«Un éventuel défaut de la Grèce n’est plus un sujet tabou.» Enoncée par Philipp Rösler, ministre allemand de l’Economie, cette assertion a toutes les chances de devenir nouvelle vérité. Encore faudrait-il trouver les moyens d’organiser un défaut substantiel sur la dette hellénique sans précipiter toute l’Europe dans la récession.
Compte tenu de l’exposition des banques – grecques, mais aussi allemandes et françaises – aux obligations d’Etat grecques, les intervenants sur les marchés paniquent en imaginant ce qui serait le pire pour les actionnaires desdits établissements financiers: une nationalisation partielle ou totale.
Un scénario qui s’avérerait ruineux pour les détenteurs d’actions, ainsi que pour les émetteurs de CDS sur la dette grecque qui, en cas de défaut, devraient passer à la caisse.
Pour les Etats européens en revanche, il ne serait pas forcément plus coûteux de soutenir directement leurs banques – en leur laissant une bonne partie de l’ardoise – que de verser des centaines de milliards d’euros dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui devrait être opérationnel à la fin de ce mois, sans parvenir pour autant à rétablir la confiance de marchés semblant aussi avides de drames que confiants dans leur capacité à pousser les gouvernements à aller toujours plus loin pour les satisfaire.
Siffler la fin de la partie ferait perdre d’énormes sommes d’argent à beaucoup de monde. Peut-être le prix à payer pour arrêter le jeu de massacre sur l’euro.
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