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02 Le Zorro de l’horlogerie
Qui aurait pu imaginer dans les années 70-80 qu’Omega deviendrait, trente ans plus tard, la marque horlogère numéro un en Chine et que l’Empire du Milieu serait le premier marché pour Omega, avant les Etats-Unis et les pays européens? Un sacré pied de nez à l’Histoire à laquelle Nicolas G. Hayek a contribué de manière magistrale. En 1984, tandis que l’industrie horlogère suisse ne recense plus que 31 000 emplois contre 90 000 en 1970 et que les entreprises ont fondu de 40%, l’Asie, notamment incarnée par le Japon, est considérée comme un véritable prédateur. Forts d’une industrie électronique de pointe et de masse, les Japonais se sont lancés dans le quartz. Leurs montres sont non seulement moins onéreuses que les garde-temps mécaniques suisses, mais également meilleur marché que les montres électroniques helvétiques produites en trop petites quantités. C’est alors que les banques, et notamment l’UBS, confient à Hayek Engineering la mission de se pencher sur le sort de la Société suisse pour l’industrie horlogère (SSIH), dans le rouge vif, et de l’Asuag, qui a le monopole de la fabrication des pièces constitutives de la montre, mal en point elle aussi.
Le remède de cheval s’impose donc: Nicolas G. Hayek rapproche les deux sociétés moribondes, en prend le contrôle en compagnie d’un groupe d’industriels, dont Stephan Schmidheiny. Avec la nouvelle Société de microélectronique et d’horlogerie (SMH) créée, non seulement les grandes marques comme Omega et Tissot reprennent du poil de la bête, mais la fabrication des ébauches, jadis dispersée, est désormais intégrée et rentable grâce à la société ETA dirigée par Ernst Thomke. Tout un groupe industriel, cohérent et solidaire, prend ainsi forme. Parallèlement, la montre Swatch est lancée. Une petite merveille en plastique dont la production est entièrement automatisée, la qualité irréprochable et le prix modique: moins de 50 francs à l’époque!
Evidemment, Nicolas G. Hayek n’a pas conçu tout seul cette Swatch vendue à des centaines de millions d’exemplaires sur toute la planète. Mais l’Histoire, qui elle aussi a ses caprices, va oublier les géniaux Willy Salathé, Paul Wyser, Jacques Müller ou Elmar Mock pour ne retenir que le nom d’un seul homme, qui arborait à souhait à ses deux poignets velus les symboles de la réussite. Celle de l’horlogerie suisse dans son ensemble.
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