si fragile mécanique des sauteurs

Après un concours, il arrive souvent aux spectateurs de croiser Funaki, le nouveau roi du saut à skis, dans un bar en train de siroter un whisky et de fumer une clope, avec d'autres collègues. Sur un tremplin, le Japonais de 23 ans est pourtant d'une sobriété, d'une efficacité, d'une précision peut-être jamais vues. Il a survolé la tournée des Quatre-Tremplins; neuf juges sur dix, une première, lui ont attribué la note maximale de 20 pour son style à Obersdorf et tout le Japon attend son triomphe à Nagano. Pourtant, Funaki, à l'inverse de la majorité des champions présents aux JO, ne mène pas une vie de moine, loin de là. Et il n'est pas le seul dans ce milieu: l'Autrichien Goldberger, son rival principal, a récemment fait scandale dans son pays en avouant avoir sniffé de la cocaïne; le Finlandais Nykkänen, le plus pur génie de l'histoire du saut, a sombré dans l'alcoolisme depuis sa retraite. Hasard? «Non, répond le Vaudois Sylvain Freihloz, qualifié pour les JO et médaillé de bronze des derniers Mondiaux. Si vous avez un défaut en tennis, vous pouvez le corriger en vous esquintant cinq heures par jour sur le court. En saut, en revanche, c'est beaucoup plus subtil: tout marche au feeling, c'est un sport d'écorchés, d'angoissés.» Pour l'heure, Funaki plane au-dessus des autres. Il sent, comme par miracle, le moment précis où il doit décoller du tremplin pour garder une vitesse optimale; son corps cassé en deux, parfaitement aérodynamique, lui permet ensuite de voler majestueusement. Une sorte de perfection. Mais, gare, il suffit souvent d'un seul saut moins bien maîtrisé pour que la belle mécanique d'un sauteur déraille, que la confiance s'effiloche. A jamais. C'est dans la tête, docteur. Largement leader de la première manche aux JO de Sarajevo en 1984, le Suisse Sumi ne s'était jamais remis du flop magistral de son second saut. Et que dire de Stefan Zünd, le seul Helvète à avoir gagné la Coupe du monde en 1991? Deux concours ratés et, d'une semaine à l'autre, sa carrière a sombré. «Il a tout essayé pour revenir, il a analysé ses sauts des milliers de fois à la vidéo, se souvient Freihloz. Puis il a mis la faute sur son poids: il s'est mis à maigrir, il est carrément devenu anorexique, un mal très répandu chez les sauteurs, avant d'avoir la sagesse de se retirer.» Tout mouillé, Funaki pèse à peine 53 kilos pour 1 m 72. Ce qui en fait un poids lourd comparé à son rival Okabe, 39 kilos pour 160 cm. Détail: lui aussi, il boit.

Mental

Il suffit de peu pour que les sauteurs à skis tombent dans les abîmes de l'angoisse. Entre le Japonais Funaki, qui ne crache pas dans le whisky, et l'Autrichien Goldberger (ci-dessous), qui a avoué avoir sniffé de la coke, qui tiendra le mieux la pression?

Patinage de vitesse 500 m. Mardi 10 février, 8 h 30 Supersoniques des glaces

Comme un ravissement, on redécouvre à chaque JO les patineurs de vitesse moulés des pieds à la tête dans leur combinaison plastifiée. Difficile de trouver look plus futuriste: d'Alfa à Telekom, on ne compte plus d'ailleurs le nombre de firmes qui utilisent leur image pour leur pub. Après l'Américain Eric Heiden à Lake Placid, c'est le Norvégien Olaf Koss qui était devenu le superman de Lillehammer en faisant main basse sur l'or, du 500 au 10000 m. Et chaque fois, la même question revient: pourquoi un sport aussi spectaculaire n'a-t-il pas droit à davantage de faveurs de la part de la TV? Les Japonais en raffolent. Ils attendent avec impatience la bataille qui opposera leurs deux idoles Shimitsu et Okiri au Canadien Woderspoon sur le 500 m, la distance reine, le sprint. Cette saison, grâce à un nouveau système évitant aux patins de gratter la glace, les records sont tombés à la pelle. Surtout grâce aux Japonais. «Ils ont des cuisses d'haltérophiles qui leur permettent d'adhérer mieux que les autres dans les virages malgré l'extraordinaire force centrifuge», explique le Genevois Marc Hinni, multiple champion suisse. Qui se dit aussi impressionné par leur perfectionnisme. «Il faut les voir, la veille d'une compet', passer 45 minutes à bichonner, à aiguiser chaque lame.»

