SUISSE
Paradis de la poudre

Par Tasha Rumley, Séverine Saas - Mis en ligne le 15.08.2012 à 11:31

COCAÏNE. C’est en Suisse qu’on snife le plus au niveau européen. Banalisée, chic, la coke est aux mains d’une nébuleuse de trafiquants insaisissables.

En ce jeudi soir, se procurer de la cocaïne dans les rues de Lausanne ressemble à un triste jeu d’enfant. Sur la place Chauderon, une dizaine d’Africains campent devant la Banque cantonale vaudoise. Il suffit de s’approcher, de répondre à l’insistance de leur regard et de les suivre derrière une minuscule haie. Soudain, dans un raclement de gorge tonitruant, un vendeur régurgite au sol une petite boulette blanche habillée de cellophane. Il la shoote comme un ballon de foot et la fait atterrir dans ses paumes. Il demande 40 francs, nous répliquons 30. Ses comparses font la moue, échangent quelques mots en langue inconnue. La boulette coûtera finalement 35 francs. Une négociation effectuée avec une insupportable facilité.

70 000 amateurs. A ce tarif, pas étonnant que la Suisse se découvre eldorado de la cocaïne. Une étude sur les eaux usées de villes européennes sortie au début du mois montre que Genève et Zurich (Lausanne n’a pas été testée) détiennent la plus haute consommation par tête, au niveau d’Amsterdam. La police fédérale (Fedpol) estime entre 3,7 et 5,3 tonnes de cocaïne ingurgitées par an. La Suisse compterait 30 000 consommateurs réguliers et 40 000 occasionnels.

A Zurich, en ce jour de culte à la défonce qu’est la Street Parade, la quête d’une dose se révèle impossible. Du mythique Letten à la chaude Langstrasse, les dealeurs se sont volatilisés, sans doute par crainte d’un coup de filet. Peu importe, les habitués anticipent. Samuel*, un Lausannois inconditionnel de la Street Parade, a déjà acheté sa dose auprès de son dealeur attitré.

On traverse une foule d’un million de chairs presque nues, sanglées de cuir et de chaînes, pour rejoindre une tente bancale devant la Banque nationale. Le Saferparty, un projet de la ville, a installé là son laboratoire mobile, où les fêtards font analyser leurs substances avant de les ingérer. Samuel dépose ses deux doses de coke devant le microscope. En contrepartie, il doit passer un entretien avec une conseillère. Elle le questionne sur les substances qu’il a prises au cours de sa vie, les énumère sans fin. Cannabis? Ecstasy? GHB? Poppers? Kétamine? Oui, oui, oui... Devant cette sorte de CV d’expériences psychotropes, le visage euphorique de Samuel s’assombrit. «C’est vrai, cela fait beaucoup. Mais je contrôle ma consommation et me remets régulièrement en question.»

29 ans en moyenne. L’entretien forme le pilier de la politique de la drogue alémanique. C’est ainsi que les experts de la santé gardent à l’œil le marché et les pratiques en vogue. Au cours de l’année, plus de 700 personnes testent leurs substances auprès de Saferparty. «La plupart ont entre 18 et 30 ans, mais nous avons des cas de 16 à 76 ans!», révèle le responsable, Alexander Bücheli. Socialement bien insérés, 85% travaillent ou étudient et consomment de manière festive. «La cocaïne rend plus efficace, plus euphorique», explique Simon Frey, porte-parole d’Addiction Suisse. «Son effet est à l’image d’une société où l’on en demande toujours plus aux individus, où la pression professionnelle est croissante.» Dormir moins pour vivre plus, à l’image de Mick Jagger ou de Lou Reed.

«C’est toi en mieux.» Avec la chute des prix, de 300 francs le gramme dans les années 80 à 100 francs, la cocaïne s’infiltre dans toutes les franges de la population: la nuit tombée, étudiants, employés ou ouvriers chuchotent son nom, négocient son prix, se partagent son corps à coups de carte de crédit. «L’avantage, c’est que tu gardes un certain contrôle sur toi, contrairement à l’alcool. Elle redonne un coup de fouet et te fait te sentir fort. C’est toi en mieux», explique Christian*, ancien consommateur.

