Premiers à remettre leur copie: les Neuchâtelois doivent, en effet, remplir leur déclaration d’ici au 24 février, la plupart des autres Romands ont au moins jusqu’à mars. Et, premiers aussi à avoir récemment adapté à la hausse une série de déductions. Du coup, il ne reste que peu de nouveautés à signaler cette année (voir tableau).
Pour ceux qui auraient la mémoire courte: le canton et les communes ont augmenté, en 2008, de près de 400 fr. la déduction pour les personnes seules à revenu modeste; celle des couples mariés de quelque 1100 fr.; ainsi que celle pour enfant de 1500 fr. à 2500 fr., selon le revenu et l’étendue de la progéniture. De plus, la soustraction des frais de garde a été introduite jusqu’à concurrence de 3000 fr. par enfant. Et, on peut, aussi, donner 5% de son revenu net aux bonnes œuvres, puis le défalquer (avant 2008, la limite était de 1%). Enfin, le barème d’impôt a été adapté de façon ciblée, afin de soulager quelque peu la classe moyenne.
L’impact a normalement pu être concrètement mesuré, début 2009, au moment de remplir la déclaration d’impôts 2008.
Néanmoins, comparé aux autres régions du pays, la fiscalité neuchâteloise demeure lourde. L’étude sur le revenu disponible, publiée en novembre par le Credit Suisse, relève, par exemple, qu’un Neuchâtelois pouvait, en 2008, disposer librement de moins de 60% de chaque franc supplémentaire gagné. Il s’agit de la plus maigre part de Suisse. A l’extrême inverse, un Zougois en récupérait plus de 70%.
Le niveau d’imposition correspond, évidemment, à la réalité financière, économique et sociale du canton. Plusieurs communes ont d’ores et déjà annoncé des hausses de coefficients. La fin du programme d’assainissement des finances publiques est prévue pour 2016, si tout va bien. Mais avant de pouvoir baisser les impôts, l’effort demandé reste donc important. La contribution extraordinaire réclamée cette année aux communes, afin de faire face à la crise, en est un exemple.
Certains propriétaires réaliseront, toutefois, d’appréciables économies, car, depuis 2009, les dépenses d’investissement liées aux installations utilisant des énergies renouvelables sont entièrement déductibles (lire encadré). Le contribuable ne peut toutefois faire valoir la déduction que sur les frais qu’il a dû lui-même supporter. Les éventuelles subventions ne sont pas comprises.
UNE POMPE À CHALEUR, DES PANNEAUX SOLAIRES OU UNE ÉOLIENNE PEUVENT ÊTRE TOTALEMENT RETRANCHÉS DU REVENU BRUT.

À SAVOIR
Délai rendu déclaration: 24 février 2010
Où télécharger le logiciel: www.ne.ch -> Clic&Tax
Où poser ses questions: 032 889 64 20 aux heures de bureau + lu et me de 18 h à 20 h Rénover écolo?
LES ASTUCES ET CONSEILS D’ANTOINE HELBLING Expert fiscal, FDA SA
«Opter pour les énergies renouvelables est fiscalement très intéressant pour les propriétaires.
Par exemple, l’acquisition d’une pompe à chaleur ou d’un chauffage au biogaz est totalement déductible du revenu brut, ainsi que toutes les autres dépenses d’investissement liées à ces énergies. De plus, ces transformations n’auront aucun impact sur l’impôt sur la valeur locative, et sur celui de la fortune. Ces dépenses sont aussi déductibles dès l’acquisition de la maison.
En revanche, il serait judicieux, d’un point de vue fiscal, d’attendre 5 ans avant de refaire l’isolation thermique de son toit ou de remplacer les fenêtres, car, les 5 premières années, on ne peut déduire que 50% des dépenses, mais 100% après.
Une autre petite modification légale concerne les rénovations complètes des cuisines et des salles de bains. Avant, on déduisait les deux tiers des frais. Aujourd’hui, on peut défalquer totalement les 20 000 premiers francs pour une cuisine – 15 000 fr. pour une salle de bains – et un tiers du surplus. Ce n’est pas forcément un avantage, sauf si on choisit un modèle pas trop luxueux.»
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