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Musique
Oh, la belle insolente

Par Patrick Morier-Genoud - Mis en ligne le 25.05.2011 à 13:59

Il était une fois Giedré, une jeune chanteuse française fredonnant de cruelles comptines et qui sera au Festival de la Cité.

Si le professeur Choron et Sœur Sourire avaient eu un enfant – fruit d’un accouplement contre nature commis une nuit sans lune mais pleine d’ivresse, ce serait elle.

«Je me demande si les catholiques sont des petits cochons dégoûtants ou si les prêtres doivent mettre du GHB sur les hosties des enfants…» Les dix autres questions auxquelles s’intéresse la jolie Giedré dans cette chanson sont encore plus épouvantables.

Voilà pourtant une charmante jeune femme de 26 ans, blonde aux yeux verts, à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession. Fatale erreur. Malgré son sourire angélique, malgré sa longue robe de poupée lui descendant jusqu’aux chevilles, malgré ses boucles d’oreilles en forme de cerises, elle ne chante que des horreurs.

Les spectateurs du prochain Festival de la Cité le constateront à leurs dépends: elle s’y produit le 29 juin, à l’ombre de la cathédrale, et comme punition divine, le sol pourrait bien s’ouvrir sous ses pieds et ceux des imprudents venus l’écouter.

Comédienne. «La vie peut être cruelle et rien n’est éternel, parfois les petits enfants ne deviennent jamais grands», «Vive les capotes, vive les stérilets, vive la pilule du lendemain…» chante encore la jeune femme, à qui la fibre maternelle sert surtout à tresser des cordes de pendus.

Elle est née en Lituanie, est arrivée en France enfant. De 18 à 21 ans, Giedré Barauskaite suit le Cours Florent, avant de se former en art dramatique à l’ENSATT (Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre) jusqu’en 2009.

Théâtre, cinéma, télévision, publicité: elle vit la vie normale d’une comédienne parisienne. Si ce n’est qu’elle écrit – paroles et musiques – des chansons qu’elle entonne en s’accompagnant à la guitare «dans un bar en bas de chez moi». «On n’aime que mes bons côtés. Je dois toujours me retourner. J’aimerais qu’on m’aime en entier, et pas seulement la tête écrasée sur l’oreiller.»

Sa nouvelle carrière débute presque par hasard. «Il y a un an, j’accompagnais à La Cigale un copain qui devait passer en première partie du spectacle de Raphaël Mezrahi. Il n’avait pas assez de chansons et m’a proposé d’interpréter deux des miennes.

Raphaël m’a demandé si j’en avais d’autres. Je suis venue chanter tous les soirs.» Le buzz est lancé, ce d’autant que Laurent Baffie la convie plusieurs fois dans C’est quoi ce bordel!, sur Europe 1.

Un CD, puis un autre. En février de cette année, Giedré enregistre un CD (Mon premier disque) avec six chansons. Autoproduit, autodistribué, par souci d’indépendance.

En cinq mois, les 2000 exemplaires sont vendus. Sur Youtube tournent d’autres chansons, captées en concert, qui lui assurent une notoriété sauvage mais bien réelle. Aujourd’hui, elle met la touche finale à un «CD-VD» qui mêlera nouvelles chansons et clips.

«Moi si j’étais un homme je serais pas capitaine d’un bateau, j’irais plutôt me taper des putes à Porte Maillot.» Mais qu’est-ce qui plaît tellement chez Giedré? Sa belle insolence, pardi, qui claque la mièvre doxa bienpensante et les molles indignations du moment. Son charme aussi, de princesse polissonne qui, lorsqu’elle embrasse le monde, le transforme en crapaud.

www.giedre.fr  http://2011.festivalcite.ch




Tags: Giedré, Festival de la Cité,

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