La Suisse est-elle compatible avec le cinéma fantastique? A cette question qui taraude le NIFFF, la dixième édition du festival neuchâtelois a répondu par l’affirmative à travers L’Ombre d’un doute, rétrospective d’une trentaine de longs métrages Swiss Qualität rappelant que Tanner, Murer, Ramuz et Samir ont flirté avec les créatures de l’ombre. A l’enseigne des Chimères de Heidi, de jeunes réalisateurs se définissent par rapport au spectre du Fantastique. Pierre Monnard (Swapped) ne sait pas s’il appartient à la grande famille du fantastique, mais constate que la situation du cinéma de genre évolue en Suisse. Et Pascal Forney (Vincent, le magnifique) a su s’émanciper du réalisme professé à l’ECAL.
La traditionnelle sélection de Swiss Shorts atteste d’un rapport décomplexé à la rationalité. On y voit un anniversaire qui va de travers (All Tomorrow’s Birthday Parties), l’exode massif des Suisses vers le pôle Sud (Peripheria), un mille-pattes extraterrestre (Plexo), une brève histoire d’amour morbide (Herzbeutel), une satire de la petite bourgeoisie qui démantèle le décor rassurant du home sweet home (Ich Bin’s Helmut), deux personnages prisonniers d’une boucle temporelle sans issue (Perpetuum Mobile)... Le prix H.R. Giger «Narcisse» du meilleur court métrage suisse est attribué à Danny Boy, de Marek Skrobecki, un film d’animation hautement allégorique: le seul citoyen doté d’une tête s’autoguillotine pour rentrer dans le rang d’une société acéphale.
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