Saga
Nicolas G. Hayek, de l'énergie pour un siècle
Par PHILIPPE LE BÉ - Mis en ligne le 30.06.2010 à 16:25
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PARCOURS DE VIE. L’ex-président de Swatch Group a bouleversé le monde de l’horlogerie suisse. Et aussi les consciences.
Durant toute son existence, Nicolas G. Hayek n’a cessé de vouloir changer la face des choses. Toujours mue par de fortes convictions, son action a eu et aura encore des conséquences visibles sur la vie économique, sociale, voire politique de la Suisse. L’histoire d’une vie intense déclinée en sept tableaux, des années 80 à aujourd’hui.
01 Le consultant sollicité
Si en juin 1982 le premier groupe horloger du pays, l’Asuag, se fait examiner à la loupe par la société Hayek Engineering, c’est bien parce que son responsable jouit déjà d’une sérieuse renommée. Forte à cette époque de 350 collaborateurs, elle brasse des projets dont les montants se chiffrent en milliards de francs. La clientèle est prestigieuse. Parmi les entreprises, figurent notamment Philips, BMW, Danzas, Hitachi, Gaumont, Nestlé, Brown Boveri, Siemens, Renault. Du côté des institutionnels, les CFF, la SSR et les écoles polytechniques fédérales font aussi appel aux services de l’expert Hayek. Le Gouvernement chinois lui aussi s’est tourné vers lui pour son programme d’industrialisation dans les années 70.
En Suisse, l’affaire des chars d’assaut Léopard 2 restera dans les annales. Passant au peigne fin les diverses offres de fabrication de ce char allemand, Hayek Engineering, mandaté par le Parlement, arrive à des conclusions qui vont soulever une véritable tempête: si vraiment les Suisses veulent construire eux-mêmes leur nouveau char de combat, au lieu de l’importer directement d’Allemagne, cela leur coûtera près de 1,5 milliard de trop, sans espérer de sérieuses retombées technologiques. Il faut donc «mettre en place un projet de management très musclé», conseille vivement Nicolas G. Hayek. Industriels et syndicats concernés, alliés de circonstance, tirent à boulets rouges sur le consultant. Quelques années plus tard, le monde politique admet qu’il n’avait pas tort, permettant à la Suisse d’économiser un joli pactole.
Tags: Nicolas G. Hayek, Swatch Group, SMH,
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