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Quelle aurait été l’alternative aux programmes conjoncturels et aux injections de liquidités par les banques centrales? Sans ça, l’économie mondiale aurait peut-être sombré dans la dépression.
C’est juste. Mais nous devons veiller à ne pas faire durer ces mesures trop longtemps, sans quoi nous risquons de maintenir en vie des banques zombies, des entreprises zombies et des Etats zombies qui feraient mieux de faire faillite. Regardez le secteur financier: le secteur bancaire a encore enflé et le politique l’y a même poussé: Bank of America a absorbé Merrill Lynch après que JPMorgan Chase eut avalé Bear Stearns. Nous avons affaire à des établissements gigantesques qui doivent plus que jamais se réinventer.
Des banques si compliquées et si importantes pour le système financier qu’on ne peut les laisser couler. Que faut-il en faire? Les démanteler?
Pourquoi pas? Il faut affamer la Bête nommée Wall Street. Les politiques croient qu’en cas de besoin on pourra redimensionner de tels géants. Mais comment faire, dans le feu d’une crise, pour fermer tout simplement un colosse financier mondialisé comme Morgan Stanley ou Goldman Sachs? Trop risqué. Et, au bout du compte, ce sera de nouveau au contribuable de payer le sauvetage.
Les propositions de réforme du président Obama prévoient que certaines banques ne puissent plus opérer pour compte propre ni exploiter des hedge funds. Les mesures proposées par l’ex-patron de la Fed Paul Volcker ne vous suffisent-elles pas?
C’est un bon début mais je serai plus radical: le modèle du supermarché financier a fait un flop. Un établissement qui abrite sous le même toit une banque d’investissement, un hedge fund, des assurances et plein d’autres choses n’est plus maîtrisable. A l’avenir, il faudra séparer tout cela: si on a beaucoup d’établissements financiers qui proposent des services différents, aucun d’entre eux n’est assez grand pour mettre l’ensemble en danger.
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