L'Hebdo;
2008-08-07 Israël OLMERT SE RETIRE
PARYVES STEINER
MONDE
LES FAITS
Entaché par des affaires de corruption, le premier ministre israélien, Ehud Olmert, quittera son poste à la fin de septembre. Le 30 juillet, celui-ci a annoncé qu'il ne se représenterait pas à la tête de son parti, Kadima (centre-droite), lors de l'élection interne du 17 septembre. Son successeur connu, Ehud Olmert laissera de facto sa place de premier ministre. Un successeur qui aura 42 jours pour former une coalition à la Knesset, le Parlement israélien, et un gouvernement. Pour l'heure, Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, est la favorite à la succession, contre Shaul Mofaz, ministre des Transports. A droite, le Likoud de l'expremier ministre Benjamin Netanyahou réclame des élections anticipées et la formation d'un gouvernement d'Union nationale dont il prendrait la tête, avec Kadima et le Parti travailliste d'Ehud Barak, un autre ancien premier ministre.
LES COMMENTAIRES
Bien des voix saluent le retrait d'un homme affaibli par les affaires de corruption et politiquement paralysé: «Monsieur Olmert a été un dirigeant faible depuis que l'enquête du gouvernement israélien l'avait accusé de mauvaise planification lors de l'invasion ratée du Liban (...) Il aurait rendu service à son pays et à la région s'il s'était retiré plus vite», tranche The Independant. Ce départ révèle aussi les «blessures profondes dans le tissu moral israélien», écrit l'intellectuel Abraham Yehoshua dans le Daily Star au Caire, «de vieux Israéliens comme moi sont stupéfaits par l'étendue et l'échelle de la corruption actuelle et la multiplication des enquêtes». Au Proche-Orient, la démission d'Ehud Olmert ne réjouit pas l'Autorité palestinienne: «Son départ [...] ne fait pas l'affaire des autorités de Ramallah. Les trois ou quatre mois qui seront nécessaires pour désigner et installer un nouveau gouvernement sont d'ores et déjà perdus pour les négociations [...] Les Palestiniens en sont ainsi réduits à méditer sur les caprices du système politique israélien», constate Le Monde.
À SUIVRE
A Ramallah, les dirigeants palestiniens auront fort à faire à la vue du profil des successeurs d'Ehud Olmert. Elevée par des parents de la droite combattante, Tzipi Livni a Å“uvré pour le Mossad et reste une fidèle d'Ariel Sharon. Chef de l'armée durant la 2e Intifada, Shaul Mofaz réclamait, lui, la mort de 70 Palestiniens par jour, selon un bestseller de deux journalistes israéliens.
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