Socialistes
Ni Dieu ni maître
Débat. Les jeunes socialistes exigent une stricte séparation entre l’Eglise et l’Etat. Une proposition qui fait grincer des dents dans leurs rangs, et jusque dans ceux du PS.
Le torchon brûle au sein des jeunesses socialistes (JS). L’objet du litige? Un papier qui prône une stricte séparation entre l’Etat et l’Eglise, en réponse à l’initiative sur les minarets. La suppression des Facultés de théologie, de l’impôt ecclésiastique ou des émissions religieuses fait partie des 16 mesures défendues par la direction des JS et combattues par plusieurs sections samedi lors d’une assemblée des délégués à Soleure. Menée par les Neuchâtelois, la fronde a été suivie par les sections des villes de Bâle, Berne, Bienne et Zurich ainsi que par les Jurassiens et les Valaisans romands. Une motion - refusée par 130 voix contre 5 - demandait même la destitution du comité directeur. «Partir en guerre contre la religion au XXIe siècle est au moins aussi déplacé que si Benoît XVI lançait une neuvième croisade pour reprendre Jérusalem», dénonce le député neuchâtelois Baptiste Hurni. Constatant une «radicalisation» des JS depuis que l’Argovien Cédric Wermuth en a pris la tête, sa section n’exclut pas une scission. Derrière cette dispute, c’est le rapport des socialistes à la religion qui transparaît. Prônant «une laïcité absolue», Cédric Wermuth juge que «les privilèges concédés aux chrétiens représentent un affront pour les autres religions et les athées». A l’inverse, le président des JS neuchâtelois Jonathan Gretillat pense que la religion est une affaire privée et que les valeurs chrétiennes, comme l’aide aux plus démunis ou le respect de l’autre, coïncident souvent avec celles du socialisme. Au PS, «où le rôle social de l’Eglise est davantage valorisé», le débat aurait sans doute connu une autre issue, estime son président, Christian Levrat. Il juge qu’il ne faut pas le porter sur le plan national: «Les différences sont trop grandes entre un canton comme Fribourg, qui a un impôt ecclésiastique obligatoire et des crucifix dans ses écoles, et Neuchâtel, où la séparation entre l’Etat et l’Eglise est très nette.» Plus directs, les conseillers nationaux Rudolf Rechsteiner (PS/BS) et Andy Tschümperlin (PS/SZ) exigent que Cédric Wermuth quitte la vice-présidence du PS s’il ne modère pas ses positions.
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Tags: Jeunes socialistes, laïcité,
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