Mais après une heure seulement, il faut reprendre un rail, sans quoi l’atterrissage mène à la pire des gueules de bois. «La dépendance est psychologique, il n’y a pas de crises de manque corporel comme pour l’héroïne», précise Alexander Bücheli. Cet avantage a un côté pervers: «Il est très difficile de motiver un cocaïnomane à décrocher.»

 

«POUR LES CLIENTS FIDÈLES, J’ACHÈTE DE LA COCAÏNE DE MEILLEURE QUALITÉ.»
Gilles*, dealer à Lausanne

 

En cas de consommation régulière, les effets secondaires peuvent s’avérer dramatiques, expose Nicolas Pythoud, directeur de la Fondation ABS, le centre d’accueil de Lausanne.«En cas d’arrêt de la consommation sans suivi thérapeutique, le cocaïnomane ressentira un état dépressif qui pourrait le conduire à un comportement suicidaire.»

Jusqu’à fumer ou à s’injecter. La déchéance guette une partie des consommateurs. Certains goûtent au freebase, la coke purifiée maison à l’ammoniac ou au bicarbonate de soude. Elle se fume et passe dans le sang en un éclair. «La première fois, cela m’a fait un choc électrique. C’était une sensation fulgurante, plus forte qu’un orgasme. Je n’avais qu’une seule envie: recommencer», avoue Christian. Plus puissant, l’effet est aussi plus court. Ainsi, les accros peuvent en fumer jusqu’à 20 grammes en un week-end. «J’ai vu des amis vendre leur voiture, leur maison, leur vie, juste pour quelques instants d’extase en plus. Certains en sont morts.» Pour planer vite et de façon économique, les cocaïnomanes recourent aussi à l’injection, qui produit le même effet avec une quantité plus restreinte.

Les snifeurs courent aussi des risques, car la cocaïne n’est pas toujours celle qu’on croit. Selon le Saferparty, 89% de la cocaïne contient des substances toxiques, alors que cette part ne s’élevait qu’à 42% en 2007 (lire ci-contre).

Face à une qualité en chute libre, les habitués recourent à leur fournisseur particulier. Gilles*, un dealeur libérien de 22 ans rencontré à Lausanne, préfère travailler de cette manière. «Mon but est de les fidéliser, c’est ainsi qu’on gagne beaucoup d’argent. Pour ces clients, j’achète de la cocaïne de meilleure qualité et la leur fais goûter. Je livre aussi à domicile, mais je prends garde à ne pas trop utiliser le téléphone, sinon la police intercepte.» Ainsi, le trafic de rue reste minoritaire, explique Jean-Félix Savary, secrétaire général du GREA, le groupement romand d’études des addictions. Systématiquement, la drogue vendue en ville est de moins bonne qualité. Samuel en a fait l’expérience. «On m’a refilé de l’héroïne à la place de la cocaïne. Je n’ai rien remarqué et cela m’a valu le pire bad trip de ma vie.»

Tuer le glamour. L’héroïne, on l’aurait presque oubliée. Rarement, les parallèles sont dressés entre la gestion de l’héroïne et celle de la cocaïne. Or, forte de son expérience du Letten, Zurich ne subit pas le deal en pleine rue comme Lausanne. «Le trafic n’est presque plus visible, il s’effectue de manière privée et ne pose plus un grand problème aux Zurichois», note Alexander Bücheli. C’est l’approche de réduction des risques, avec locaux d’injection, prescription d’héroïne et drugs checking qui aurait porté ses fruits. Pour le Dr Rudolf Stohler, spécialiste des drogues à l’Université de Zurich, cette politique a remodelé les esprits. «Autrefois, la drogue était considérée comme un attribut rebelle et donc attractif. En la médicalisant, on a changé son image. Les drogués passent dorénavant pour des gens malades, qui doivent être pris en charge.»