Futuriste

Dans leur combinaison, les fusées du patinage de vitesse inspirent les publicitaires. Spectaculaire, ce sport intéresse pourtant peu les TV.

Hockey Canada-Suède. Samedi 14 février, 10 h 45 Le tournoi du siècle

Pas de doute, les fans de hockey, et en tout cas eux, auront de petits, de tout petits yeux au terme des deux semaines de Nagano. Car comment rateraient-ils ne serait-ce qu'une miette de ce qui a déjà été baptisé le tournoi du siècle, l'événement «number one», et de loin, de ces Jeux olympiques. Président enthousiaste de la Fédération de hockey, fonceur, passionné, le Fribourgeois René Fasel parlait, il n'y a pas si longtemps encore, de superbe utopie en évoquant la possibilité de réunir, pour la première fois, tous les meilleurs joueurs du monde lors d'un même tournoi. Un «dream tournament», en référence à la «dream team» du basket américain qui avait enflammé les JO de Barcelone. Car, pour cela, il fallait obtenir l'incroyable: que la puissante NHL, la ligue nord-américaine où évoluent toutes les stars du palet, daigne interrompre son championnat pendant quinze jours, ce à quoi elle n'avait jamais consenti auparavant. Mais Fasel ne connaît pas le mot impossible. Il a pris son bâton de pèlerin, il a mené des mois de négociations serrées avec toutes les instances de la NHL, avant de décrocher le Graal. Ils seront donc tous là, sans exception. Le Canada, représenté d'habitude aux J0 par une sombre quatrième garniture, scintillera de toutes ses stars, du mythique Gretzky et son fameux maillot 99 à la terreur Sakic (salaire annuel: 25 millions de dollars). Idem pour tous les autres favoris: Etats-Unis, Finlande, Suède. De l'équipe russe, pas un seul joueur ne viendra de Moscou ou de Saint-Pétersbourg, non tous les meilleurs éléments, de Bure à Kamenski, évoluent aujourd'hui dans la juteuse NHL et seront rassemblés pour la première fois aux JO. Dantesque. Pourquoi un tel changement d'attitude de l'impitoyable ligue nord-américaine? Pour les beaux yeux de Fasel? Ou alors la NHL, dans un subit élan de philantrophie, a-t-elle fait un sacrifice aux nobles idéaux olympiques? Retour sur la glace. En fait, l'opération vise à populariser la NHL, afin de vendre ensuite les droits TV à travers toute la planète. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les premiers matches de l'actuel championnat ont eu lieu non pas à Montréal, mais à Tokyo, en octobre dernier: il s'agissait de donner au public japonais un avant-goût du show à venir. Merci, Monsieur Fasel.

