Obligations indexées: Les sociétés pourraient devenir des acteurs clés
Actif prisé. EDHEC-Risk et Rothschild créent une chaire pour étudier les obligations d’entreprises indexées sur l’inflation.
A l’heure où certaines multinationales apparaissent comme des émetteurs obligataires plus sûrs que les Etats très endettés, et alors qu’augmente la crainte d’un retour de l’inflation dans quelques années, un actif pour l’instant disponible en quantité limitée suscite un réel regain d’intérêt: les obligations d’entreprises indexées sur l’inflation.
EDHEC-Risk et Rothschild viennent ainsi d’annoncer la création d’une chaire de recherche sur ces obligations protégeant l’investisseur de la chute de valeur subie par les obligations classiques, dans les périodes de hausse des taux.
Instruments financiers. L’objectif de cette chaire, placée sous la responsabilité de Lionel Martellini, directeur scientifique d’EDHEC-Risk, est d’étudier les avantages que pourraient présenter ces instruments financiers tant pour les entreprises émettrices que les acheteurs, dont de nombreux fonds de pension gérant une fortune à long terme.
Selon le professeur Martellini, «alors qu’une fraction dominante des obligations indexées sur l’inflation est émise par les Etats souverains, différents types d’émetteurs publics, de collectivités, d’entreprises, en particulier celles des services aux collectivités, des industries régulées, des services financiers et de l’immobilier ont récemment manifesté leur intérêt pour l’émission de ce type d’obligations».
Jean-Louis Laurens, associé gérant et président du directoire de Rothschild & Cie Gestion, a précisé que sa banque entend contribuer «à l’amélioration des techniques financières et des connaissances des produits obligataires complexes». De fait, si nombre d’entreprises peuvent supposer que leur chiffre d’affaires augmenterait avec l’inflation, elles doivent tout de même étudier de près le poids réel que pourrait prendre leur emprunt obligataire selon le type d’indexation et l’indice de référence choisis. Tout comme l’investisseur – qui peut d’ores et déjà opter, selon les produits, pour un coupon indexé chaque année à l’inflation, un versement complétant le coupon à l’échéance ou la revalorisation du capital selon la hausse des prix – doit tenter d’estimer son futur gain.
Plus rentables que les actions. La demande pour les obligations indexées sur l’inflation pourrait bien augmenter, incitant les entreprises à devenir des acteurs clés de ce marché, en raison des bonnes performances récentes de cet actif. Dans une interview donnée à Capital, à la fin d’avril, Marion Le Morhedec, gérante du fonds AXA WF Global Inflation Bonds, relevait que leur performance annuelle moyenne, ces dix dernières années, était supérieure à celle des actions. Un retour de l’inflation les rendrait encore plus séduisantes.
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