Selon les premiers résultats du recensement fédéral de 2010, la Suisse compte 22,4% d’étrangers au sein de sa population de 7 870 100 habitants. C’est-à- dire 1 766 300 étrangers. On aura beau enlever de ce chiffre record les moins de 18 ans et ceux qui viennent d’arriver, il faut estimer à plus de 1 million les personnes qui sont privées de droits citoyens, tout en participant à la vie économique, sociale et culturelle du pays.
LES ÉTRANGERS DOIVENT SORTIR DE LEUR POSTURE VICTIMAIRE.
Si la qualité d’une démocratie consiste à faire voter des lois par ceux auxquels elles vont s’appliquer, alors nous ne sommes pas aussi exemplaires que nous croyons.
C’est une question que les Vaudois ont à trancher. Le week-end prochain, ils se prononcent sur une initiative demandant le droit de vote et d’éligibilité des étrangers sur le plan cantonal. Un oui constituerait une première dans la droite ligne du vote pionnier de 1959 en faveur des femmes; 30% des habitants du canton n’ont pas de passeport suisse, le déficit de légitimité démocratique devient abyssal.
L’approbation de l’initiative est souhaitable mais elle est peu probable. Parmi les arguments des opposants, il en est un que les étrangers ne peuvent récuser: s’ils veulent voter, ils n’ont qu’à se naturaliser. Dans le plus grand canton de Suisse romande, on peut estimer à 100 000 les personnes qui rempliraient déjà, de par l’ancienneté de leur présence, les conditions de naturalisation.
Méprisés et humiliés par les initiatives xénophobes à répétition, les étrangers doivent sortir de leur posture victimaire qui consiste à voir dans l’obtention des droits politiques une sorte de réparation pour le tort moral subi par leurs parents ou par eux-mêmes. Il est temps qu’ils prennent leur légitime place dans la société suisse, puisqu’ils ont décidé d’y rester.
Les cantons romands pratiquent des politiques de naturalisation bienveillantes. La généralisation de la double nationalité en Europe n’oblige plus les concernés à renier leurs origines. En se naturalisant en masse, ceux qu’un non le 4 septembre fâcherait pourraient changer cette Suisse à laquelle ils ont tant contribué. Et faire mentir l’UDC et les xénophobes sur notre soi-disant incapacité nationale à supporter la présence d’immigrés.
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