Descente messieurs Dimanche 8 février, 2 h 15 La guerre des marques

Salomon (Cuche), Atomic (Maier), Rossignol (Burtin)? Quelle marque s'adjugera-t-elle samedi déjà l'une des médailles d'or les plus convoitées, celle de la descente masculine? L'enjeu revêt une importance toute particulière. Car, même si la crise a fait chuter les ventes de ski de 30% en deux ans, le Japon reste, et de loin, le plus grand marché des sports d'hiver. Il se vend pas loin de deux millions de paires de skis et snowboards chaque année. Plus de 750 stations ont poussé comme des champignons ces quinze dernières années, la plupart situées à moins de deux heures des grandes villes grâce aux trains à grande vitesse. Non loin du centre-ville, le Dôme permet aux habitants de Tokyo de skier sans se déplacer: il s'agit d'une mini-station installée dans une immense bulle qui fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais comment séduire ces mordus? «Il ne faut pas se le cacher, le début de notre percée au Japon remonte aux JO de Sapporo en 1972, quand Rüssi et Nadig ont triomphé sur Rossignol», relève Claude Protêt, en charge du marché nippon. Aujourd'hui, Rossignol reste, et de loin, leader sur le marché. Selon Claude Protêt, il n'y a pas de consommateurs comme les Japonais qui s'identifient autant aux stars, qui veulent à ce point disposer du même matériel. «C'est le royaume de la surconsommation. Les Japonais sont capables de s'acheter un snowboard juste pour le laisser sur le toit de la voiture, pour la frime.» En vue de Nagano, Rossignol a engagé, parfois à prix d'or, tout ce que le Japon compte de médaillés potentiels en ski alpin et nordique: Kimura le slalomeur, tous les spécialistes de combiné nordique, sans oublier Funaki, le sauteur. On estime que plus de 80 millions de Japonais

suivront le concours au grand tremplin. Reste le casse-tête de toutes ces marques, la proximité de l'océan qui rend la météo et la neige plus imprévisibles encore qu'ailleurs. «Prenez un cinquante kilomètres de ski de fond, vous pouvez partir sur une neige poudreuse à 9 heures du mat' et vous retrouver deux heures plus tard avec un taux d'humidité record au bord d'une rizière», explique un spécialiste de Salomon. Côté ski alpin, la faible déclivité des pistes rendra le matériel encore plus important. Comme lors d'un certain Sapporo. «On avait dit alors que les Suisses avaient trouvé la formule magique, j'espère qu'il en sera de même cette fois», sourit Jacques Reymond, l'ex-patron de l'équipe masculine.

l'enjeu

La descente masculine (ici l'espoir suisse Cuche) est la vitrine du ski et... des marques. Derrière la victoire il y aura aussi celle des fabricants et des sponsors.

Biathlon 10 km. Mardi 15 février, 5 h Un idéaliste, un vrai

L'important c'est de participer. Si galvaudé, l'adage du CIO ne sonne pourtant pas toujours creux lors des JO. II suffit souvent de s'intéresser aux mal classés et on découvre de vrais idéalistes. Prenez le Vaudois Jean-Marc Chabloz, champion de biathlon, ce sport hybride mêlant tir et ski de fond. Il en est déjà à ses troisièmes JO consécutifs et son seul but est d'améliorer son classement, 77e sur 10km à Albertville, 60e à Lillehammer. Sa sélection, il l'a décrochée en écumant seul les concours aux quatre coins de l'Europe. Mécanicien aux fortifications de Saint-Maurice, il peut s'entraîner uniquement grâce à la liberté que lui laisse son patron. Qu'il vive avec trois fois rien peu importe, il fait ce qu'il aime. Un paysan des Diablerets lui met à disposition un bout d'alpage et des cibles pour qu'il puisse s'exercer sans déranger personne. Bien sûr, voir ces énergumènes sur neige s'asphyxier leur fusil sur le dos peut faire sourire. Mais la discipline réclame une condition physique et une technique hors pair. A mi-parcours, vous avez quarante secondes pas plus pour faire redescendre votre pouls et, d'une distance de cinquante mètres, toucher dix fois de suite une cible de quatre centimètres de diamètre. Chaque coup raté entraîne un tour de pénalité.

CIBLE

Des ambitions limitées pour le Vaudois Jean-Marc Chabloz engagé dans le biathlon. Objectif: faire mieux que la soixantième place. Mais la discipline entretient le suspense.

