Il a voulu se suicider. Pauvre Mr. Jones. L’ex-président du centre de recherche sur le climat (CRU) de l’université d’East Anglia, dont les études sont à la base des travaux du GIEC, ne supporte plus les méchantes langues qui lui reprochent d’avoir inventé des courbes de températures et effacé des données risquant de faire entendre une voix discordante dans le chœur officiel du feu sommet de Copenhague.
Pauvre Phil Jones. Le climatologue anglais aurait «pensé au suicide» après le désagréable épisode baptisé «climategate» mais «l’amour» de sa petite-fille de 5 ans l’en a empêché, raconte-t-il en long et en large dans la presse anglaise depuis dimanche.
Que c’est émouvant. Comme nous compatissons devant tant de douleur et de dignité! Comme nous admirons cette victime autoproclamée qui pleure d’avoir perdu cinq kilos et de devoir avaler moult pilules pour dormir ou ne pas déprimer!
Pauvre Mr. Jones voit hélas la paille dans l’œil de ses voisins mais pas la poutre qu’il a dans le sien. Il ose, c’est agaçant, pousser la complainte du scientifique qui n’y connaît tellement rien «aux relations publiques et à la communication». Mais que faisait-il derrière son ordinateur, à communiquer à ses collègues ce qu’il ne fallait pas communiquer au public, évidemment trop bête pour faire la part des choses? Et aujourd’hui, quelle meilleure stratégie que celle d’apparaître en martyr de la cause écologiste? Sans aller, bien sûr, jusqu’à le faire pour de vrai – on est pas chez al-Qaida tout de même...
Incarnation vivante de l’intégrisme qu’est devenu pour certains l’écologie, Phil Jones, en jouant les Calimeros au lieu de mettre ses talents de scientifique au service du débat et de la nécessaire avancée des idées, met en place une éloquente victimisation du victimisateur: après avoir passé sa vie à culpabiliser le public avec le réchauffement climatique, fonds de commerce désormais éprouvé, après avoir été pris la main dans le sac, il persiste dans ce mode de fonctionnement bien rodé. Que le monde entier se sente coupable d’avoir provoqué les pensées suicidaires de Phil Jones, lui qui ne pense, honte à vous, qu’à sauver la planète! Mais bien entendu, loin de lui l’idée d’influencer l’opinion de qui que ce soit. La planète est entre de bonnes mains.
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