Les villes alémaniques l’ont bien compris: les vols et les déprédations de vélos exaspèrent les cyclistes et constituent le premier frein à l’essor de la mobilité douce. Outre-Sarine, ce problème trouve sa solution: pas moins de 23 localités disposent déjà de vélostations, des parkings couverts et sécurisés aménagés en général dans les souterrains des gares.
A Bâle, la Mecque suisse du vélo, la capacité d’accueil dépasse les 1500 places. Une bénédiction pour les nombreux travailleurs pendulaires qui bénéficient en tout temps d’une place sous surveillance – pour le coût d’un franc par jour ou 120 francs par année.
Les locaux bâlois à 12 millions de francs abritent même un café et des douches, ainsi qu’un atelier où les utilisateurs de vélos électriques peuvent laisser leur batterie à recharger.
Pas de plan concret. Et dans les grandes villes romandes? Rien. Pas l’ombre d’un plan concret pour les gares de Genève et Lausanne. Malgré les demandes insistantes des usagers, les autorités semblent totalement impuissantes. «Nous recevons de plus en plus de courrier à ce sujet, c’est un problème nettement d’actualité», reconnaît pourtant Alain Gonin, responsable au Service de la mobilité de Lausanne.
Si la situation tarde à évoluer, c’est d’abord que le prix du mètre carré à proximité des gares s’avère dissuasif. Partout, les autorités locales et les CFF se renvoient la balle: «Pour qu’un parking à vélo fonctionne, il faut l’aménager dans la gare, or les CFF n’en veulent pas. Ils nous demandent de nous débrouiller sur l’espace public», dénonce Barbara Pillonel, du Service de l’aménagement urbain et de la mobilité de Genève.
«Un parking couvert coûte très cher et n’est jamais vraiment rentable en terme d’utilisation au m2, admet Jean-Louis Scherz, porte-parole des CFF. Nous sommes naturellement favorables à l’essor des vélostations, mais leur implantation ne dépend pas de nous. Elles sont établies et exploitées par les collectivités locales.» Tenue de rentabiliser ses locaux mais également consciente que les cyclistes constituent autant de clients potentiels, la direction des CFF a toutefois dégagé un budget de 15 millions de francs.
Cette somme doit permettre de promouvoir le stationnement dans les gares, au coup par coup, d’ici à 2011. Une soixantaine de villes sont concernées, dont une vingtaine en Suisse romande. Mieux que rien, même s’il manque une vision à long terme.
Recours. Et quand les villes tentent de s’affranchir du soutien des CFF, d’interminables recours tuent généralement dans l’œuf le premier projet venu. C’est notamment le cas à Fribourg, où l’Association transport et environnement (ATE) s’oppose à la construction d’une vélostation à deux pas de la gare, au prétexte que l’édifice doit aussi permettre d’abriter des voitures.
A Genève, une vélostation de 330 places devait voir le jour à l’été 2009, derrière la gare de Cornavin, côté Montbrillant. Comble d’ironie, le projet a fait long feu suite à un recours des… CFF, qui envisagent de s’agrandir. •largeur.com
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