Patinage dames Vendredi 20 février, 11 h La grâce et la toupie

A Lillehammer, les Américains, si friands de patinage, avaient eu droit au sulfureux duel entre la méchante Tonya Harding et la gentille Nancy Kerrigan. L'audimat avait explosé. A Nagano, ils seront servis à nouveau. Au programme, un nouveau duel cent pour cent américain, entre deux fées de la glace aux canines bien aiguisées que tout oppose. A ma gauche donc, la grâce, la glisse parfaite de Michelle Kwann, d'origine asiatique, très classe malgré ses 17 ans à peine, 1 m 60, 50 kilos. A ma droite, Tara Lipinsky, 1 m 45, 38 kilos, la toupie virevoltante, la puce électronique, bébé star de 15 ans, devenue, l'an dernier à Lausanne, la plus jeune championne du monde de l'histoire. Et au centre, tiraillés comme d'habitude, les juges? Que privilégier? L'art ou la technique? «La minauderie ou le langage du corps», écrivait récemment le «Time» qui visiblement a choisi son camp. C'est l'éternel débat du patinage. «Je me vois en haut du podium, l'or autour du cou, larmes sur les joues», disait récemment cet amour de Kwann. Le problème, c'est que Tara caresse le même rêve. On murmure que les deux fées se détestent, que leurs crêpages de chignon en coulisse n'étonnent plus personne. Championne d'Europe, la belle Burgiskaya regarde ces enfantillages avec dédain. Elle est vraiment vieille, elle a déjà 25 ans.

GLACIAL

Tara Lipinsky et Michelle Kwann: les deux patineuses américaines ne s'aiment pas, elles ne se feront aucun cadeau sur la glace. Un scénario qui ressemble étrangement à celui de Lillehammer.

Half-Pipe Jeudi 12 février, 1 h 30 Le snow va-t-il perdre son âme?

«Fuck the Federations» (J'emmerde les Fédérations). Ce T-shirt provocateur, en signe de défi, le Norvégien Terge Haakonsen (25 ans), le dieu du half-pipe, l'a porté tout au long du week-end à Leysin, à l'occasion de l'étape de la World Cup. Aux JO de Nagano, la médaille d'or lui était promise. Mais il n'ira pas. Question de principe. Une décision que beaucoup jugent non seulement courageuse mais géniale dans le milieu. Car le snowboard, si rebelle à tout règlement, à toute discipline, ne risque-t-il de perdre son âme en acceptant de participer pour la première fois aux JO? De devenir à terme un sport comme les autres, à mille lieues des DJ, des soirées techno? «J'ai vibré avec Collombin, pour moi, comme pour d'autres, aller aux JO a toujours été un rêve d'enfant, mais ça ne veut pas dire qu'on va renier notre philosophie», relève le Fribourgeois Bertrand Dénervaud. Des dix Suisses sélectionnés pour Nagano, il est celui qui possède, avec Anita Schwaller, une autre Fribourgeoise, les meilleurs chances de médaille. Le snow, il l'a toujours aimé pour le fun, mais aussi pour son ambiance si particulière. «L'été on s'entraîne tous ensemble sur le glacier des Diablerets, on va au Festival de Montreux. On préfère souvent se partager le prize-money d'une exhibition plutôt que se battre chacun dans son coin pour les primes.» Il reconnaît pourtant que, pour la première fois en dix ans, il a senti l'ambiance se dégrader à l'occasion des deux épreuves de sélection pour les JO. «D'habitude quand un pote réussit un run d'enfer, tout le monde applaudit. Là, rien. C'est tout juste si on ne se réjouissait, moi compris, de voir un autre tomber, ça faisait un concurrent de moins. C'était détestable, j'avoue.» Selon lui, l'esprit snow a pourtant repris le dessus une fois ces échéances passées. Meilleure preuve à Leysin: tous, filles et garçons, ont dansé, bu jusqu'à point d'heure et la fête de la chaîne MTV a été plus débridée que jamais. «Le village olympique, vous verrez, on va le mettre à feu et à sang», rigole Dénervaud. Qui reste néanmoins conscient du danger de banalisation qui guette le snow. «Mettre, une fois tous les quatre ans, un uniforme, OK. Mais, pas plus. Même auprès des sponsors, ce n'est pas bon. Car, ce qu'ils veulent, à travers le snow, c'est se donner une image jeune, cool, décontract', bref tout le contraire des JO.»

Bertrand Monnard

FUN

Le snowboard, anarchiste dans le monde du sport. Mais à Nagano, le Fribourgeois Bertrand Dénervaud ne refuserait pas une médaille.




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