Bloody Sunday
5000 pages pour le symbole
Par Matthieu Ruf - Mis en ligne le 23.06.2010 à 10:38
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Après douze ans d’enquête, le rapport Saville sur le massacre du «Bloody Sunday» met du baume officiel sur des blessures vieilles de trente-huit ans.
IRLANDE DU NORD. «Combien de temps devrons-nous chanter cette chanson?» U2 se le demande depuis des années dans son tube Sunday Bloody Sunday. Le 15 juin, les proches des 14 victimes du massacre du dimanche 30 janvier 1972, à Derry (Irlande du Nord), ont pu à juste titre répondre: jusqu’à aujourd’hui. Ce jour-là, David Cameron présentait au Parlement britannique les conclusions du rapport de lord Saville, qui a enquêté pendant douze ans et entendu 900 témoins. Ses conclusions, quoique pas entièrement nouvelles, sont accablantes pour Londres: les manifestants catholiques étaient désarmés et innocents, les soldats ont agi avec l’appui de l’Etat britannique. L’honneur des familles, qui luttent depuis 1972 pour faire réviser un premier rapport bidon, est ainsi lavé.
Cela restera le principal effet de ces 5000 pages, dont la plus grande utilité a sans doute été d’exister. Le rapport n’encourage, ni n’exclut complètement d’éventuelles poursuites. Mais l’essentiel est ailleurs: dans le sentiment d’achèvement qu’il suscite en Irlande du Nord, et qui consolide encore un processus de paix initié voici... douze ans.
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