ANTONINO GALOFARO, 22 ANS Le reporter multimédia. C'est la passion du cinéma qui a mené Antonino - dit Toni - dans la presse. «Quand j'étais petit, je voulais être critique, puis je me suis rendu compte que c'était du journalisme. Maintenant, je ne me vois plus du tout passer tout mon temps dans une salle de cinéma!» Toni a commencé par la radio universitaire Fréquence Banane, dont il est maintenant le rédacteur en chef. L'immersion dans des thèmes inconnus le passionne, tout comme la diversité des rencontres. De plus, la radio lui offre cette possibilité de construire de bout en bout un sujet, pour obtenir un «produit fini». D'ailleurs, Toni est le seul à emporter un dictaphone dans ses bagages. «Mais à terme, je préférerais écrire que parler dans un micro.» Le voyage mènera Toni du Maghreb au Proche-Orient (Marrakech, Tunis, Le Caire, Amman, Dubaï, Doha). «On ne connaît les pays arabes qu'à travers le conflit israélo-palestinien. J'aimerais montrer qu'il existe autre chose, que tout n'est pas prédéfini par cela.»
PASCALINE SORDET, 21 ANS La cinéaste en reportage-road movie. Pascaline a deux passions. Pigiste au Journal de Morges et diplômée en cinéma de la HEAD, elle a fondu le journalisme et le septième art en un projet sur mesure. D'est en ouest, la jeune fille traversera les Etats-Unis. Six films ont dicté ses escales, mais aussi ses sujets: A l'ombre de la haine, qui traite de la peine de mort en Louisiane, Supersize me et l'obésité au Texas ou encore Collision avec son racisme rampant à Los Angeles. Ces thèmes cardinaux dans la société américaine, Pascaline espère les creuser comme journaliste: «Cela permet de faire des allers et retours entre la réalité et la fiction.» Entre l'une et l'autre, Pascaline ne parvient pas à trancher pour son avenir. «Je ne veux pas faire que du cinéma, ou je tournerais en rond. J'ai besoin de me nourrir d'autres choses et le journalisme est parfait pour cela. Ce sont deux domaines qui se marient très bien.»
GILLES D'ANDRÈS, 22 ANS L'ethnologue, au-delà des frontières. C'est vers 12 ans que Gilles est entré dans une rédaction pour la première fois. C'était celle du Nouvelliste, qui l'a fasciné et dans laquelle il est revenu, en 2008, comme stagiaire. Le Valaisan qui étudie à Fribourg est pigiste pour ce quotidien et pour La Liberté. C'est sûr: il en fera son métier. Ses domaines de prédilection? «Peu importe, j'aime tout: entrer en contact avec les gens et rédiger. Je ne veux pas me confiner à un domaine.» Pour Gilles, Blogtrotters sonne le baptême du voyage hors d'Europe. Il a opté pour l'Amérique centrale (Mexique, Guatemala, Belize, Honduras, Nicaragua et Costa Rica), une zone qu'il juge oubliée par la presse. «Depuis les années 80, on ne sait plus ce qu'il s'y passe. Il y a un cocktail explosif de forces, la corruption.» Il espère se concentrer sur les populations, la mixité ethnique et sur les liens avec la Suisse. Et tester tous les instruments à cordes qui tomberont entre ses mains de musicien.
RENATA VUJICA, 26 ANS L'intellectuelle de retour sur ses terres. Renata utilise toujours le mot exact. Pas d'approximation ou d'hésitation, la diplômée en sciences po rappelle une noblesse oubliée de la langue française. De quoi faire pâlir les natifs, puisque cette Croate de Bosnie n'a appris le français qu'à 9 ans. Mais Renata est une machine à se perfectionner qui ne semble pas connaître l'autosatisfaction. Aujourd'hui, elle maîtrise cinq langues et sort d'une première expérience professionnelle dans la coopération. Le journalisme? Son premier amour, pour lequel elle ne se sentait pas mûre jusqu'à présent. Encore inexpérimentée, Renata connaît les médias à force d'y lorgner: «C'est un tel luxe de commencer par un reportage de terrain à notre époque!» Ce terrain, ce sera celui de sa naissance, les Balkans jusqu'à la Turquie. «Un soir, je me suis mise du lait pour le corps bulgare. Dans mon sommeil, j'ai dû réfléchir et me suis réveillée en sursaut à 4 heures du matin: là, j'ai écrit mon projet d'une traite.»
MATTHIEU RUF, 25 ANS Le littéraire qui ose la finance. Fraîchement licencié en Lettres, Matthieu a passé cette année en Erasmus à Berlin. «Vu les attaques de la Suisse par Peer Steinbrück (ministre des Finances), les Allemands me demandaient ce que je pensais du secret bancaire. J'ai été forcé d'y réfléchir.» C'est ainsi que le «lettreux» a présenté un itinéraire aux antipodes de son profil: les paradis fiscaux. Son périple commencera en Europe (Bruxelles, île de Man, Londres) et finira aux Etats-Unis (Delaware, New York), avec une escale sous les cocotiers des îles Caïmans. Outre le business de la fiscalité, Matthieu veut montrer la «face B» de ces régions: qu'y trouve-t-on, comment y vit-on? Inexpérimenté, le jeune homme fera ses toutes premières armes en journalisme. Mais Matthieu a déjà gagné plusieurs prix littéraires pour ses récits, dévore les bouquins et les journaux - «j'adore lire la presse locale quand je voyage» - et ne s'inquiète pas: «J'ai toujours quelque chose à raconter.»
Tags: Blogtrotters 2009, portraits, projets,
|