Grossiste en ville. Retour au centre de Lausanne le lendemain soir. Des essaims d’hommes à la peau noire, impeccablement sapés, ont envahi Chauderon, Bel-Air, Saint-François, jusqu’au sommet de la très snob rue de Bourg. Au cœur de ce grand bazar à ciel ouvert, le sourire de Samba* dévoile des dents alignées comme des perles blanches. Derrière celles-ci se cachent cinq boulettes de cocaïne, de 0,5 ou 1 gramme. Il espère écouler 10 grammes au fil de la nuit, histoire d’avoir entre 200 et 300 francs de marge. «Mais avec les vacances et la police qui patrouille, c’est difficile», lâche le requérant d’asile. Même à Lausanne, où il travaille depuis un mois et demi parce que les clients sont plus nombreux qu’à Genève, son ancien spot.

Trafiquants «Swiss made». Le Sénégalais s’approvisionne chez un grossiste basé dans un appartement du centre-ville. «On ne le voit jamais. On sonne à l’interphone, on dit combien de fingers (paquets de 10 g, ndlr) on veut. Un intermédiaire descend avec la marchandise, il faut payer cash. Le grossiste est un Nigérian». Les Nigérians règnent en maître sur le business de la coke en Suisse, romande en particulier. Même si les Dominicains (absents des rues mais présents en tant que grossistes) ont fait leur apparition dans la région depuis une année environ.

Samba et Gilles ont appris le trafic en arrivant dans des centres pour requérants. «Ces centres, c’est l’école du deal», dénonce Mark Bamidele, trafiquant repenti, encore très proche du milieu dans lequel il fait aujourd’hui de la prévention. «Lorsque j’ai déposé ma demande d’asile, j’ai été placé dans un centre de Berne. Le lendemain, je commençais à dealer dans la rue, alors que je n’avais jamais accompli ce genre de choses. Les autres types du centre m’ont tout expliqué, m’ont dit que je pourrais avoir un peu plus d’argent. Ils m’ont présenté un Nigérian qui habitait à l’extérieur. Il nous fournissait la marchandise. Comme beaucoup d’autres, j’ai été un dealeur Swiss made.»

Le problème dans certains centres est tel que, en octobre dernier, près de 150 policiers ont fait une descente dans le foyer de Vennes, au nord de Lausanne. «En voyant l’ampleur que prend le trafic, on ne peut que constater notre impuissance face à cette problématique», déplore Cécile Ehrensperger, responsable du secteur Nord et Ouest de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM).

Une nébuleuse insaisissable. «Ces gens sont ici sans ressources», constate Jean-Yves Lavanchy, chef de la brigade des stupéfiants de la Police cantonale vaudoise. D’ailleurs, «il y a une telle fragmentation du trafic que, souvent, les gens ne gagnent pas beaucoup», raconte le policier. C’est là l’une des caractéristiques de ces réseaux: ceux-ci ne sont pas chapeautés par un parrain façon Al Capone.

Il y a bien des petits patrons locaux, tels le Magnifique, qui écumait les bars en costume italien et pompes de croco, «parce qu’il avait beaucoup de petits qui vendaient des fingers pour lui.» Mais la police affirme n’avoir «aucune raison de penser qu’il y a une structure faîtière» dans ce trafic. «C’est un peu le “marché aux légumes de Bamako”: un dealeur peut faire de la boulette dans la rue un jour et jouer les intermédiaires en vendant dix fingers le lendemain», analyse Jean-Yves Lavanchy.

Un marché sur lequel débarquent depuis peu «des Africains qui trafiquaient ailleurs en Europe mais qui n’ont plus assez de travail à cause de la crise», analyse Mark Bamidele. Fines dreadlocks devant le front, pupilles du fumeur d’herbe, Lamine* est l’un d’entre eux: fatigué de ne plus trouver de clients espagnols pour son cannabis, il est arrivé en Suisse cet été, pour se convertir au trafic de cocaïne.

