Dans le canton de Neuchâtel, la pénurie frappe essentiellement le Littoral (districts de Boudry et de Neuchâtel), ainsi que le Val-de-Ruz, où les propriétaires sont très nombreux. «Sur la capitale, le marché est un peu tendu, mais nous travaillons de manière sereine, tempère Jacques Meyer, directeur adjoint chez Naef Immobilier.
Depuis une année et demie, pas mal d’immeubles sont sortis de terre: les gens trouvent plus facilement. On reçoit 15 à 20 dossiers par appartement, ce qui est tout à fait dans la norme.» La demande reste toutefois importante pour les 3,5-pièces.
Dans le reste du canton (districts du Valde-Travers, de La Chaux-de-Fonds et du Locle), le marché est très détendu. «On trouve de tout, assez bon marché mais avec une bonne qualité de finition», confirme à La Chaux-de-Fonds Fabrice Bolliger de Gerancia & Bolliger.
Qui constate que très peu de locataires neuchâtelois quittent le chef-lieu pour La Chaux-de-Fonds, bien que les prix à l’offre (nouvelles locations) y soient en moyenne 38% moins chers. «La pénurie n’est pas assez forte pour qu’ils montent.» Quant aux frontaliers, ils préfèrent passer la frontière, les loyers français étant encore plus favorables.
Hausses raisonnables. A Neuchâtel, une nouvelle population a fait son apparition: les pendulaires qui travaillent sur Genève, Berne ou Lausanne. Cette clientèle, qui habite généralement à proximité de la gare, ne semble pas avoir un effet direct sur les prix, pas plus que la pénurie. Les loyers ne sont en effet pas soumis à de grandes évolutions. Les 8% d’augmentation de 2005 à 2011 à Neuchâtel n’ont rien à voir avec l’explosion des prix enregistrée sur l’arc lémanique (environ + 20%).
Dans le contexte neuchâtelois, pas besoin de ruser pour décrocher un appartement. «On finit par trouver», explique ce père de famille en procédure de divorce, qui a dû rapidement trouver un logement à proximité de son ancien domicile. Il est important de soigner ses références: plusieurs gérances affirment les appeler systématiquement.
Loyers modérés insuffisants. Neuchâtel propose 2000 appartements subventionnés, soit environ 2,6% de l’ensemble du parc immobilier. Le site du canton (www.ne.ch, onglet «Social et santé», puis «Aide au logement») indique les modalités pour en bénéficier. «Nous avons à ce niveau un grave problème, les aides fédérales arrivant à échéance.
De ce fait, entre 2011 et 2017, presque la totalité des appartements concernés retourneront sur le marché libre, et vont donc sortir du régime des aides au logement», s’inquiète Pascal Magnin, chef de l’Office du logement neuchâtelois. Qui précise encore qu’il n’y a pas suffisamment de logements en construction, ni en gestation, tant dans les appartements sur le marché libre que pour des logements à loyer modéré visant à accueillir des familles à faible revenu.
Les terrains à bâtir affectés en zone de forte densité, qui permettent la construction d’immeubles locatifs de plusieurs étages, sont en effet une denrée très rare dans les régions touchées par la pénurie.
A l’inverse, les coopératives connaissent un joli essor. Actuellement, le canton compte 1222 logements du genre. Au Val-de-Ruz, trois projets de coopératives sont sur les rails. La coopérative d’habitation Arc-en-Ciel, dont le siège est à Colombier, projette de construire 27 appartements à des «loyers moins chers que le prix du marché» à Fontainemelon, sur un terrain de la commune.
La société coopérative de construction et d’habitation Les Héliotropes souhaite, quant à elle, ériger à Cernier quatre immeubles totalisant 56 appartements à loyer modéré. Enfin, toujours à Cernier, la Corad (Coopérative radicale d’habitation) prépare la construction d’un immeuble de 20 appartements dans le quartier d’Entre-les-Monts.
Bon plan
A louer contre rénovations
Pierre-Alain est bricoleur, et plutôt débrouille. Depuis une quinzaine d’années, il enchaîne les bons plans en matière de location d’appartements. Actuellement, il occupe un 3,5 pièces (+ 1 pièce à rénover) avec économat, cave et même une écurie, aux Vieux-Prés, dans le Val-de-Ruz, pour seulement 600 francs par mois. Un loyer très favorable qu’il a obtenu en échange d’un arrangement avec le propriétaire de la ferme: retaper le logement pour le rendre habitable.
Electricité, isolation, chauffage, la remise en état a nécessité d’importants travaux, qui ont été réalisés grâce à l’aide d’amis. «Mais le gros boulot, ç’a été la recherche des annonces sur l’internet et dans la presse», explique Pierre-Alain. Les occasions du genre ne sont en effet pas légion. Pour s’assurer de profiter de son investissement en temps et en huile de coude, le bail a été signé pour une longue durée, soit sur cinq ans. De quoi lui laisser largement le temps de rénover la dernière pièce. Il disposera alors d’un appartement de 4,5 pièces, toujours pour le même prix!
SÉLECTION DE QUELQUES GRANDS PROJETS IMMOBILIERS EN LOCATION

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