Connaîtra-t-on dans une semaine la composition du gouvernement? Ou l’échéance du 14 décembre se muera-t-elle en chaos institutionnel, provoqué par une UDC qui s’autoéjecterait du Conseil fédéral en direct, en contraignant un Maurer réélu en début de matinée à démissionner à la fin de celle-ci parce que son parti n’aurait pas obtenu un second siège? Scénario peu probable, mais le désarroi et les contradictions des blochériens sont tels qu’on ne peut exclure un coup de théâtre.
Les partis s’accrochent à l’invocation de la concordance comme à celle de la grâce divine. Aux 246 parlementaires appelés à trancher le suspense, une prière: récusez l’arithmétique, osez faire un choix politique, en toute indépendance d’esprit, comme la Constitution vous le demande et comme les électeurs du 23 octobre vous en ont donné mandat.
ZUPPIGER À LA PLACE DE SCHNEIDER-AMMANN? UN GAIN ALÉATOIRE.
L’échéance historique – confirmer ou non la traditionnelle règle de répartition des postes – se complique d’enjeux de personnes et d’images. Ainsi le match Zuppiger-Schneider-Ammann qui se dessine, malgré les dénégations de l’UDC. Le Souverain peinera à comprendre la nécessité de désélire l’ancien vice-président d’Economiesuisse, choisi au détriment d’une conseillère d’Etat brillante il y a à peine plus d’une année justement parce qu’il incarnait le meilleur de l’industrie suisse, pour mettre à sa place le patron de l’USAM, dont la position sur la libre circulation des personnes, contraire à celle de son parti, créera des tensions avec celui-ci et n’aidera en rien l’UDC à se sentir liée par la politique du gouvernement.
Le gain paraît aussi aléatoire que dérisoire. L’échéance du 14 décembre sera également un test pour l’équilibre confédéral. Le Tessin a déjà été évincé de la joute. En serat- il de même pour Vaud? Si l’on excepte un intermède entre la démission de Paul Chaudet en 1966, à cause de l’affaire des Mirages, et l’élection de Georges-André Chevallaz en 1973, Vaud et Genève, les deux cantons de l’arc lémanique, ont toujours eu l’un des leurs au Conseil fédéral depuis l’avènement de la formule magique en 1959.
Serait-ce grave que les deux seuls contributeurs romands à la péréquation financière, poumons économiques du pays, soient exclus du gouvernement, alors que le canton de Berne, qui bénéficie de la générosité des régions riches a deux élus? Cette question est-elle même pertinente pour départager Alain Berset de Pierre-Yves Maillard?
Le 14 décembre, les 246 grands électeurs devront oser des choix courageux, mais aussi en assumer crânement les conséquences pendant au moins quatre ans!
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