Mules blanches. Selon Fedpol, la poudre blanche des grossistes de Suisse provient essentiellement du Pérou, de Colombie et de Bolivie. Elle arrive dans le pays après avoir, dans la plupart des cas, transité par l’Afrique de l’Ouest ou les Caraïbes. Et entre en Europe par l’Espagne, la Hollande et, dans une moindre mesure, l’Italie. La drogue que vendent les dealeurs de Suisse est toutefois largement acheminée à travers les réseaux africains, qui ont depuis peu pris pied en Amérique du Sud, afin de collaborer avec les mafias de la place.

«Il y a aussi des gens importants au Nigeria», relate Vincent Osamchuks, dealeur repenti aujourd’hui actif dans la prévention auprès des trafiquants à travers l’association EDEA. «Certains d’entre eux sont des gens qui ont travaillé un moment dans la rue en Europe et qui sont rentrés au pays. Pour expédier la drogue vers l’Europe, ils utilisent beaucoup de mules.» La marchandise arrive en Suisse par voies terrestre, ferroviaire, aérienne, portée par des mules de moins en moins chargées, et de plus en plus souvent européennes. Jean-Yves Lavanchy détaille: «La mule voyage avec un téléphone mobile jetable acheté dans le pays d’où elle part. Quand elle parvient à Zurich par exemple, l’expéditeur de la drogue la guide par SMS en lui indiquant quel train prendre, où descendre, par où passer, etc. Lorsqu’elle est arrivée, le commanditaire prévient le grossiste qui attend la marchandise.» Les dealeurs vont alors acheter de lourds berlingots de lait, que la mule ingère en guise de laxatif, afin d’expulser les fingers ingurgités.

Un demi-milliard évaporé. Le chiffre d’affaires du trafic de cocaïne en Suisse oscille entre 369 et 520 millions de francs par an, selon Fedpol. Des volumes qui s’évaporent sans que personne puisse les suivre. D’après plusieurs observateurs, une part importante de ce demimilliard retourne en Afrique, à travers des transferts d’argent de type Western Union. «J’envoie régulièrement de l’argent chez moi via des agences», témoigne Samba. «Mais il faut faire attention à ne pas éveiller de soupçons», les montants sont donc peu élevés.

Rarement les forces de l’ordre mettent la main sur des volumes significatifs: 180 000 francs envoyés en France interceptés par la police vaudoise il y a deux ans. Ou alors le cas de ces Nigérians attrapés au Togo dans leurs somptueuses villas de marbre. «Il y a différentes manières de blanchir l’argent: par exemple acheter des voitures ici, les exporter au Nigeria pour les livrer au bénéficiaire du trafic. Celui-ci revend ensuite ces automobiles sur place pour encaisser du cash», décortique Vincent Osamchuks.

Lutte inefficace. Le système légal suisse est adapté pour «les gros trafics, puisque le maximum est de 20 ans de peine privative de liberté. Mais pas pour le petit trafic, en raison du système des joursamende qui n’est pas dissuasif et reste totalement inefficace», analyse Patrick Genoud, procureur fribourgeois spécialisé dans les affaires de drogue. Etant donné la structure des réseaux qui tiennent le marché, les forces de l’ordre se focalisent sur les prises de taille moyenne. Tels que, typiquement, les 240 grammes saisis à Fribourg (où le problème est minime comparé à Lausanne ou Genève) à la fin du mois d’avril. Et ne s’inquiètent guère des dealeurs de rue, contre lesquels elles sont désarmées. Résultat: les saisies 2011 atteignent 401 kg, soit à peine 10% de la marchandise snifée dans le pays.

A Lausanne, où le problème semble endémique, le syndic Daniel Brélaz a pourtant promis de régler le problème d’ici à 2014. Des intentions qui laissent dubitatif son collègue en charge de la sécurité. «Cet objectif c’est lui qui l’a fixé ainsi. Mais si une ville était capable d’éradiquer le problème, cela se saurait», tranche le popiste Marc Vuilleumier.

*Prénoms d’emprunt

 

 


 

DEUX DOSES AU MICROSCOPE

 

«L’Hebdo» s’est procuré deux doses de cocaïne. Une achetée à Lausanne auprès d’un dealer de rue et l’autre à Zurich auprès du revendeur habituel de Samuel*. Voici l’analyse qu’en a fait le laboratoire du Saferparty, lors de la Street Parade à Zurich.

