Reportage
«On nous appelle les “Brown Swiss”»
Par TIPHAINE BÜHLER - Mis en ligne le 07.04.2010 à 16:19
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SAGA. Le premier hôpital public du nord de l’Afrique du Sud a été ouvert à Elim en 1899 par le Neuchâtelois Georges Liengme. Aujourd’hui, Michel Girardin, son descendant de 4e génération, voisine avec des crocodiles et fait perdurer un esprit suisse.
A cinq heures de Johannesburg en direction du Mozambique, la petite ville d’Elim grouille de vie. Chaleur, couleurs et terre battue dominent. Ici, c’est encore l’Afrique noire, rien à voir avec la ville du Cap. «Nous ne sommes que trois familles blanches», raconte Michel Girardin, arrière-petitfils de Georges Liengme. Il représente, avec son frère Paul, la quatrième génération d’Helvètes nés au cœur du Pays Venda. «Je suis Girardin des Bois, dans le Jura et Liengme de Vaumarcus, dans le canton de Neuchâtel», rit-il. Mais lorsqu’il évoque des Suisses, il dit «vous», s’excluant d’office, même s’il a toujours le passeport à croix blanche.
Chez les Girardin, tout le monde parle encore français. «C’est notre identité, notre origine. Nous essayons de la cultiver au fil des générations, insiste Michel Girardin. Ce n’est pas le français de la noblesse de Paris. Je l’ai appris lors de mes vacances à La Chaux-de-Fonds.» D’ailleurs, l’homme a encore des cousins dans la capitale horlogère et son frère garde en tête quelques recettes de l’Ecole hôtelière de Tête-de-Ran, où il a étudié. L’histoire d’un lien invisible.
L’ancien ranger a 49 ans, l’accent shangaan lorsqu’il parle anglais et vit parmi les crocodiles aux abords du lac artificiel d’Albasini. Sa fille Kyra, 5 ans, est la dernière de la lignée des Liengme, une petite blonde espiègle, seule blanche dans sa classe. Depuis 1996, la famille exploite un domaine où elle accueille les voyageurs, selon un concept de tourisme durable et équitable. C’est l’un des trois premiers établissements fair trade de toute l’Afrique du Sud.
L’hôpital de leur ancêtre est toujours le plus important de la région. Un musée a été ouvert en l’honneur de Georges-Louis Liengme (1859-1936). Le site s’est modernisé, mais rien n’est aseptisé. Le personnel médical, aussi bien que les patients, se croisent entre les bâtiments, dans une poussière végétale. Ici, on naît toujours dans la chambre bleue (Blancs y compris), on se fait soigner de la tuberculose ou du sida. Sous Georges Liengme, la malaria et la syphilis étaient les deux maladies les plus fréquentes.
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Tags: Georges Liengme, Afrique du Sud, Michel Girardin,
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