LES FAITS
Le marché suisse des télécommunications se concentre avec la fusion des opérateurs Orange et Sunrise. Un rapprochement pour mieux rivaliser avec le numéro un du secteur, Swisscom, dont la majorité des actions est détenue par la Confédération. En comparaison, le futur acteur présente un chiffre d’affaires de 3,1 milliards de francs, contre 12 pour Swisscom. Des chiffres qui ne reflètent pas cependant son poids très variable suivant les segments. Ainsi, Orange et Sunrise comptent pour 38% de la téléphonie mobile, mais plafonnent autour de 13% dans la téléphonie fixe, accès à l’internet compris. Côté emplois, rien n’a filtré des annonces de la semaine dernière.
LES COMMENTAIRES
«Difficile d’imaginer que le nouveau duopole stimule une concurrence sur les prix déjà amorphe, au détriment de marges opulentes. Les tarifs de communication mobile en Suisse dépassent de 57% la moyenne européenne», s’irrite La Liberté. A lire Le Temps, l’échec de la libéralisation est patent. «Réduit à un match feutré Swisscom - Orange, le marché de la téléphonie mobile sera alors définitivement inerte (...) Le législateur, qui prône la concurrence mais poursuit une protection importante de Swisscom sur ses marchés, est coupable de cette impasse. Intervenue trop tard et exécutée de façon très maladroite, la libéralisation a finalement permis à Swisscom d’affaiblir à petit feu ses concurrents.» Professeur d’économie à l’Université de Fribourg et ex-collaborateur à la Commission de la concurrence (Comco), Philippe Gugler publie une opinion dans La Liberté: «La réglementation n’a pas permis la réalisation d’une saine concurrence (...) la Comco n’a pas été en mesure de prouver l’existence d’un cartel entre les opérateurs suisses de téléphonie mobile. Il conviendrait dès lors de la rendre totalement indépendante et de la doter de ressources supplémentaires afin de lui permettre d’exercer son contrôle du marché.» La Neue Zürcher Zeitung prend le contre-pied: «A côté de Swisscom et d’Orange/Sunrise, les cablo-opérateurs et leurs réseaux offrent des services de télécoms. Ainsi, la future configuration à trois joueurs est encore orientée, voire plus qu’avant, vers la concurrence.»
À SUIVRE
Orange et Sunrise avaient chacun une licence pour le marché du mobile. Le nouvel acteur rendra-t-il la deuxième? Et qui l’achèterait à l’Office fédéral de la communication? Personne, sans doute.
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