- DOSE LAUSANNE (90 francs le gramme)

23% cocaïne

18% phénacétine

4,6% lévamisole

- DOSE ZURICH (100 francs le gramme)

43% cocaïne

10% lévamisole

 

Les valeurs manquantes sont des diluants comme le lactose, qui ne sont pas spécialement toxiques. Selon Saferparty, de 2007 à 2011, la part de cocaïne coupée aux produits toxiques est passée de 42% à 89%. La coupe s’effectue certes avec une multitude de produits, mais contient dans 70% des cas du lévamisole, un vermifuge à bétail qui entraîne migraines, diarrhées, affaiblissement du système immunitaire et, à forte dose, une nécrose de la peau similaire à la lèpre. A cela s’ajoutent 44% de coupe à la phénacétine, un analgésique qui s’attaque aux reins. Globalement, la pureté d’une dose fluctue entre 10% et 90%, ce qui pose tant le risque d’intoxication aux autres produits que celui d’overdose de cocaïne. La différence de qualité entre nos deux échantillons s’explique plus par le mode d’achat – dans la rue ou auprès d’un dealer habituel – que par les lieux. A Lausanne comme à Zurich, la qualité dans la rue est la moins bonne.

 


 

VIOLAINE, 30 ANS, LAUSANNE

Amoureuse d'un trafiquant

 

C’est une gymnasienne qui se fait frapper par la foudre lors d’une soirée salsa à Lausanne. Le prince charmant est un requérant d’asile colombien, un mélange enivrant de douceur et de passion. Violaine* l’a dans la peau et tant pis si elle ignore ce que fait de ses journées celui qui n’a pas le droit de travailler. «Marco allait en vadrouille à Genève, il rencontrait des gens, des cousins disait-il.» Quand elle tombe enceinte, Violaine est mineure. Ses parents ne veulent plus voir le futur papa à la maison.

Des mois plus tard, la Poste livre un colis massif qui arrive tout droit de Colombie. Il est adressé à Violaine et contient des cristaux de quartz. Stupeur à la maison. Lorsque Marco débarque pour récupérer les pierres semi-précieuses, la mère fait barrage: tant qu’il n’aura pas payé les 100 francs de frais de douane, il n’y touchera pas.

Le paquet sommeille une dizaine de jours à la cuisine. La maisonnée s’imagine que Marco veut faire des affaires avec le quartz, le vendre peut-être au noir. Jusqu’au jour où, à la nuit tombée, la mère tombe nez à nez avec une dizaine de policiers en tenue d’assaut accompagnés de chiens. Ils cherchent le paquet. Et Violaine. Quand ils entrent dans sa chambre, l’adolescente est à deux semaines du terme de sa grossesse. «Là, j’ai tout compris.» Les policiers lui confisquent le téléphone, fouillent sa chambre et l’embarquent au poste. Ils l’interrogent, encore et encore. Que sait-elle? Où est Marco? Ils lui mettent sous le nez les deux kilos de cocaïne extraits de l’intérieur des cristaux. Violaine flotte dans un état second, voit que tout s’effondre. Aujourd’hui, dix ans plus tard, elle a en partie rayé de sa mémoire cette soirée d’horreur. Elle ne se rappelle même pas les retrouvailles houleuses avec ses parents, à son retour du commissariat.

La police mettra la main sur Marco et ses quatre complices le lendemain. Ce n’est pas le petit poisson que l’on relâche quelques heures après sa capture: l’enquête dure dix-huit mois et Marco écope de cinq ans de prison. Il en effectue trois et demi fermes. Violaine, jusqu’au-boutiste dans son amour, l’épouse de crainte qu’il ne soit expulsé. Elle le quittera avant même qu’il ait terminé sa peine. Aujourd’hui, il est sorti de sa vie et de celle de leur enfant.

*Nom connu de la rédaction.
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